16/04/2014

Pensées (...)

 Je présente quelques dessins récemment réalisés (en avril). Je dirai plus tard leurs titres. Ce sont deux dits-abstraits, et trois oiseaux.

 

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(Tous droits d'auteure réservés)

19/03/2014

les limites et l'infini (entre autres)

Je voulais dire quelque chose à propos du fait que je n'écris pas tellement sur mon blog ces derniers temps. Mais justement c'est ce qui est difficile à formuler.

J'appelle pompeusement cette note "les limites et l'infini" et à vrai dire, je ne sais pas ce que je vais écrire sur ces concepts, bien qu'il soit probablement possible de rédiger plusieurs ouvrages sur le sujet, suivant la façon dont on définit ces termes au départ et blablabla...

Je pourrais par exemple laisser une fleur parler pour moi, ou parler avec moi. Cela éviterait de chercher les mots, parce que les mots, qu'on croit d'habitude librement liés entre eux, en particulier dans des pays supposément libres, sont en réalité, -d'après ce qui m'est apparu ces dernières années- des sortes de morceaux de territoire que les uns et les autres se partagent ou se disputent... Il est évident que, moi aussi, je suis soumise à ces limites. Les mots sont incarnés, et les incarnations ont des mots... Certains y ont certainement déjà pensé, mais je crois bon pour ma part de le rappeler, et c'est toujours une manière de tourner autour du sujet du silence et de la parole, des limites et de l'infini, pourquoi pas...

Je commence donc par laisser une fleur parler pour moi, ou avec moi...

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Ce que je trouve appréciable notamment, concernant les fleurs, c'est d'une part d'une part qu'il en existe un grand nombre, et qu'on voit aussi, au travers des fleurs, des déclinaisons variées du domaine visuel. Par exemple, j'étais assez fière de moi-même de pouvoir dessiner, d'une part des fleurs de Noël, que voici ci-après : 

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On remarque, chez la fleur de Noël, une sorte de bonté, de douceur d'affirmation; c'est du moins mon impression traditionnelle, concernant cette fête, telle qu'elle devrait être en tous cas. La fleur de Noël, sans être extraordinairement vertueuse -n'exagérons pas -, normalement vertueuse, m'a paru se distinguer par une absence de morgue, une sorte de joie un peu enfantine et inclusive, à l'image de cette fête, d'après mon impression. Une fleur de Noël qui serait excessivement pédante me paraitrait déplacée et grossière.

Par contre, dans un autre contexte, rien n'empêche de poser plus intensément ses compétences d'élégance. J'ai dessiné, ci-après, des fleurs en situation d'exposition, qui présentent leurs facultés esthétiques, en image, et suppose-t-on, mouvement aussi. 

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Personnellement, je trouve assez rassurant et satisfaisant de m'apercevoir, en dessinant, que même les fleurs ont différentes façons de se présenter, ce qui parait en fait évident, suivant qu'elles s'adonnent à l'étude, reçoivent leur petit ami, ou rendent visite à leur grand-mère etc... Certains pensent peut-être que les fleurs n'ont pas de grand-mère ni de grand-père, mais moi, cela m'étonnerait, parce que sinon, d'où viendraient-elles. A mon avis, elles ont ce genre d'ancêtres, évidemment, tout dépend s'il a pris racine à proximité, ou plus loin, je suppose... Bref... Je parlais essentiellement de la variation des fleurs suivant leur contexte de présentation, et leurs priorités du moment... Sur l'image qui suit, j'ai dessiné des fleurs qui ont voulu être vues, dans un contexte de rivage estival. J'ai trouvé remarquable que les ombres de ces fleurs, témoignant donc de leurs grandes lignes, se soient présentés notamment sous forme de baleine, fait qui s'est imposé à mes doigts.

