29.01.2010
NON A LA GABGIE
NON A LA GABGIE
Lorsqu’une étoile a fini de consommer sa propre énergie, elle s’éteint… Les humains vont-ils s’autodétruire en même que s’éteindront les ressources qu’ils consommaient massivement,
Ou bien les humains réussiront-ils à convertir leur organisation en une organisation sensiblement différente, qui leur garantira l’adaptation adéquate de leur consommation avec les ressources terrestres disponibles et l’équilibre global de la Terre issu de quatre MILLIARDS d’années d’histoire ?
La réponse à cette question dépend de chacun.
La liste ci-dessous est une synthèse des conseils du site Planète-info dont le lien apparaît sur mon blog, auquel j’ajoute et ajouterai d’autres remarques J’ai dit qu’à chaque fin de mois de 2010, je parlerai de cette nature pour laquelle il faut s’organiser ; soit je compléterai cette liste, formulerai d’autres idées, ou publierai simplement de courts textes littéraires en lien avec le thème.
(Cette liste ne contient rien d’extraordinaire, mais il convient parfois de vérifier s’il existe des possibilités de changement de quelques petites habitudes auxquelles on n’avait pas pensé avant).
Rappel : toute mesure d’économie d’nrj, est une mesure d’économie.
Transports
Préférer transports alternatifs ;
bicyclette, rollers, patinette, skateboard, marche à pied (30 mn/ jour pour bonne santé) ;
éviter d’abuser de l’avion (1 AR- NY= 1 an voiture) ;
Au niveau social général, le développement des transports fluviaux, maritimes sont en question.
Le train parait un moyen assez correct de déplacement aussi.
Voitures
Pneus bien gonflés ou pneus « spécial basse conso » ; véhicule bien entretenu ;
Choisir véhicule peu consommateur :
comparateur sur site ADEME
http://www.ademe.fr/auto-diag/transports/rubrique/CarLabelling/accueil.asp
4*4 très consommateurs d’nrj.
Développer le co-voiturage qui peut de surcroît être sympathique
Site http://www.covoiturage.fr/ (j’ai fait un voyage paris drôme avec, et ce fut une expérience vraiment intéressante).
Eviter les galeries sur voitures
Faire laver sa voiture plutôt que la laver soi-même.
Eviter climatisation
Couper moteur à l’arrêt au-delà de 20 s
Electricité
Eclairage : ampoule éco : basse conso, LED, fluorescence
Eviter halogène et gros abat-jour masquant la lumière
Electroménager :
Appareils classe énergétique A seulement
Eviter les sèche-linge
Eviter les lave-vaisselles ( ?)
Eteindre les appareils non utilisés
Appareils portatifs à priori peu positifs pour l’environnement : matériaux, et conso importante
Nb : + appareil est grand + il consomme (ie écrans)
Alimentation
Produits peu transformés ; peu emballés ; à production proche (pas conso transport) ; de saison (voir tableau) ci-dessous.
Aliments bio AB (étiquette verte) : sans ogm ni pesticide ; meilleur respect des animaux ; éviter bio importations. (nb : les supermarchés qui font des marges supérieures sur les produits bio, ne limitent-ils pas le développement d’une nouvelle conso plus saine ?...)
En moyenne, ¼ nourriture achetée est jetée. Eviter tout gaspillage. Eviter trop provisions ; fruits et légumes se gâchent au frigo longtemps.
Eviter alimentation poissons en danger, tant que océans dévastés par pêche ; éviter thon rouge -sushis, tant que poisson menacé
Voir listes greenpeace ;
Eviter trop viande ; env 30% terres céréales pour animaux viande ; de plus, souvent horribles maltraitances ; élevage très polluant.
Eviter trop bouteilles en plastiques
Equipement cuisine
Pas de frigo trop grand, pas trop froid- plats chauds d’abord refroidis à l’air libre ; éventuellement ôter emballages inutiles avant mise frigo car diminuent le refroidissement des aliments ;
Vérifier les joints du frigo et pas d’encrassement grille arrière.
Produit vaisselle éco-label. Pas de surdose du produit.
Eco d’nrj cuisine : couvercle sur casseroles
Plaques électriques puis vitrocéramique et fonte : les plus polluantes
Table à induction bonne conso ;
Huile de palme remplacée par de l’huile de tournesol dans des sucreries et gâteaux d’apéritifs; l’utilisation de l’huile de palme pousse la destruction de forêts ; au contraire, l’huile de tournesol est produite localement et est moins grasse ; donc bénéfique à plusieurs niveaux. Encouragements et bravos aux industriels qui prennent cela en compte et changent.
Développer la restauration durable : halte au gaspi et un peu moins de viande rouge (ex production du soja) ; sourcing d’aliments biologiques : % à augmenter
Déchets
Multipliés par deux depuis 40 ans. Ex : carte téléphone durée 1000 ans.
Si jeter une pomme revient à faire pousser un pommier, toutes les créations humaines artificielles contemporaines posent la question du recyclage, car très souvent non-éco-compatibles. Jeter quelque chose à l’heure actuelle, c’est déposer ces objets devenus inutiles dans un paysage où ils resteront longtemps ; aucun paysage terrestre ne mérite de recevoir des détritus. Jeter à la poubelle, c’est déverser des déchets dans un champ, au bord d’une forêt, le long d’un sentier… Par conséquent, il faut essayer au maximum de ré-intégrer la production dans une chaîne de transformation positive… Certains déchets sont particulièrement nocifs et doivent être impérativement rapportés aux vendeurs ou transformateurs, tels que téléphones portables, piles et médicaments. Tout ce qui est rechargeable est peut-être à privilégier ( ? ex : briquets). La question est posée du rapport au commerce lorsqu’il vise à stimuler le renouvellement constant des équipements, sans recyclage des produits précédents. (ex : est-il sain de produire par exemple des écrans d’ordinateurs avec fil électrique intégré, qui a pour conséquence que, lorsque le fil est endommagé, il faut jeter l’écran qui fonctionne cependant ; donc placer de tels écrans dans des décharges, gâchant la nature et paysages) ;
120 millions sacs plastiques sur littoral français (un sac plastique dure 450 ans, un bricket plastique ou une canette, 100 ans) ; selon le PNUE, les déchets en plastique provoquent la mort d'un million d'oiseaux, de 100 000 mammifères et d'un nombre incalculable de poissons.
Sac plastique utilisé ou refusé en caisse. Donc, moins de produits jetables.
Refuser pub boites aux lettres en collant indication « stop pub » ; refuser propectus inutiles
Récupération déchets organiques dans les jardins
Donc, rapporter médicaments non utilisés aux pharmaciens (cyclamed), portables (ex : à la fnac, existent des boîtes où rapporter les portables usés) ;
Donner au lieu de jeter (ex : dans certains immeubles, on trouve parfois, à côté du local des poubelles, des objets que des personnes veulent jeter, mais qui peuvent être utiles à d’autres, car encore fonctionnels ; ainsi, de tels objets restent, pas longtemps, mais laissent chacun juger s’il veut les récupérer (ex : livres, équipements divers). Il arrive peu souvent qu’on trouve de tels objets, mais cela crée un sas durant lequel la prolongation de la vie du produit permet d’éviter de jeter des objets neufs ou fonctionnels). Si ce style d’action n’est pas adéquat à son immeuble, on peut toujours évidemment revendre les objets dont on ne veut plus sur les sites spécialisés. On ne devrait simplement jamais jeter ce qui peut être utilisé par d’autres.
Ne rien jeter dans la rue ; ne rien jeter dans les cours d’eau
Mieux vaut placer la nourriture qu’on emporte dans une boite en plastique qui ressert, que se baser sur de sous emballages qu’on jette au fur et à mesure, et qui chaque fois, pour un emballage, un seul repas, induisent un siècle ou plus de pollution (voir durée de vie du plastique).