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Les fleurs de bord de mer sont plutôt lascives, comme on sait, et elles seraient plutôt proches de l'animal marin... Si maintenant, il conviendrait de discuter ou de réfléchir au fait que, soit les fleurs ont des grand-parents, ou non, ou s'il est raisonnable, quand on pense sérieusement, de comparer des fleurs à des baleines, autrement dit, des baleines à des fleurs, je trouve que la notion de limites et d'infini s'est un peu dégagée, via l'incarnation florale, somme toute à la portée de tout un chacun quand il est question de nature etc... Personnellement, je ne pense pas que ma phrase précédente soit ultra claire, mais suffisamment claire, et l'infini est-il clair, les limites sont-elles claires ? Il est évident qu'il est plus facile de repérer des limites que l'infini, mais j'ai résolu de lier les deux, disons dans une petite logorée (il me semble qu'il y a un h dans ce mot, mais je ne me souviens plus où exactement; disons que j'ai la chance de ne pas l'utiliser trop souvent), dans une petite logorée un peu joueuse, mais non totalement dénuée de fondements, loin de là.... : en fait, cette question des différences de positionnement suivant différents contextes. Ci-après, je montre des fleurs encore différentes, dans ce qu'elles expriment, et cette fois, je laisserai l'interprétation éventuelle (je ne force personne à interpréter) libre... 

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Bon... Sommes-nous vraiment avancés, et comment considérer l'avancement, relativement aux deux thèmes "infini et limites", et "silence et paroles"... Je ne termine pas cette phrase par un point d'interrogration, parce que je ne me pose qu'à moitié la question. Les questions trop abstraites ne m'ont jamais tellement attirée. Disons que j'ai posé la question des limites et de l'infini, dans l'idée de quelque chose de concret, quand même... Et les fleurs sont bien concrètes, à ma connaissance, de même que les arbres et les oiseaux, et tout ce qui va avec... Disons que je voulais dire qu'il n'était pas question de compter sur moi pour transcendentaliser... C'est tout. Voilà...

Bien, je trouve pour ma part déjà intéressant, sur le plan de l'image, cette notion des différentes présentations des fleurs. C'est un point plutôt transversal, non transcendantal... Comme je disais pour rire dans mon roman inachevé, "Darwin a inventé les yeux, depuis que nous vivons dans une société de l'image"... C'était une ironie, je le précise, qui signifie que les yeux sont tout à fait importants, et l'image, bien avant Darwin, puisque chacun sait qu'un grand nombre d'animaux vivants en sont équipés... J'ai même pour ma part trouvé un oeil rouge à l'intérieur d'une fleur, c'est dire (c'est dire que je mélange un peu de considérations sérieuses à un zest d'imagination; je précise cela pour la cohérence du discours)...

Voilà. On pourra toujours méditer sur quelque chose, c'est déjà un bon point...

*

Une question amusante que je me suis posée - cette question est à la fois amusante et potentiellement dramatique - et c'est celle-ci : je songeais aux différentes danses réalisées par l'être humain, ou bien des chants, dans l'idée de faire tomber la pluie. Il me semble que, dans les sociétés traditionnelles, un certain nombre de personnes y ont consacré une partie non négligeable de leurs activités. Donc, je me disais : "Faire tomber la pluie, est-ce vraiment possible ? Ou est-ce vraiment impossible ?" Il y a un peu d'infini là-dedans, je trouve, mais à dire vrai, je préferais plus de pluie et moins d'infini, s'il fallait choisir...

Et je pense que les fleurs, notamment celles qui ne sont pas accompagnées ou veillées par un jardinier, seraient -peut-être pas toutes, mais un certain nombre d'entre elles - potentiellement d'accord avec moi sur le fait que la question n'est pas négligeable, comme par exemple des coquelicots qui sont très beaux, et toutes ces fleurs qui poussent librement, et font la joie de nos amis les papillons et autres guêpes, abeilles etc...

Une fois ceci dit - en fait, je considère pour ma part avoir déjà dit énormément de choses sur ce blog, et comme je n'ai pas changé d'avis, c'est une des raisons pour lesquelles je n'ai pas particulièrement exprimé d'opinion supplémentaire; disons aussi -en toute modestie- que mes opinions auraient une sorte de tendance à viser l'infini, ce qui dépasse parfois les cadres, les cadres étant des limites par définition... Pour se changer les idées, je présente ci-après un petit dessin d'un couple style classique français, d'après une photo que j'ai recomposée à mon gré. 

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...  Parce que je le trouve plaisant, mais j'ai inventé le châle rouge, il me semble que cela ne se faisait pas tellement; toutefois, l'idée principale en est cette sorte de douceur de vivre, style dont on a parfois qualifié la France... 

Je présente encore quelques oiseaux en train de discuter, tandis qu'ils se déplacent dans le ciel, et il est bien évident que les oiseaux sont indissociables de la douceur de vivre, et s'assortissent parfaitement aux fleurs, thème n°3, transversal (je le rappelle) du thème des limites et l'infini, et du silence et de la parole... Ensuite je vais réfléchir encore... Et je continuerai plus tard...  

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On voit ci-après une petite photo de moi chez moi prise par moi (le 23-02) où j'ai l'air de réfléchir, et c'est assez probablement ce que j'étais en train de faire.  

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 (nb : je porte au poignet un bracelet constitué d'un élastique à cheveux trouvé au fond de la piscine).

 Maintenant, je ne sais en réalité si je vais continuer de réfléchir à la question des fleurs après avoir posé quelques rudiments conceptuels induisant simplement la notion de contexte dans la notion d'image, et trouvant cela assez intéressant, pour ma part ; la question des fleurs, la question de la pluie, la question des Grecs, la question de l'infini et des limites. De toutes façons, on va forcément de l'un à l'autre, sachant que, si l'on n'était qu'infini, on n'aurait pas cette joie d'être incarnés, dans des limites nécessairement; et inversement, si on n'avait que des limites, on finirait par s'ennuyer... ( j'avais trouvé une autre idée tout à l'heure, mais je ne m'en souviens plus).

 Afin de faire une petite pause conceptuelle, je présente une image qui représente un peu un livre, mais sans épaisseur; peut-être est-il en quelque chose infini à l'intérieur de lui-même... Pour ma part, excepté Dostoïevski qui a l'art d'être long, tout en étant rapide, et dont l'esprit nuancé quoique peut-être un peu embrouillé (je n'ai pas encore terminé celui que je lis en ce moment), mais d'admirables nuances, pousse à une sorte de patience qui n'est pas une pénibilité, excepté lui donc, je n'aime pas trop les gros livres, que je soupsonne de vouloir semer le lecteur en cours de route... Je profite de ce texte de libre inspiration pour le dire.

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Oui, parce qu'il est donc question de savoir ce que moi, en tant qu'être douée de la parole et de la pensée, j'avais à dire, disons de plus que ce que j'ai déjà dit, le cas échéant... concernant des choses actuelles, ou passées, ou me concernant...

Le lecteur perspicace et tenace aura sans doute remarqué que je n'ai raconté que deux histoires concernant un voyage en Grèce d'un mois, et il aura peut-être trouvé ça étrange, comme si j'avais gardé pour moi une certaine quantité de réflexions, observations ou informations, qu'il eut peut-être été pertinent de lui exposer, à condition évidemment qu'il fut un lecteur de qualité, c'est à dire....

Voilà, voilà un morceau d'infini qui passe, à tire d'ailes... (J'en ai même vu deux).

Sinon, évidemment les femmes aiment être comparées aux fleurs, et on ignore pour l'instant, à notre degré de civilisation, ce que les fleurs pensent des femmes. On note quand même au passage qu'il existe une grande diversité de fleurs, et qu'il ne viendrait à l'idée de personne de demander que toutes les fleurs soient de la même couleur ou de la même forme... C'est un point évident... En grec, la fleur est sexuellement neutre, comme si les Grecs n'avaient pas voulu les réserver aux femmes, mais que leur beauté puisse être revendiquée par l'un ou l'autre sexe; disons que c'est une hypothèse; en tous cas, en grec on dit : to louloudi, c'est à dire la fleur...  Maintenant, il me semble quand même que les fleurs sont plus liées aux femmes, un peu plus... Bon, évidence... Les Grecs, c'est l'évidence, et plus.... (passage d'infini)... L'évidence, l'évidence, l'évidence, c'était un peu ma base conceptuelle globale, et je me suis rendue compte que tout le monde n'y était pas forcément lié. Effectivement, pour cette raison : la vérité est un exercice de définition, et c'est un exercice de pouvoir; comme je le disais au début de ce texte, les mots ont des territoires bien qu'ils semblent flotter dans l'esprit ou dans l'air... Donc, l'évidence n'est pas forcément la base de tout le monde. Je profite de ce petit texte sur l'infini etc, pour le dire, évasivement...