Acheter produits verts ie - écolabel
les vrais labels verts
http://www.notre-planete.info/ecologie/devdurable/labels_...
Eviter les piles (une pile contamine 1000 m3 d’eau pendant 50 ans, selon l’ADEME)
Rapporter les piles aux vendeurs (réglementation)
Utiliser si possible des piles rechargeables
Garder les petites piles usagées pour petits appareils, en les ré-utilisant ;
Lessive sans phosphate pour éviter prolifération algues nuisibles
Peintures écolabel français « NF environnement »
Refuser produits en bois avec R40, R61 ou R63 ; bois label FSC
Préférer produits commerce équitable
Papiers-cadeaux : emballages originaux ie en découpant des images de magazine, pour éviter surconso.
Jardins
Biner avant d’arroser
Récupérer eau de pluie pour petits usages (lavage voiture)
Utiliser insecticides biologiques (pollution nappes phréatiques)
Laisser espaces de nature sauvage
Economiser l’eau
Economiser l’eau, c’est économiser l’énergie du retraitement de l’eau.
| Les fruits et légumes de saison | |
| Printemps | Légumes : betterave, carotte, céleri, artichaut, asperge, choux, petit pois, concombre, radis, salade (laitue, scarole), fève, chou-fleur, champignons, épinard... |
| Eté | Légumes : ail, concombre, aubergine, oignon, pomme de terre, haricot vert, poivron, salade, tomate, carotte, brocoli, courgette ... |
| Automne | Légumes : tomate, brocoli, carotte, céleri, échalote, champignons, potiron, navet, épinard... |
| Hiver | Légumes : avocat, céleri, endive, mâche, poireau, topinambour, salade (cornée d'Anjou, mâche), chou de Bruxelles, radis, champignons, épinard, poireau, chou-fleur... |
*
| Durée de vie des déchets dans la nature | |
| Type de déchet | Durée de vie |
| mouchoir en papier | 3 mois |
| journal | 3 à 12 mois |
| allumette | 6 mois |
| peau de banane | 8 à 10 mois |
| mégots (tabac et papier) | 3 ou 4 mois |
| mégots (tabac et papier) avec filtre | 1 à 2 ans |
| Chewing-gum | 5 ans |
| papier de bonbon | 5 ans |
| canette en acier | 100 ans |
| briquet en plastique | 100 ans |
| canette en aluminium | 200 ans |
| sac en plastique | 450 ans |
| bouteille en plastique | 500 ans |
| polystyrène expansé | 1 000 ans |
| carte téléphonique | 1 000 ans |
| le verre | 5 000 ans |
Remarques annexes
Des questions que je me pose : comment enverront-ils des fusées et des satellites dans l’espace lorsque le pétrole sera moins abondant ???
Production d’énergie : énergie marine à exploiter ; photovoltaïque sur les toits de bats agricoles…
15:44 Publié dans Philosophie des Temps | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24.12.2009
Une visite au Louvre
En ce jour de Noël de l'an de grâce naturelle 2009, j'offre à mes lecteurs les images d'une visite au Louvre ; visite romantique et subjective ; visite d'un des grands repères de la France, au sens d'une beauté qui appartient à tous, qui enrichit l'espace public, fruits de générations et générations d'amour de l'art... Ceux qui ne sont pas à Paris pourront y jeter un oeil, voire deux.
S'agissant de la nature -sujet de la philosophie des temps-, je reviendrai fin janvier rédiger un point; de même que chaque fin de mois, je parlerai de ce sujet, en 2010, afin de garder le fil... En attendant, bonne visite au Louvre. Je publie ce petit commentaire ci-dessus, simplement pour qu'on puisse, lorsque je poste un album, éventuellement m'adresser une remarque par le biais des commentaires.
« Un chef-d'œuvre existe une fois pour toutes. » Victor Hugo
10:42 Publié dans Personnelle Hirondelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.12.2009
Régulation éco-logique - 2
C’est quand même hallucinant, ce qu’il se passe dans le monde, au sujet des observations scientifiques du réchauffement climatique, et du positionnement des uns et des autres sur la question.
Copenhague 2009 : début d’une prise de conscience mondiale - Prochaines échéances 2010 : Bonn et Mexico
Angle d’analyse : et si on partait de l’idée qu’il faut commencer par avoir une vision claire de l’effort à fournir et des acteurs en jeu ? Je dirais, à priori : les Etats, les Entreprises, les Financiers et les Consommateurs-Citoyens, chacun portant 25 % de l’effort global. Un effort bien réparti sera beaucoup plus facile à mettre en œuvre. Personnellement, en tant que fille insouciante, j'aimerais autant ne pas avoir à m'occuper de tout ça; mais, en tant qu'habitante de la Terre, je n'ai aucune raison de ne pas croire le GIEC, en l'absence de contradiction crédible; donc, en tant que citoyenne-consommatrice, j’essaye de voir comment améliorer mes gestes écologiques. Espérons qu’il ne nous faudra que le temps de s’habituer à de nouvelles règles ou habitudes ; ensuite, on n’y pensera même plus. Ma première piste, me concernant, c’est, par exemple : faire un peu plus de cuisine, consommer des produits du marché… C’est à la fois bon pour la santé, et pour la planète (origine assez proche des produits ; caractère limité de la dépense énergétique liée à leur transformation ; pas d'emballage). Je souhaite également prendre le temps de rédiger quelques petites synthèses, par exemple, sur ce que peuvent les Consommateurs-Citoyens, dès que j'en ai le temps. Vu l’enjeu, dans l’idéal, chacun y va de ses initiatives, propositions, modifications, discussions, ajustements… A l’heure des conférences de Bonn (31 mai-11 juin 2010), puis Mexico (fin 2010), nous aurons déjà appris beaucoup de choses, et, espérons-le, toute une série de modifications aura commencé à s’engager, entraînant la planète du bon côté de son avenir, tout simplement. Tout le monde a à y gagner.
Nb : si vous avez des observations à m’apporter, je vous en prie ; je souhaite être simplement bien informée.
11:50 Publié dans Philosophie des Temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.12.2009
Régulation écologique

Régulation écologique
(Observation sur les droits d'auteur :
J’ai créé cette image en me basant sur une photo trouvée sur le web, et l’interprétant librement dans une création graphique, et y ajoutant des messages, qui d’une part, honorent la nature en ces temps de recherche d’un équilibre écologique mondial (Nature is the first Luxe that belong to everybody and must be protected), et d’autre part, font référence au travail de la personne illustrée, monsieur Pierre Bergé, pour la protection de soi relativement aux maladies sexuellement transmissibles ("use condoms" "Free protect Bodies")... Si cette image pose problème à quelqu’un qui aurait droit à agir en la matière, merci de me le signaler. et je la retirerai. Dans le cas contraire, je la présente donc comme une création libre de ma part, qui n’engage que moi, et dont le caractère artistiquement unique est une manifestation de mon art graphique. Sur cet écran, elle apparait un peu moins claire que sur mon ordi perso, mais ça va. Pour l'essentiel, j'ai repris les harmonies voulues sur la photo originelle dont je me suis servie, et je l'ai mixée avec un paysage de grèce. (L'image en fichier en 72, mesure environ 60*80 cm.). Je la présente selon les possibilités d'affichage du blog ou mes connaissances de celui-ci, avec l'idée d'ouvrir un blog graphique un de ces jours, qui me permettrait de présenter mes créations avec une meilleure présentation).)
Accessoirement, je suis l'auteure de créations graphiques, pour lesquelles j'espère en 2010 trouver des galeries ou toute autre forme de présentation, et éventuellement de ventes. Depuis l'enfance, la création visuelle est un de mes plaisirs. L'image ci-dessus vise à illustrer les urgences de lutte pour la protection de la nature, et celle de la protection des corps.
Accessoirement aussi, j'aimerais développer plus d'analyses et de synthèse sur l'écologie. Je le ferai dès que possible. En attendant donc, une image et deux messages.