Sinon, je souhaitais présenter aussi, accessoirement et de façon limitée, quelques petites photos de moi ces derniers temps, puisqu'il semble qu'à un certain niveau, j'ai essayé de positionner mes mots à l'intérieur d'images supposés les contenir... Et donc, au delà des dessins, il y a aussi quelques photos, simplement, comme ça.

Parce qu'il y avait des personnes qui disaient que je n'étais jamais de face, donc j'ai pris une capture d'écran sur une vidéo de 2009...  Disons que, pour être de face, il est nécessaire de penser de face. La visibilité du visage me parait assez en rapport avec la visibilité des pensées... Dans mon cas, disons...

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Je suis moi-même très variable au niveau de ma présentation, parce que, d'une part, "l'infini, j'y suis, j'y reste"; d'autre part, parce que mes émotions sont particulièrement contrastées et variées. Je pense que telle en est la raison... Ainsi, sur la photo ci-après (11-01-14), j'ai l'air je pense plus ou moins de mauvaise humeur, dans un certain sens (passage d'infini...). 

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En fait, j'ai mis un certain temps à comprendre que les expressions du visage provenaient des pensées qui sont dans l'esprit. Pourtant j'avais écrit un poème, vers 2005, où j'avais dit "les mots qui servent à donner un visage aux personnes", mais je n'y avais pas plus pensé que ça.... (boucle d'infini signalée à l'horizon)...

Je présente ci-après deux photos de moi où je me reconnais, mais qui je trouve, ne se ressemblent pas tellement, la première de novembre, la deuxième de janvier. 

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Sans doute, mes pensées étaient très différentes à ces deux moments... Peut-être la vidéo permet-elle d'unifier un peu plus la vision d'une personne, évidemment, mais les vidéos entre elles peuvent aussi être différentes.

Maintenant pour conclure ce petit exercice, je laisse au lecteur qui le souhaite, le soin de colorer lui-même le dessin de fleur qui suit.

Voilà... Maintenant, je vais relire pour voir si mon texte est bien, s'il évoque au moins un peu les conditions de son titre. Il me semble, à première vue, avoir dégagé quelques concepts, et posé quelques pensées pertinentes ou distrayantes... C'est une impression; elle doit être vérifiée.

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  nb : J'ai relu et corrigé. On ne dit évidemment pas transcendatiliser, mais transcendentaliser, tout le monde aura noté, mais l'essentiel n'est-il pas ailleurs ?... 

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04/02/2014

cmb - 9 petits dessins

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23/12/2013

Arcadia

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29/11/2013

le bateau ivre - to methismeno karavi (grec)

 

Le bateau ivre - Arthur Rimbaud

avec quelques petites modifications (une partie pour moi, une partie pour Arthur - et le tout pour la vie, la France, l'intelligence, et nos amis) - C'est entre autres pour fêter le fait que j'ai appris par coeur ce poème. Merci Arthur Rimbaud.

 

Comme je descendais des Fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidée par les haleurs :

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cible

Les ayant cloués nus au poteau de couleurs.

 

J'étais insoucieuse de tous les équipages,

Porteurs de blés flamands ou de cotons anglais.

Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages

Les Fleuves m'ont laissée descendre où je voulais.

 

Dans les clapotements furieux des marées

Moi l'autrehiver,  plus sourde que les cerveaux d'enfants,

Je courus ! Et les Péninsules démarrées

N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

 

La tempête a béni mes éveils maritimes.