*
11:33 Publié dans Philosophie des Temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.12.2009
Pour la Nature de la Terre
Ce qui compte avant toutes choses pour moi, politiquement, actuellement, ces temps-ci, c’est Copenhague, et d’une manière globale, les lois assurant la pérennité de la nature sur Terre et la bio-diversité de notre environnement.
Je n'aime pas trop me mêler directement de politique, mais je ne suis pas ces temps-ci satisfaite de l'offre d'infos sur le sujet, et puisque l'actualité est forte et l'enjeu massif, voici donc quelques mots sur le thème. Je replace un peu le sujet dans son contexte, et l'exprime avec mes mots... L’environnement me parait à ce propos un mot limité ; il ne s’agit pas de pelouses près d’un immeuble, il s’agit de la richesse de nos conditions de vie à tous ; et peut-être même, de notre survie à tous, radicalement.
A mes yeux, il s’agit donc de nature. Il s’agit de sauver la nature. Il n’y aura nulle humanité sans nature. Je crains que les décideurs (et leurs relais) soient mal informés, aveuglés par le grand rouage de l’argent qui tourne sur eux comme un absurde sans fin où ils ont déjà laissé tant d’eux-mêmes qu’ils se sentaient entraînés à continuer ; je dis « sentaient » car je souhaite voir cela au passé ; car il s’agit de la destruction de la faune et de la flore par l’industrie, de manière rationnelle et intentionnelle, et de la mise en danger des climats : cela ne doit plus durer.
(Eveillés maintenant à cette thématique.)
Des comportements à mes yeux inadmissibles sont perpétués actuellement au sujet de la nature. L’intelligence veut qu’on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis, et cette branche est la Terre, pour le dire vite.
Tout un chacun préfère agir bien, plutôt que mal.
On ne sait exactement comment encourager tous les décideurs du monde, chacun à son niveau, à poser dès maintenant des barrières contre le flux de catastrophes qui attend objectivement la planète si personne ne réagit vigoureusement en énonçant que tout le monde doit changer à ce propos, et que les responsables doivent être désignés, et les lois produites, respectées, et produisant leurs effets : pour la joie et le bénéfice de tous. C’est l’intérêt à agir de l’humanité qui parait.
Il ne s’agit pas d’attendre et il s’agit de mesurer l’ampleur des risques pris : avez-vous étudié la géologie ou l’histoire de la Terre pour savoir qu’au départ, sur cette même planète où se trouvent New-York et Vladivostok et Paris, tout était en fusion ; « Il n'y avait pas d'océan et pas d'oxygène dans l'atmosphère. Elle était bombardée par des planétoïdes et des matériaux issus de la formation du système solaire. Ce bombardement, combiné à la chaleur des transformations radioactives, à la chaleur résiduelle et à celle due à la pression de contraction, plaçaient la planète entière en état de fusion » (Wikipédia). Très longtemps, les températures étaient extrêmes. C’est après des transformations énormes, que l’air et l’eau devinrent propices à la vie, végétale, et animale. La merveilleuse chimie qui nous tient enveloppés dans un constant bien-être, au travers des saisons, tient à tout un enchevêtrement de pressions, de gaz, de températures, de composants -que sais-je-, et un minimum de modification pourrait induire un maximum de changements. Que dites-vous des roches en fusion, des tornades et des températures extrêmes ? Ah, la douce Terre vous paraîtra alors un lieu si parfait que vous ne méritiez même pas d’y vivre ; et c’est pourquoi peut-être –tous disparaîtront –dans un étonnement stupide et colérique, ou benêt… Jusque dans les derniers jours, la presse vous vendra des nouvelles (et ces nouvelles seront financées par l’industrie de l’armement et celle des autoroutes), les réfugiés climatiques, les tornades ; les invasions biologiques d’espèces inadaptés, les épidémies à répétition, et tout ce qu’on ne saurait imaginer : on ne saurait l’imaginer, parce qu’il faut des règles immédiates, efficaces et pertinentes pour permettre la vie sur Terre, assurant sa pérennité, incluant celle de tout un chacun.
Il n’est plus temps de dire des fables, d’imaginer que l’humanité partira coloniser l’espace de territoires durables dans le froid des étoiles en fusion, aux espaces inadaptés, mais de constater sérieusement au niveau planétaire le caractère unique de la planète.
L’extrapolation erronée est à mes yeux ce que j’appellerais une forme commune de l’erreur… Il ne faut pas croire, ainsi, par extrapolation, qu’on pourrait climatiser la Terre comme on climatise une salle, ni la faire verdir comme un jardin, si l’on ne maîtrisait ses conditions générales qui sont les conditions de tous. Ceux qui, dans leurs hautes tours, ne voient devant eux que d’autres tours, ignorent tout de la nature et agissent comme tel, -ne voient pas que tours croissantes sont comme végétaux qui grandissent-, comme l’arbre cherche la lumière et grandit dans l’atmosphère, l’humain veut pavoiser de la tour la plus haute-, mais ceux qui abusent de l’humain et de la nature – ceux-là ne sont pas croissance, mais ex-croissances de cette civilisation.
Je tiens à souligner la vérité économique suivante : lors de ce qu’on appelle « les trente glorieuses », la période a mixé une croissance industrielle et technologique exponentielle et une période de forte croissance économique, qui est –à tort- prise parfois comme référence. La période des trente glorieuses est une période de reconstruction après guerre ; ce n’est pas une période rôdée ; or la période actuelle est une période dans laquelle il faut trouver un rythme de croisière ; la comparer à une période qui fut par définition de forte croissance induit des idées fausses.
Comme le marché est ouvert, c’est le jeu du mieux-disant ; les prix baissent ; les consommateurs achètent ; les bourses montent ; le jeu est entraîné vers de plus en plus de réduction des coûts, puisque ces messieurs essayent de gagner toujours plus d’argent, et le consommateur, lui, n’a pas la spontanéité, -ni parfois les moyens budgétaires- de zapper un bas prix, obtenu barbarement.
Aussi, il faudra bien modérer d’une manière ou d’une autre l’appât du gain, ou alors il sera mis le mot « fin » à l’histoire magique de la vie sur Terre (c’est ce que se diront des extra-terrestres superdéveloppés quand ils trouveront un jour, dans cette hypothèse, les restes de la tour eiffel et le réseau électrique de la Terre, flottant détachés dans une pluie rouge et sans fin, sans âme qui vive, à des températures très élevées…. Fin de la magie de la vie sur Terre… C’est ce que vous voulez ?). Car il semble que des fous essayent de s’entraîner mentalement et techniquement à l’idée d’une grande catastrophe terrestre, mais le jour où cela arriverait, ne leur resterait que leur folie, et la fin de leurs existences, malgré leurs supplications et les paquets de dollars qu’ils agiteront comme pour repousser toxicités ou températures létales : pour rien. Dans cette hypothèse, ils maudiraient l’argent qui creuse ce tombeau. Pour rien.
La dialectique « pays en voie d’émergence » et « pays développés », se mélange aux négociations, préalables à la définition de normes, qui sont l’étape à passer. L’engagement apparemment semble prendre forme d’un pourcentage de réduction des émissions de carbone à calendrier décennal, pour 2030 ou que sais-je.
Les pays pauvres arguent qu’ils ont besoin de produire pour se développer, et que les pays riches ayant déjà produit cette phase, doivent être compréhensifs et ne pas leur en demander tant qu’à eux-mêmes, ce qui parait assez justifié, à condition qu'ils restent raisonnables et ne bloquent pas les négociations, qui sont vitales pour eux aussi. Les Etats-Unis, qui sont constitutionnellement croyants, ont –malheureusement pour les autres-, peut-être l’espoir de ressusciter (amen) après la fin du monde, et allument sans doute des cierges… Mais Barack Obama a donné quelques espoirs, formulant de premiers engagements.
La fin du pétrole se combinera peut-être à des dérèglements climatiques qu’on espère modérés (ou inexistants) ; et il conviendra, dans tous les cas, en quelques générations de passer d’un monde –fondé sur le pétrole et l’inconséquence climatique – à un monde aux énergies alternatives et mesurées, et aux conditions élémentaires du climat assurées (merci).
Si les entreprises doivent être taxées, comme toutes celles du secteur le seraient, cela ne fausserait pas le principe de concurrence.
(Taxer les producteurs qui polluent.)
Et que les tribunaux assurent la sauvegarde du territoire, et appliquent dans les faits le principe du pollueur-payeur. Il va de soi que la logique de la sous-traitance permet à des multinationales de valider des logiques à coût minimum conduisant à des pratiques barbares : pollutions et compagnie. Le fait que ces pratiques barbares rejaillissent sur l’espace public et la nature, et que des procès soient nécessaires pour les indemnisations, ne devrait pas se produire. Toute entreprise doit avoir le sens de la nature, et considérer son impact, sa nocivité, dans ce domaine. Un milieu de services, lié à l’évaluation du coût écologique des entreprises, se développe actuellement et aide à rationaliser les coûts en protégeant la nature. Certains insistent sur le fait que tout investissement productif qui ne prendrait pas en compte le coût écologique serait bientôt caduc, donc non rentable, car à refaire ; donc, tout investissement doit prendre en compte l’économie écologique.
Pour une action massive, il faut de toutes manières une action concertée. Copenhague sera cette occasion, -ou donnera une direction- et j’espère que les négociations et les dirigeants mettront un point d’honneur et d’intelligence adaptative élémentaire, à créer les lois auxquelles s’adapteront les économies. Les économies viennent après la notion de viabilité de la Terre ; car, si l’on disait que les banques étaient nécessaires au fonctionnement de l’économie, le climat et la nature sont encore plus nécessaires au fonctionnement de tout fonctionnement –n’existant aucun fonctionnement hors de la Terre et de l’harmonie relative de ses constituants-.
Récemment, on lut que les chiffres des observations les plus récentes, étaient bien plus mauvais qu’attendus par les experts. Qui fait passer l’information correctement ? Qui prend la décision d’augmenter les taxes sur les pollutions, de réduire les cultures agricoles incriminées, de favoriser les industries non-polluantes, d’organiser la conversion des moyens de transport, d’informer sur les comportements adaptés, d’être à juste raison durs avec les pollueurs, de taxer peut-être des gros distributeurs, qui sont déjà –semble-t-il- de vilains gros lards abusant des situations monopolistiques – (comme cela vient d’être montré avec les laitiers et plus globalement la montée des problèmes d’argent chez les agriculteurs, qui doit bien avoir une cause)-, de stopper les déforestations et favoriser les reboisements, et protéger les animaux qui sont liés à un territoire etc.-.
L’horizon des décisions –vu la gravité de l’enjeu – ce n’est pas 2050, c’est 2010, immédiatement.
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« What about flowering fields / Is there a time / What about all the dreams /That you said was yours and mine... / Did you ever stop to notice / All the children dead from war / Did you ever stop to notice / The crying Earth the weeping shores.... It’s our planet’s womb” Earth Song, Mickael Jackson
Après la phase d’interpellation générale sur la thématique, il faut la phase de l’action politique et économique. C’est simplement nécessaire, et tout ceux qui ont ces questions en charge doivent y penser à deux fois, aussi bien en termes de richesse de la nature, qu’en termes de survie de l’humanité à horizon décennal.
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Tout le monde est heureux, dans un beau paysage, en vacances. Savoir que cela vaut quelque chose. Cela n’est pas automatique ; c’est lié aux conditions de la Terre qui, si elles changent, iront vers le pire ; car vers le désordre et la dysharmonie –l’ensemble étant interdépendant et non maîtrisable par aucune technologie existant ou à venir dans un proche avenir-. ; cela doit donc être pensé, calculé, budgété et modifié par des lois, assuré correctement, et tout le monde sera content quand on pourra dire qu’on a passé le cap du danger climatique ; actuellement, il faut travailler pour cela. Ceux qui essayent de nier ce qui est une réalité, sachant que c’en est une, (généralement pour des motifs financiers) sont tout simplement des fous, et, accessoirement, des ignorants et des suicidaires… J’aimerais que cela soit pris en compte à Copenhague, de manière très sérieuse, sans aucun fatalisme, avec amour de la vie, par les Chinois, les Américains, les Européens, les Indiens, les Brésiliens et les pays d’Amérique du Sud, les Russes, les Africains, et les Australiens, et globalement par tous les pays décisionnaires.
On peut imaginer par exemple un monde dans lequel il n’y aurait plus d’oiseaux, plus du tout, simplement pour se représenter ce qu’il se passerait si la biodiversité était réduite ; le fait est le même, même si c’est réparti sur plusieurs espèces. S’il n’y avait plus d’oiseaux sur Terre ; pourriez-vous voter, agir pour un tel monde ? Tout le monde comprend bien que la nature est l’élémentaire richesse. Lorsqu’une action risque d’être irréversible, mieux vaut être trop prudent que pas assez.
Et les conditions de la Terre sont, pour l’humanité, telles qu’elles sont actuellement : suffisantes, et nécessaires.
Merci à tous ceux qui agissent pour préserver cette nature.
Dessin Claire Delhomme vers 2003- tous droits d'auteur réservés-

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(avec Iris en guest star, porte parole des rochers et forêts).
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16.11.2009
Bribes sur le Roman de mon Roman

Voilà. Mon premier roman est bouclé. Je n'aime pas dire "fini", mais plutôt "mené à bien". Il m'aura fallu une petite quinzaine d'années pour trouver cette expression. C'est mon premier roman.
Ce roman est une histoire en soi, et c'est surtout mon histoire. Non que le livre raconte mon itinéraire. Il n'est que la fleur qui a germé du paysage entier. Il raconte une histoire. L'histoire, pour moi, à mes yeux, fut de réussir à le réaliser. Enfin, le mener à bien.
J'avais une idée si exigeante de ce texte, -commencé par bribes vers 1992, puis structuré en une première version en 1993-, qu'après une dizaine, une quinzaine de versions (entre 1993 et 2009), j'avais presque pensé tourner la page. Sac et ressac. En 2008, à la faveur d'une période de disponibilité de l'administration, je me repenchai une nouvelle fois sur mon ouvrage ; puis passai à la rédaction de textes courts sur d'autres thèmes. Parce que depuis 1992-93, je n'écrivais plus que cela; écrire et ré-écrire. Commencer et recommencer, disai-je. Ne jamais finir. Toujours continuer. Comme dans la croisière bohème, qui ne finit jamais. Parce que c'est libre, tranquille et beau. On continue. On trouve des mots faciles.
"L'amour libre est l'amour des sentiments absolus" avais-je noté sur un dessin. Libertiner, pour mieux rêver d'amour. J'avais déjà véçu ce qu'on appelle une "histoire d'amour", et j'étais passée à la phase expérimentale : des vacances, en quelque sorte.
Et puis il y a ma recherche intellectuelle. Roman et philosophie se mêlant. C'est un roman philosophique, justement : ça tombe bien. Version après version, les deux sont emmêlés.
Finalement, c'est en 2009 que, déjà, beaucoup de choses se sont dénouées. J'ai trouvé la solution pour atteindre mon idée de la perfection à ce sujet.