Plus légère qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots

Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,

Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

 

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,

L'eau verte pénétra ma coque de sapin

Et des taches de vins bleus et des vomissures

Me lava, dispersant gouvernail et grappin

 

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème

De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,

Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême

Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

 

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires

Et rythmes lents sous les rutilements du jour,

Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,

Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

 

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes

Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,

L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,

Et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir !

 

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,

Illuminant de longs figements violets,

Pareils à des acteurs de drames très-antiques

Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

 

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,

Baiser montant aux yeux des mers avec lenteur,

La circulation des sèves inouïes,

Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

 

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries

Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,

Sans songer que les pieds lumineux des Maries

Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

 

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides

Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux

D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides

Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

 

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses

Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !

Des écroulement d'eau au milieu des bonaces,

Et les lointains vers les gouffres cataractant !

 

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises,

Échouages hideux au fond des golfes bruns

Où les serpents géants dévorés de punaises

Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

 

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades

Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.

- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades

Et d'ineffables vents m'ont ailée par instants.

 

Parfois, martyr lassée des pôles et des zones,

La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux

Montait vers moi ses fleurs d'ombreaux ventouses jaunes

Et je restais, ainsi qu'une femme, à genoux...

 

Presque île, balottant sur mes bords les querelles

Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds

Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles

Des noyés descendaient dormir, à reculons !

 

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,

Jeté par l'ouragan dans l'éthersans oiseau,

Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses

N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

 

Libre, fumant, monté de brumes violettes,

Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur

Qui porte, confiture exquise au bon poète,

Des lichens de soleil et des morves d'azur,

 

Qui courais, taché de lunules électriques,

Planche folle, escorté des hippocampes noirs,

Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques

Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

 

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues

Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,

Fileur éternel des immobilités bleues,

Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

 

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles

Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :

- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,

Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ? -

 

« Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.

Toute lune est atroce et tout soleil amer :

L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.

Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

 

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,

Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,

Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,

Ni nager sous les yeux horribles des pontons. »

 

Et vrai, ils ont trop pleuré. Les Aubes leur sont navrantes,

Et toute lune, atroce, et tout soleil amer ;

Moi, l’âcre amour m’a gonflée de torpeurs enivrantes.

O que la quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

 

Et je peux, baignée de vos langueurs, ô lames,

Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,

Et traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,

Et nager ; ……… est …….. au ponton.

19/11/2013

Fontaine démocratique de Versailles

Je raconte des histoires d’animaux, de beaux animaux ; je raconte cette fois une histoire de plantes. C’est une histoire amusante et étonnante, à mes yeux, sur le sens des mots et des noms.

Il se trouve en effet que j’ai, depuis 2010 ce me semble, une plante, dont j’ignore le nom botanique, une plante dotée d’une tige et de feuilles, à la manière des plantes pour climats doux, qui sont aussi des plantes d’appartement.

J’ai, depuis le départ, donné à cet être vivant un nom personnel, non sans lien avec des éléments de mon histoire : « fontaine démocratique de Versailles ». L’idée m’en est venue et je ne l’ai pas davantage expertisée.

Cette plante avait toujours été un peu difficile, et j’ai parfois pensé que son nom n’était pas lui-même doté d’une évidence immédiate, mais je m’en suis occupée bon an mal an. Les conseils qui m’avaient été donnés lors de l’achat s’étant révélés tout à fait insuffisants, l’arroser une fois par semaine était peu, et chacun de mes visiteurs se croyait obligé de me donner un conseil différent afin qu’elle prospère un peu mieux. Elle avait besoin davantage d’arrosage ; besoin d’arrosage plutôt le matin mais pas plus souvent ; il était nécessaire de la changer de pot ; il était important de la changer de place dans l’appartement ; il convenait de la sortir à la fenêtre etc….

A un moment de l’histoire, je la plaçai dans un pot très grand, afin que ses racines s’installent plus à l’aise, mais elle ne se trouva pas spécialement mieux, et je la replaçai, après quelques mois, dans son pot d’origine, plus joli. A ce moment, ayant perdu une partie de ses racines, elle fut prise d’un accès de faiblesse, et je me demandai si elle n’allait pas tourner de l’œil, quoiqu’elle en fut dépourvue. Il ne restait que la partie ténue de sa personne, lorsqu’on me conseilla de la placer plus à la lumière de la fenêtre toute la journée, ce que je fis.