Or, voilà ce que je me suis dit pour ce faire (à cette fin). Puisque je ré-écrivais sans cesse ce texte, pour arriver à une version parfaite (à mes yeux), il m'apparut que je recherchais alors une sorte de perfection dans le temps t. Or, la vie ayant tendance à toujours m'apprendre quelque chose, le temps t1 est forcément plus savant que le temps t0 : c'est la raison pour laquelle j'aurais toujours trouvé une raison de le ré-écrire. Donc. Voilà comment j'ai réussi à zaper le sortilège du perfectionnement. Au lieu de ré-écrire la totalité du livre, j'ai décidé de faire comme suit : j'ai d'abord rangé les versions dont je disposais par ordre chronologique, notant la date à laquelle j'avais ouvert ces fichiers pour la dernière fois, pour les classer dans l'ordre. A partir de là, j'ai pris, dans chaque version, un passage, et ainsi de suite, suivant l'ordre chronologique des versions, et l'ordre chronologique de l'histoire. Puis je l'ai unifié sur cette base. Ainsi, la perfection correspond, non à une version idéale et parfaite dans l'absolu, mais au meilleur de ces périodes de temps déjà réalisées.
Finalement, pour le mener à bien, il fallait déjà que je comprenne -moi-même- ma démarche d'ensemble.
L'ensemble présente ainsi trois parties. La première a été rédigé en 2002 environ, à la main et sur papier. Les deux autres découlent des versions ultérieures.
On n'imagine pas le travail ni le temps passé. On n'imagine pas non plus le temps donné pour parvenir au livre. On n'imagine peut-être pas non plus mon amour pour mes héros.
Maintenant, j'ai peu de recul sur ce texte. Il me faudrait l'oublier six mois et le relire. Je verrai dans six mois. Mais déjà, je le déclare acté, réalisé, mené à bien... Par la suite, j'écrirai autre chose. Je ne le reprendrai pas encore une fois. Le principe est bon cette fois ; Arthur et Victoire sont là. Ils ont toujours été avec moi. C'est en raison d'eux que j'ai accepté tant de choses, et en raison d'eux que je suis joyeuse de vivre. Victoire, elle, au début, vers 1992, s'appelait Angèle. Mais il va de soi que je finis par comprendre (au bout d'une petite décennie) qu'Angèle était trop douce, pour ce monde où l'humanité n'est pas toujours mon espèce préférée. Arthur R. n'avait-il pas dit lui-même qu'il avait raté sa vie par délicatesse. Ce n'est pas le cas de mon Arthur, ni de Victoire.
Cependant je tiens à lier ce travail à Rimbaud au moins sur un point. En effet, le poète, dans sa lettre du voyant, parle de l'avenir et du rôle qu'y joueront les femmes, pour la poésie. Or Rimbaud a fini à 37 ans. Moi, à cette heure, et pour une dizaine de jours encore, j'ai 38 ans. Je veux ainsi symboliquement me lier à lui. Me lier à sa suite. La suite de son travail. Non pas s'agissant du style : s'agissant des questions; du sens ; les questions d'Arthur...
C'est un roman philosophique. Il est ce qu'il est. L'éclat d'un parcours et ses phrases-repères, refrains, ritournelles.
C'est mon premier roman. Parce que je le conduirai jusqu'à lui trouver l'éditeur qu'il lui faut.
Vers l'âge de 15 ans, j'avais écrit un premier roman, que je retrouverai peut-être si j'arrive à lire une de ces anciennes diskettes qu'on avait avant. J'avais envoyé ce premier texte à un concours : l'histoire d'un couple d'artiste, l'histoire d'une amitié aussi, l'ambiance lycée... Bien sûr, depuis l'enfance, j'écrivais des poèmes et dessinai des scènes. La littérature, et même les livres en général, étaient devenus, depuis que j'eus appris à lire, mon refuge et mon avenir : pistes, analyses, paysages, informations, styles, sciences : immense... A l'école primaire, une des maîtresses me qualifia de "Claire, la petite fille qui lisait tout le temps". Pour mes dix-huit ans, j'avais reçu en cadeau une machine à écrire, et pour mes vingt ans, un gros gateau en forme de livre. Mes profs de français me considéraient toujours avec respect. Et souvent, j'avais une copine scientifique, et moi, j'écrivais, je lisais. Ma mère un temps disait même que je connaissais le sens des mots sans les avoir appris ; en réalité, je les apprenais souvent en lisant. Je raconte un peu cela dans le livre. Un peu tout cela. Au sujet d'Arthur et Victoire.
Dans les semaines qui viennent, je chercherai un éditeur. Ce roman est advenu et j'en suis heureuse.

nb : images protégées par le droit d'auteur de l'auteure.
nb 2 : je poste un petit album photo-reportage à ma manière sur le nouvel an chinois 2006.
17:30 Publié dans Personnelle Hirondelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.10.2009
ET SI ON CLAPOTAIT...
Carnet de voyage - Sur l'île de Naxos - Août 2009

Vendredi je crois
Ecrire, assise en tailleur, pour bronzer l’intérieur des cuisses, c’est le jeu de la jeune écrivain moderne qui sait faire plusieurs choses à la fois.
Palmes bleues
Lumière sur l’eau qui s’évase à mesure que le soleil descend
Le vent
Projette sur moi des paillettes de sable ;
Des petits cailloux ici et là, des algues
Deux planches à voile, un navire qui trace
Avec ce vent les traces des pas
Reprennent bientôt une forme douce
Ma peau
Est l’assemblage de cellules par lequel mon corps tout entier se présente au monde
Qui l’a créé.
Je regarde un petit coquillage ici,
Témoin que le monde en ce lieu
Est en pleine santé.
*
Les maisons là-bas sur la colline sont nimbées de lumière (...)
Ce soir, j’irai marcher sur ce rivage
Que je ne connais pas encore
Voir ce qu’il y a derrière ce rocher.
La prochaine fois ce voyage
J’aimerai le faire à deux
Pour que le sable que je prends dans le creux de ma main et laisse couler,
Je le vois glisser sur le poignet
D’un homme
Que je regarderai avec tendresse.
*
De ce côté, une fille entre habillée dans l’eau. De l’autre, un couple d’une soixantaine d’années est nu sur la plage. Les bras des amoureux s’élevant des serviettes se mêlent en contre-jour devant l’étendue scintillante du soir. Des jeunes gens s’enfoncent dans le flot, qui mange leurs cuisses, puis leurs bustes, jusqu’au moment où seules les têtes, ombres ambrées, paraissent sur la surface. Des garçons en face, sur un rocher. Y sont-ils allés à la nage ou un bateau les aura déposés ?
Tout à l’heure, j’avais perdu mes lunettes de bain, puis, retournée nager, je les ai vues sous l’eau : tache bleue mouvante au fond ; était-ce un poisson exotique, une porte vers un royaume sous-marin, une algue toxique ? N’écoutant que mon envie de retrouver cet utile accessoire, je plongeai les yeux ouverts, et, les ayant reconnues, les ramenai joyeuse à la surface de l’air.
Ronds dans l’eau.
Deux de suite, c’est ce qu’il faut pour un effet magique
*
A la rentrée, je dois être prête pour me présenter écrivain. De retour à Paris, je reli—(pause pour photographier deux jolis amoureux grecs qui me le demandèrent sur les dunes)- rai mon roman, l’aboutirai, le copierai et le distribuerai. (...)
Sans cesse, je fais le point avec moi-même, prends soin de moi, définis mes opinions vis à vis de tel ou tel, essaye de nettoyer le passé et détruire ce qui gêne : les faux silences (...) La douceur pour les doux ; aux autres la porte de sortie, bien définie ; ainsi le sable m’accueille entièrement. L’ombre du stylo, et de ma main se dessine sur le papier comme j’avance mon texte. Sous l’eau, j’ai vu les morceaux d’algues bouger doucement, suspendus, au dessus du sable strié en lignes gracieuses. Encore des têtes paraissant sur le flot. Sur le rocher, un garçon debout. Je trouverai tous mes chemins, me créerai un foyer, chaud et libre, comme ce soleil.
Je m’allonge, tandis que le vent tourne les pages de mon carnet. La nudité est un instant de vérité, rien de plus rien de moins.
Fille adoptive de la Nature. Une philosophe à la plage.
Dans un restaurant du rivage, soir
Parasols rosés sur fond maritime bleu doux, se soulevant doucement dans l’air, parfumé de poisson grillé. E voici même que des cavaliers sur chevaux passent sur la plage. Bleu, rose, et le soleil orangé, qui dépose des taches claires, solaires, sur les dunes couleur crème. Un drapeau grec sur le rivage, effilé à son bout, comme souvent le sont les oreilles des chats sauvages.
*
Hier, un gros grillon d’environ douze centimètres sur un escalier. J’allais acheter une glace ; j’ai pris un autre chemin.
- Il y a un gros ts ts, ai-je dit à la dame du magasin (parce que je ne sais pas comment on dit « grillon » en grec)
Avec les doigts, elle l’a pris, et l’a déposé dans un fourré.
*
Un peu de vent, un papillon :
- Viens voir d’ici, dit une fille grecque au restaurant : vu d’ici, c’est encore plus romantique.
Sa copine la regarde en riant, conserve la même place. Des chats passent. Je bois une liqueur de Naxos. Un couple se restaure, dans la perspective qui s’étend, la route de sable, les dunes, les maisons blanches, les promeneurs. Il ne faut pas nous changer le climat de la Terre : il est à son optimum.
Oiseaux chantant, plantes grasses en profusion. La panne de mon appareil-photo me pousse à trouver tous les mots : clic clic clic.
*
Hier, en un jour, au soleil de midi, j’ai changé de couleur. En grec, pour dire « bronzer », on dit « noircir ». Au moins c’est clair.
(...) Enjoy the cat view
Petit déjeuner
Enfants plongeant dans une piscine, bavardages, chansons et zones de lumière et d’ombres s’équilibrant en douceur dans la douce Naxos, sur la terrasse. (...)
(Il me manque quelqu’un pour me crémer le dos de protection solaire.)
- Je créerai un foyer, libre et doux comme ce soleil, dit-elle.
Environ 16 h
Poissons donnant la joyeuseté du lieu
Collines, Méditerranée, langue grecque,
Crème solaire parfumée, palmes encore :
Et paysage encore ;
Pas de place pour la lassitude
J’ai commencé à me reposer, me retrouver
Dans cette bienveillance naturelle.
Si j’allais nager nue ?
Certains le font ici, de ci de là.
Une fois dans la vague, j’enlèverai mon maillot
Je n’aurai que mes palmes
Et mes lunettes de natation…
Soir rosé
On marche un peu dans le soir rosé, sur la route douce saupoudrée de sable. Lentement, le corps vire au doré, caramel, ambre. Tout est plus proche, plus direct, plus physique ; à chaque instant, qui vient comme monté de la mer. Ici les parasols sont crème. On marche encore, on avance, un autre regroupement de détente apparaît sur le sable : ici les parasols sont d’une autre couleur. Un peu plus loin encore, ils sont bleus, du ciel au marine. Là où ils sont orangés, le rayon du soleil couchant se baigne dans la mer, assorti aux objets de création humaine. Quelques mètres plus loin, le rayon solaire se fond en un bateau zodiaque qui reste à méditer, balançant. En arrière plan, les collines sont toujours mauve-violine à contre-jour. C’est là, juste derrière, que le Soleil se pose, descend, ou plutôt la Terre monte, au dessus de lui, tandis que la lune, à la faveur du jeu des éclairages, présente son repère translucide, comme la pièce d’une monnaie qui ne s’échange pas, juste là pour faire joli ; juste là et c’est joli.
Assise sur un transat bleu, les pieds au sable,
J’écris accoudée à une petite table de bois
Sur laquelle des pierres sont posées.
Je me suis arrêtée là pour écrire
La couleur des parasols, le miel du soir
La beauté absolue, à mes yeux, de ce lieu
Qui bat des records de douceur.
"Ne battez pas des records de prix", disait une affiche à Athènes,
Durant les JO de 2004 :
« Battez des records de poésie ».
*
Deux petites filles se penchent sur le flot
Pour laver leurs mains
Une musique techno monte le son
Est-ce une voiture qui passe ou un pub
Qui veut exciter la nuit
Maintenant les enfants assemblés creusent le sable
Avec deux-trois objets
Ils ont toujours quelque chose à faire,
Tandis que sous les parasols, une famille se restaure,
Et des adultes jouent à la raquette.
Je vais poursuivre ma route....
Jusqu’à trouver la musique....
*
Parce que je voulais traduire pour les autres cette beauté de la Grèce qui justifierait à elle seule la supériorité définitive et terrestre du mot « démocratie », la sainte imperfection et le divin progrès des sciences, dont les bases furent posées par Aristote et ses amis ; oui je voulais témoigner de cela, le connaissant bien…
Le lendemain
Etre intellectuelle, c’est comprendre ce qu’il se passe et le dire. Etudier, lire, définir, identifier. La prise d’intérêts matériels correspond souvent à une vision partiale de la réalité. L’intellectuelle réduit au maximum ses dépendances, et, puisqu’il lui faut comme un chacun tirer des revenus de quelque chose, elle choisit une dépendance honnête, identifie cette dépendance, et peut l’expliquer. Ainsi que le disait Fernand Braudel, il faut donner sa relativité comme une information, à défaut de ne pas en avoir. Toute relativité possède un intérêt documentaire ; parfois le particulier très bien défini permet d’éclairer le général, c’est à dire un groupe de faits. Mais l’intellectuelle cherche au delà du particulier, le général. Plus que l’intérêt documentaire, elle cherche à présenter l’intérêt analytique et synthétique : la logique et la généralité ; à l’intérieur desquels le particulier agit.
En face de moi la ligne bleue claire de l’horizon, où sont posés quelques rochers. Ici, à l’intérieur des terres, de grands rochers à orme de galets sont disposés dans les collines. (...) Ce qui est beau, c’est que la lumière prend la forme des vagues. Au soir avant de m’endormir, j’expulse les anciens démons, je les terrasse et je m’endors, ayant vidé mes colères (...). Pas d’idéalisme, pas de cynisme. Je connais l’humanité. Certes les dieux aiment la justice, mais la réalité ne tend pas naturellement vers la récompense des actions justes, si ce n’est qu’il existe une beauté morale, donnée à ceux qui agissent de bonne volonté. Le désir de justice caractérise l’humain ; comme l’extrapolation d’une douce maman chatte qui soigne simplement avec chaleur et douceur ses petits ; la biologie, par nécessité, s’appuie sur ce genre de beauté. L’humain la généralise, en se pensant soi-même comme une unité, une intelligibilité.
(...) Je parle clairement. Je cherche la lumière de l’esprit. Une fois captée, mesurée, testée, je l’écris. En ce pays d’Aristote, j’ai à me réjouir de pouvoir respirer ces mots vrais. Il me faut des alliés puissants Pour sauver la Terre, il faut sa vérité…
Respecter d’abord l’esprit, aimer la justice, rejeter l’incohérence, valoriser la conscience : de bonnes directions ; beau et bon.
Comme devant moi, un lampadaire sur l’horizon bleu clair. De lui-même, le Soleil éclaire la vérité des formes ; la nuit, l’ingéniosité humaine le remplace, secondant la lune, au milieu des étoiles. Lorsque vient l’heure du bain, dans l’après-midi, tout s’oublie au milieu des étincelles d’eau d’air et de lumière.

Soirée aux chats au restaurant
Stylo prêté par la maison
Environ 21 h
Tout à l’heure, un petit garçon portant un tee-shirt où il était écrit « animal », s’arrêta sur une étendue face à la mer pour caresser un chat, lesquel, après qu’il fut parti, se roula quelques instants sur le dos, s’étirant, face au ciel.