Dès cet instant, elle sembla reprendre force jour après jour, et semblait bel et bien sur la voie du rétablissement. Puis un jour que j’aérais bien la pièce, j’eus un mouvement vif pour refermer la fenêtre, et je m’aperçus soudain - ce faisant - que je venais de lui trancher la tige, de la couper en deux, de la sectionner par le milieu, la tige se trouvant d’un côté, le sommet avec les feuilles de l’autre. J’en fus tout d’abord très désolée, pensant que sa dernière heure était venue, et mettant en question ma distraction –bien connue depuis l’école primaire-. Par dépit, et avec un espoir à peu près minimal, je plantai le végétal sectionné à côté de sa tige, dans la terre, et vaquai à mes occupations. La visite d’un jardinier dans mon appartement confirma toutefois l’hypothèse de sa reprise à partir de cette situation originale. Je veillais donc sur elle comme si sa situation devait pouvoir repartir peu à peu, ce dont j’eus la confirmation lorsque je vis de nouvelles feuilles apparaître en son centre ; je fus assez étonnée de me rendre compte qu’elle avait réussi à partir d’une tige sectionnée, à rejoindre ses racines et à reprendre son système de vie entier. Et c’est un jour que je me dis soudain « Fontaine démocratique de Versailles » a été décapitée, et c’était son destin. Et depuis, elle se porte comme un charme…

  

Telle est cette petite histoire sur le sens des noms. Je souhaitais la lier avec une plaisanterie que mon grand-père –homme très jovial- aimait faire à Versailles, où il résidait. Non loin du château se tient une statue de Lazare Hoche, un des révolutionnaires de 1789, qui prit une part active dans l’arraisonnement de la sédition vendéenne (je pense qu’ils ne le regrettent pas aujourd’hui, en termes d’avancée démocratique en France). Or, mon grand-père, lorsqu’il passait près de cette statue, non loin de chez lui, s’amusait souvent à dire en souriant à ses interlocuteurs :

- Vous avez vu l’habit d’Hoche ?

(la bidoche).

 

 

*

 

J’ajoute deux points encore liés à cela : la bidoche, certes ; maintenant, il est aussi évident qu’on ne choisit pas ses relations comme sur l’étal d’une boucherie.

Ensuite, il se trouve aussi que, à peine revenue de mon voyage chez les Grecs, je me rendis le jour même dans un supermarché où le gérant du magasin se mit en tête d’essayer de me vendre de la brioche vendéenne en prétendant défendre ladite insurrection au motif que les relations féodales y étaient peut-être moins pires qu’ailleurs, et en me prétendant qu’il agissait bien avec son personnel, composé uniquement de personnes immigrées, auxquelles, d’après lui, il expliquait très convenablement les lois du travail en France (quoiqu'il ne leur apprit pas à parler français correctement...). Je lui fis quelques remarques critiques, prônant 1789 avec modération mais sans réserve, et n’achetai pas de brioche vendéenne, si elle devait servir de paravent symbolique, à un recul des droits sociaux ou à une minimisation de l’importance du passage de l’ancien régime au régime moderne. Je n’ai rien contre la Vendée en tant que telle, et on comprendra l’aspect symbolique de ce petit épisode. Peut-être vaut-il mieux aller au marché...

 

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Statue de Lazare Hoche à Versailles

 

*

 

 

 

 

nb : En vignette, le scientifique russe Dimitri Mendeliev.

 

nb : Ci-après, quelques petites photos de moi, dans le contexte "retour de chez les Grecs", deux semaines après mon retour effectif sur les terres parisiennes (21-10-13), chez moi, en style "aperçu de vue d'ensemble", en tenue estivale, en position "ambiance plage" un peu décontractée (non indécente il me semble), de bonne humeur (ce qui n'est pas forcément toujours le cas actuellement). On voit en arrière-plan "Fontaine démocratique de Versailles" dans sa nouvelle présentation.

 

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nota bene : Il est vrai que je marche beaucoup, ce qui est bon pour contrer l'éventualité d'un réchauffement climatique dramatique, et favoriser une planète en santé ; je monte aussi les escaliers jusqu'au 5ème étage à pied depuis un an, tous les jours de la semaine, ce qui économise aussi de l'électricité.

 

01/10/2013

Philosophies Grecques

C’était un vendredi 13, ce mois précédent, qu’il m’est arrivé une petite aventure avec trois chats, avec qui je me liai d’amitié et échangeai quelques émotions, comme cela se produit quotidiennement lors d’un voyage à l’aventure, en particulier en Hellade.

Je m’étais trouvée ponctuellement et un peu involontairement, dans un endroit peu plaisant où je restai seulement deux jours, me rendant la journée à Athinae, ville plaisante, peuplée d’une certaine quantité d’êtres humains – je rassure Diogène, je pense en avoir vu quelques-uns-.

L’endroit où j’eus ponctuellement à séjourner était si peu amène, que j’en eus mal à la tête, moi qui n’ai habituellement jamais mal à la tête. Bref. Il arriva toutefois, donc, une petite rencontre, de ces moments qui rendent un voyage attendrissant et prégnant, lorsqu’ils sont nombreux et témoignent d’une ambiance. Je marchai donc en ce lieu, lorsque mon regard croisa deux chatons d’environ deux mois, allongés sur le sol. Leur mère n’était pas loin, je l’avais déjà vue. Au moment où je m’approchai d’eux –pour discuter- l’un s’éloigna par timidité, et l’autre ne bougea pas du tout. Il était allongé sous le rayon du soleil estival, dans une position de relaxation. Comme on sait, les chats sont liés à la notion d’amour et de vérité (cf autres textes pour argumentation).

Quand je me penchai sur lui, je constatai que ses deux yeux était fermés, clos par une sorte de transpiration ou de je-ne-sais-quoi, phénomène fréquent chez les bébés-chats, mais qui d’habitude ne perdure pas au delà des premiers jours de vie, la maman-chat ouvrant les yeux de ses petits, les décollant, par la toilette attentive et bienveillante qui témoigne de son amour maternel, et on sait que les chats sont très précis lorsqu’il est question de regarder et prendre soin de toutes les parties de leurs corps. C’est à mon avis une raison pour laquelle on donne sa langue au chat, parce que le chat, comme les Grecs, savent tout (certains Grecs) (tout ou presque).

Mais ce chaton avait lui les yeux collés, et, dans cette affaire, je n’incrimine pas à priori sa mère, qui semblait normalement bienveillante. Peut-être un petit dysfonctionnement anodin avait-il pris des proportions exagérées, et la maman de ce chaton ne pouvait pas, à elle seule, lui décoller les yeux. Le lecteur ou la lectrice attentive aura déjà deviné que, précisément, je m’assis près de lui et lui décollai les deux yeux, l’un après l’autre. Suite à quoi, il vit. L’opération fut simple, je nettoyai chaque œil l’un après l’autre, et comme me dit quelqu’un à Athinae à qui je racontai la petite histoire, je fus la première « chose » qu’il vit. Ce qui me fit extrêmement plaisir, et je me gargarisai amplement de ce petit moment durant la semaine qui suivit.

Ainsi, une fois que je lui eus ôté ce qui collait ses yeux, il partit gambader joyeux et se roula sur le sol à plusieurs reprises. Je partis me laver les mains, et revins le lendemain pour vérifier son état de santé, m’étant proclamée sa doctoresse.