Petits grabuges en arrière fond dans les cuisines. Il arrive dans des restaurant, en Grèce, on entend en arrière des disputes entre le personnel, entre les membres de la famille, puis ils vont prendre les commandes, contenus et souriants :
- Ia sou paidi mou, ti chriasesei ? (Salut mon enfant, que souhaites-tu)
Tout cela est sympathique, et ici, suscite le rire du serveur : une sorte de danois, et d’un groupe de ses compatriotes, un tant soit peu échevelés. Comme une femme en arrière plan criait, l’un d’eux indiqua à deux touristes attablées :
- She says that she loves me.
Le restaurant est agréable car un peu surélevé sur la mer. Les chats y sont nombreux, rodant autour des tables ; l’un d’eux se risqua même à grimper sur une chaise pour humer le filet parfumé des assiettes de mes voisines de table. Alors le maître de maison apparut, armé d’un grand morceau de bambou –végétal ici fréquent- et tous ils filèrent douce, évacuant la terrasse, rapides et aplatis comme les chats cherchant à éviter l’orage de la punition.
La vue est magnifique, l’air frais ; j’ai assez bien nagé ; j’étais morte de faim.
Qui peut le plus peut le moins, comme disait Socrate.
Un peu de retsina, au goût de tonneau et de tonnelle. Quelques lumières, sur le mouvement de la crique, commencent à s’allumer aux blanches maisons.
Je reste studieuse, histoire de France, etc. (…)
Le maître de maison vise un chat avec la nappe de papier, roulée en boule, de clients précédents. Sur l’étendue, à côté, plus ou moins un parking, un petit garçon passe en courant tout nu, suivi par un autre habillé. Le patron a coupé deux jambes de la pieuvre suspendue au dessus de l’entrée du restaurant : il est écrit "sport » sur son tee-shirt. J’ai quand même donné du calamar au chat. Ils sont maintenant deux à me donner des regards glamoureux. Mieux vaut des chats que des hommes, pour l’instant, ça me laisse libre.
Je discerne ce soir, avec le stylo de la maison, aux chats le grand prix de l’humour mammifère. Voilà qui nous aidera à faire progresser la civilisation.
Resto très agréable.
La dame m’a apporté beaucoup plus de retsina que j’avais demandé. C’est marqué « Artémis » sur le cendrier.
Je joue les reporters gatronomiques ce soir. Il est toujours plus facile d’être stable quand on rentre dans une forme géométrique prédéterminée :
Que nul n’entre ici s’il n’est géométre !
La nuit est tombée, mais la lumière grecque veille.
(…)
Nb : 2ème pichet de retsina. Ici le vin sert à oonvaincre, aussi bien pour l’amour que pour le commerce.
15:23 Publié dans Carnets de croisière | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
06.10.2009
La jeunesse est-elle une chance pour la société + bribes de Grèce
C’est vers 2001-2002, que je m’étais posée la question de passer des concours, dans l’administration, de monter en grade, centigrades mais certainement pas Stalingrad. Et j’avais décidé que non : des horaires de cadre moyen me donnant une importante liberté ; le bénéfice dans ce cas étant le temps libre ; et moi, entre l’accomplissement de sortes de missions intellectuelles que je me donne moi-même, et une vie un peu bohème, si tant est qu’on puisse être un peu bohème quand on travaille pour une administration... En réalité, cette décision de me consacrer à mes études –moi étant à la fois l’élève et la professeure – formait un écho à une interview d’André Balland, l’éditeur, que j'avais entendue, adolescente, qui racontait comment il avait exercé de nombreux métiers avant d’en venir à l’édition. Familière des histoires d’aventures et des petites aventures dans mon style, j’avais particulièrement apprécié son témoignage, et plus ou moins décidé de faire comme lui : d’abord voyager, matériellement ou professionnellement ; apprendre, me trouver dans la diversité, puis m’installer plus tard. Aussi cette décision de ne pas passer dans l’immédiat de concours administratifs, vers 2001, était liée à un style de vie, une enquête, une recherche, un goût de l’art et de la recherche intellectuelle.
Je présente ci-dessous un extrait de la dissertation, rédigée au printemps dernier (concours en salle), à l’occasion du test interne de la Ville de Paris pour accéder à une formation au concours de la Prepena (où je fus sélectionnée avec un certain nombre de mes camarades). Comme je souhaite conserver quelques références pour l’instant à mon bénéfice (droit d'auteur rémunéré), j’en ôte quelques phrases, que je présenterai plus tard dans cet ensemble. Il m’a plu de réaliser cet exercice, en 3 ou 4 h. Le sujet « La jeunesse est-elle une chance pour la société », correspondait assez à un devoir que je rédigeai à science-po (grenoble) et que j’ai conservé : « La jeunesse n’est qu’un mot » ; commentez cette phrase de Pierre Bourdieu". Aussi, pour ce test, je repris certaines des idées et la méthodologie que j’avais déjà utilisée lors de mes études. Il me fit plaisir de m’apercevoir que, justement, le temps ayant passé depuis, j’avais enrichi mes idées sur le thème entre temps.
Je ne sais pas encore si j’irai jusqu’au bout de ce chemin vers l’ENA et à l’ENA. La manière même dont j’ai traité le sujet –davantage comme une analyse de culture générale que comme une note d’actualité- manifeste que j’ai une autre culture ; mais je peux apprendre aussi ; je verrai ; pour l’heure, je vais suivre la préparation. Je remercie les professeurs qui ont apprécié suffisamment mon travail.
Je présente ce texte ci-dessous comme un travail intellectuel appliqué à cette question, et dans le cadre défini.
LA JEUNESSE EST-ELLE UNE CHANCE POUR LA SOCIETE ?
Dans une de ses chansons, le chanteur populaire Charles Trenet mettait en musique « ses jeunes années » ; les siennes « couraient dans la montagne ». Si la jeunesse symbolise a priori temps libre et bonne santé, elle parait à tous aujourd’hui une notion évidente ; sa définition même est toutefois sujette à la relativité des cultures dans l’espace et le temps. Ainsi, dans la Grèce antique, l’énigme posée par le Sphinx cherchait à connaître l’animal qui, au matin de sa vie, marche à quatre pattes, à midi marche sur deux pattes et le soir sur trois ; cet « animal » étant l’humain, ce mythe illustre que l’enfance, l’âge adulte et la vieillesse peuvent, pour une société, constituer des repères d’âge suffisants.
Aussi, au travers de la relativité spatiotemporelle des définitions de la jeunesse, au travers du prisme de l’actualité, et utilisant des critères à la fois culturels et concrets, nous verrons d’abord que la jeunesse est une chance si elle a sa place dans la société et participe à l’harmonie globale ; puis nous verrons que l’utilité sociale de la jeunesse peut- être ponctuellement mise en question par une analyse plus critique de possibles dysharmonies sociales liées à ce concept.
I. LA JEUNESSE UNE CHANCE POUR LA SOCIETE
Pour le sociologue Pierre Bourdieu, « la jeunesse n’est qu’un mot ». Mise en question de philosophe, cette formule fait écho au caractère relatif de la notion de « jeunesse » Afin de clarifier notre propos, nous identifierons la jeunesse au travers des prismes biologique, sociologique, économique et mental qui la définissent. On sait que les études des sociologues utilisent des catégories d’âge telles que les tranches 18-25 ans et 25-35 ans… Quoiqu’il en soit d’une définition trop absolue, la jeunesse commence après l’enfance ; symbolisant le début de la vie d’adulte, elle symbolise pour la société la santé biologique, un temps socio-économique pour la formation et les premiers emplois, et corrélativement une plasticité intellectuelle et une adaptativité certaines. C’est donc, au premier regard, un concept valorisé, voire phare, de nos sociétés, auxquelles elle renvoie une image de santé, de fécondité, de formation et de liberté.
Les représentations du rôle de la jeunesse sont différentes selon les sociétés ; comme l’ethnologue Claude Levi-Strauss a mis en exergue la pluralité des imaginaires culturels, on remarque que la tradition, système fondé sur la répétition, valorise les Anciens comme symboles d’un équilibre social parvenu à sa perfection au travers des millénaires ou des siècles de générations. A ce titre, l’Afrique, qui reste un continent marqué par le « respect des Anciens » parait associer la considération pour les personnes âgées à un certain conservatisme social. On note que, dans un milieu caractérisé par sa stabilité, il est exact de penser que les plus anciens soient aussi les plus savants ; inversement, dans un monde infini et changeant, la connaissance n’est pas nécessairement un fruit donné par le long terme, chacun étant libre d’apprendre ou d’ignorer ; dans ce cas, la jeunesse peut être, sur tel ou tel point, plus savante que le Grand Age, et en faire bénéficier la société. (…). La faculté critique de la jeunesse ne rejoint-elle pas aussi la liberté démocratique qui interroge l’autorité sur la rationalité de ses choix ?... Plus extrême, la pensée libertaire de mai 1968 est allée jusqu’à une autre mise en question radicale de l’autorité : capacité de contestation, de rébellion, d’innovation, la jeunesse –contenue dans le cadre démocratique- parait garantir à la société la faculté de s’interroger sur elle-même.
Concrètement, la biologie de la jeunesse lui donne de la force et de l’élan. Dans les pays peu mécanisés, la jeunesse est une force de travail incontournable… Sa plasticité intellectuelle lui permet d’apprendre vite et bien. Comme la néotonie humaine permet à l’être humain d’être le plus adaptable de tous les êtres vivants, la jeunesse apporte à la société la promesse de l’excellence du savoir. Dans des sociétés dites « de la connaissance » ce point est très appréciable. Cette même biologie de la jeunesse lui permet également de faire rêver les autres classes d’âge Dans un temps d’interrogations sur la réalité de la transcendance, l’image de la jeunesse semble être le symbole d’une sorte d’immortalité immanente à laquelle, peu ou prou, tous s’accrochent. Ainsi la jeunesse est aussi une sorte de repère de l’idéal. A contrario, Aristote définissait la vieillesse comme un état de desséchement et de morosité. La jeunesse donc est un concept moteur, stimulant. Symbole de plasticité, de créativité, d’ouverture d’esprit, de soif de connaissance, elle semble représenter une garantie de créativité et de liberté ; en même temps qu’elle garantit le renouvellement des générations. Enfin, d’un point de vue économique, la jeunesse représente l’adaptativité et l’apprentissage rapide.
II POSSIBLES DYSHARMONIES SOCIALES
EN LIEN AVEC LA JEUNESSE
Il existe toutefois des limites à l’idée de poser la jeunesse comme une pure chance, un idéal social pour la société toute entière, ce que d’ailleurs certains décrient sous l’appellation de « jeunisme ». L’anomie sociale, décrite par le sociologue Durkheim, est une menace pour les classes d’âge les plus jeunes, et leurs éventuelles pertes de repères peut avoir des conséquences sociales néfastes, comme la délinquance, pour laquelle on parle généralement de « bandes de jeunes » plutôt que de « bandes de vieux ». A la plasticité et la créativité d’une jeunesse avide d’apprendre, s’opposent la malléabilité, l’influençabilité, et la vulnérabilité des esprits trop jeunes, qu’il convient de conseiller, guider, orienter. (.) La jeunesse peut s’égarer ; elle peut aussi être manipulée, comme par Hitler et ses « jeunesses hitlériennes », qu’un régime inique avait voulu dresser en symbole de la puissance d’une race ou d’une culture exclusive… De ce point de vue culturel, on note également que la jeunesse correspond aux idéaux de la vente, donc du marketing, qui représente parfois une simple manipulation des masses, parfois dangereuse, par le mépris de l’esprit dont elle témoigne. La politique sait user de ces concepts vendeurs ; on parle souvent du remplacement des générations précédentes –comme des vieux éléphants aux jeunes lions- comme d’un bien en soi, tandis que d’autres valeurs peuvent être valorisés par l’âge, telles que la mémoire, le savoir, le sens des responsabilités etc. Ainsi la jeunesse parait un concept dangereux s’il est manipulé à des fins mercantiles ou de notoriété, exclusivement. Dans ce cas, il parait parfois appauvrir le débat public. Enfin, valoriser la jeunesse pour la jeunesse, dans la définition d’un idéal en quelque sorte « éblouissant » peut réduire la capacité à prendre en compte les réalités du grand âge, parfois difficiles lorsque l’humain s’approche de son décès –auquel nul jeune ne semble vraiment croire-.
Limites culturelles, la jeunesse connaît aussi des limites socio-économiques qui circonscrivent la chance qu’elle représente pour une société : coût de la formation, difficultés d’insertions socio-économiques –et c’est le cas de nombreux jeunes touchés par l’aggravation considérable de chômage au premier semestre 2009 – la jeunesse constitue aussi un poids économique et représente une responsabilité pour les classes d’âges aînées. Trop peu de jeunes ne financeront pas les charges des Seniors ayant cessé de travailler, cela compte aussi.
En conclusion, toute classe d’âge est une chance pour la société ; en cela, c’est l’équilibre et le mouvement d’ensemble qui comptent. Représentant l’avenir, la jeunesse doit faire l’objet d’attentions particulières et révèle la manière dont une société se projette dans son futur. Motivés, motivants, les jeunes constituent un indéniable source de vitalité, une vraie chance pour toute société, à condition qu’elle –dans son ensemble- sache les accueillir.

****
nb: Athènes, fin juillet 2009 -A partir de l'aéroport, je me rendis au Pirée, après un détour de plusieurs heures lié à l'incurie des réponses de ceux à qui je demandai mon chemin; j'atterris ainsi à Agios Théodoros, non loin de Corinthe (!) où se passa l'anecdote suivante : il était interdit de fumer dans la gare. Aussi, avant de reprendre le train en sens inverse pour aller au Pirée puis partir dans les îles, je descendis sur la rue pour fumer une cigarette. J'étais aussi passablement fatiguée de plus de 24 h de voyage au total. Or, fumant, je vis au dessus, sur le quai, une grosse dame fumer une cigarette, dans l'enceinte de la gare, donc. Je lui lançai, en grec :
- N'est-il pas interdit de fumer dans la gare ?
- Oui, me répondit-elle, mais ajouta-t-elle, si quelqu'un venait lui faire une réflexion, elle jetterait sa cigarette; et elle me désigna un endroit, plein de fourrés et de broussailles, où elle prévoyait de lancer son mégot allumé.
- Si vous le lancez là, lui dis-je, vous allez déclencher un incendie.
Elle disparut sur le champ de ma vue.
No comment.
****

Ah, Ellada... Pour ceux qui ne l'ont pas vu, le chanteur grec le plus connu et un des plus appréciés dans son pays, Vassilis Papakonstantinou chante. Si vous parlez de lui en Grèce, nombreux sont ceux qui en sourient d'exaltation. Ici, il chante le poète espagnol Lorca, sur un poème de Nikos Kavvadias : http://www.youtube.com/watch?v=R8cznEr6D7U&feature=re...
Là, dans une autre version de la même chanson, avec une très belle intensification en cours de chanson (illustration des paroles de la chanson au mot à mot, à peu près) : http://www.youtube.com/watch?v=twj3vBKEMhE
Et ici il chante "Sébastian", dans un grand déchainement lyrique (c'est pour ça qu'on l'aime) http://www.youtube.com/watch?v=nbOuHw9lZrU
Et là, c'est un autre chanteur grec très connu en Grèce, qui chante la même chanson sur Lorca, dans un beau son. http://www.youtube.com/watch?v=qCOs_9FjkXw&feature=re...
Je connais trop bien la Grèce pour l'idéaliser, mais dans ces clips, paraissent l'expressivité, le romantisme, le lyrisme de ce pays.
NB : illustration Claire Delhomme Pictures (ici Paris Plage et Iris, chatte d'écrivain) - tous droits réservés -
11:12 Publié dans Philosophie des Temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note