Le lendemain, je le rencontrai facilement, là où il habitait avec sa mère et ses frères et sœurs. Il était le seul à être affreusement maigre comme un clou, étant donné que, probablement, jusque là, seule sa mère avait pu l’alimenter. Il était en bonne santé, et voyait bien, se déplaçait joyeusement dans l’endroit. Il vint tourner autour de moi, puis sa mère vint s’enquérir de mon identité, puis, nous fûmes rejoint par un de leurs cousins probablement, eut égard au fait qu’il devait avoir environ six mois. Ce qui fut assez agréable ce jour-là, fut, d’une part de constater que sa santé était bonne, d’autre part, que nous nous assîmes en carré tous les quatre ; lui d’un côté, sa mère de l’autre, le cousin en face, chacun à un mètre et demi environ de distance, et nous nous assîmes ainsi, dans une position psychologique d’amitié et de réflexion. Un peu de temps passa, environ cinq minutes, puis je songeai qu’il me fallait aller à Athina etc., continuer mon voyage, et j’attendis que l’un de nous quatre se mit en mouvement. La mère du chaton se leva et partit vaquer à ses occupations, et je me levai moi aussi, bien heureuse de ce petit épisode, qui m’avait permis, sans heurts, contusions, déformations, maltraitances, grimaces, menaces, inversion, arbitraire, partialité, intimidation, stress, intrusions, piratage, truquage, mensonges, faux-semblants etc., d’être moi-même Claire, pour autrui, joyeusement.

 

Je songe à cet instant que le lecteur, peut-être élégant et raffiné Français, amateur de conversations subtiles et de notions culturelles intelligentes, en sa belle langue vivifiée et polie par les siècles tel un pont de Paris, pourrait souhaiter que ce petit texte lui apporte quelque notion culturellement plus directement exploitable dans un de ces styles de discussion. Voici donc un petit complément, rapporté de ce voyage 2013, d’un mois en Hellade. Il se trouve que j’avais des notions sur l’échange entre Alexandre le grand (tunique et sandales obligatoire), et Diogène. D’après ce que j’en savais, Alexandre (qui prétendait descendre de Zeus) avait demandé au philosophe ce qu’il souhaitait, et, d’après la version que je savais, le philosophe aux pieds nus lui aurait répondu « Pousse-toi de mon soleil », eut égard au fait que l’empereur des Grecs se tenait devant le soleil. Les Grecs m’ont appris cette année la réponse de Diogène de façon plus exacte. En effet, le philosophe lui répondit : - Pousse-toi de ce que tu ne peux pas me donner.

 

Claire Delhomme et du Chat

 

matin d'été chez les Grecs.JPG

un matin d'été chez les Grecs- Petit croquis cd

28/08/2013

Prévention des feux de forêt

PREVENTION ET EXTINCTION DES FEUX DE FORET, RAPPEL

- Entretien de sentiers d'accès dégagés, dans la forêt permettant la circulation facile des pompiers, au cas où ;

- Débroussaillage préventif des zones à risque ;

- Création de barrières de sécurité (ex : zone sans arbre, ici ou là, de la longueur d'un arbre couché, permettant d'éviter la propagation, en cas d'incendie, si un arbre enflammé venait à tomber, pour éviter que le feu ne se propage) ;

- Postes d'observations dans la forêt permettant de voir les paysages en cas de nécessité d'intervention (jugement rapide des parcours, reliefs et situation, pour une intervention rapide des pompiers, au cas où) ;

- Réservoirs d'eau prêts dans les localités à risque ;

- Rappel aux populations de l'interdiction de jeter des cigarettes dans les zones à risque ; rappel aux populations que le verre cassé et d'autres matériaux sont dangereux et peuvent provoquer un incendie; campagnes d'informations des populations ; si la situation est urgente, une interdiction temporaire d'accès aux bois peut être organisée.

 - Jugement sévère et exemplaire d'éventuels pyromanes attrapés.

On rappelle que les forêts préservent le climat terrestre à un niveau de fraîcheur agréable ; on rappelle que les animaux -oiseaux, petits mammifères etc - vivent dans les forêts; on rappelle qu'il faut une quarantaine d'années pour faire pousser un bois, dans des conditions normales ; on rappelle que plus un incendie est rapidement contenu, plus il est facile de le contenir (et inversement) ; on rappelle que, structurellement; tout le monde sait ce qu'il faut faire pour stabiliser les climats terrestres et éviter la multiplication de ce genre de drames, et au contraire, préserver ce capital de la nature qui est la condition même de la vie.