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30.04.2008

Express Yourself

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nb : dessins Claire Delhomme - droits d'auteur protégés.

18.04.2008

Le parfum de l'humanisme

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Lorsqu’un corps constitué existe, il possède ses organes de régulation. Cette régulation lui permet de s’adapter utilement à son environnement. La vie est un équilibre précis. Il y a les ressources, il y a l’intérieur, il y a les relations d’interdépendance, et il y a les conditions extérieures.

Certains s’interrogent : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?... Ma réponse à cette question est la suivante : s’il n’y avait rien, il n’y aurait non plus personne pour poser la question… La vie a émergé sur Terre il y a environ 3,5 milliards d’années, dans un climat et des conditions chimiques très précises. L’eau, l’air, la température sont favorables sur Terre à ce système magique, dont nous profitons tous au cours de notre vie, que nous rêvons éternelle, que nous remplissons, jour après jour, de nos éternelles vibrations vivantes.

*

Autrefois, sur Terre, les différentes civilisations se connaissaient peu les unes les autres. Ici et là on racontait des histoires sur les « autres », où l’imagination certainement avait sa bonne part. Chaque milieu humain était séparé de l’autre par des forêts, des foules d’arbres, des rues liquides, des montagnes d’une hauteur insensée, des étendues d’eau aussi vastes que l’imagination elle-même, des kilomètres de plaines et des entrelacements d’écosystèmes, où chacun croissait et créait, dans son milieu.

Puis les empires et les explorateurs tracèrent des routes et de nouvelles histoires. La production se développant, se complexifiant, les oiseaux –qui voient tout de haut-, eurent la surprise de voir le champ humain se resserrer davantage au point de devenir uni. Les productions d’une partie de la Terre commencèrent à arriver, par avion, bateau, train, sur les autres parties de la Terre. Ici, on produit le corps de la poupée avec laquelle l’enfant joue. Là-bas, on crée les yeux pour son visage. Un autre encore, coud, sage et appliqué, la robe colorée de sa joie.

De même les fumées des usines se mirent à voyager, sans visa ni pensées. Les produits, divers, commencèrent à être distribués partout. Chacun gagnant ou perdant de l’argent, à mesure de ses possessions et de ses investissements, de son savoir-faire. L’argent étant le moyen le plus simple que les humains, habitants terrestres, capables de toutes les ingéniosités, ont trouvé un jour pour dépasser le simple troc d’objets matériels et parvenir à des échanges faciles, en vertu de l’idée que toute chose à une valeur, et que cette valeur est déterminée par la rareté et la demande du produit.

Certains pays étaient peut-être plus forts que d’autres. Qu’est-ce que la force ? L’intelligence ? Ou la bêtise des armes ? Des rapports de pouvoir se mirent en place partout. Or, l’espace est si grand sur Terre… Qui peut vérifier la vérité de tout ce qu’il s’y passe ?...  A un certain niveau, nous nous en remettons à notre croyance, pour décider ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, qui a raison et qui a tort.

Dans ce contexte, on commença à parler de globalisation, de mondialisation, de village planétaire. Marchant sur les sillons des ondes, les musiques commencèrent à se promèner de continent à continent ; les fruits tombés des arbres à parvenir dans différents types de paniers, sur différents types de tables, ornant différents types de déjeuners.

Chacun a son climat : aux uns la présence épaisse du Soleil et de la lumière ; aux autres, la science traditionnelle des constructions de  pierre, qui nouent leurs protections sacrées autour des vêtements d’hiver. Aux uns les pentes, aux autres les plaines. Aux uns les rivières, les torrents de montagne qui s’en vont en rires sur les pierres, les longs fleuves majestueux où l’enfant voit son reflet, les petits cours d’eau qui se révèlent, avec leurs doux tintements, entre les herbes. Aux autres les rivages, bleu turquoise mélangé de soleil, bleu sombre et remuant, bleu doux aux vagues tranquilles…

Un jour on commença à nous parler de réchauffement climatique en lien avec les productions industrielles. On commença à nous dire que des espèces vivantes disparaissent chaque jour de notre planète, en lien avec les productions industrielles. On vit que des déséquilibres s’organisaient entre différents pays, en lien avec les productions industrielles, les uns riant joliment dans les trombes de leurs piscines à bulles, les autres marchant sur des sols fissurés de sécheresse : mais ils dansaient pourtant...

Aujourd’hui, pour une raison que nul n’explique uniformément, le prix des ressources alimentaires a monté brusquement dans des pays d’Afrique, des Caraïbes, d’Amérique latine et d’Asie. De très nombreuses personnes sont en danger alimentaire. Pourquoi ? L’éditorial du Monde du 16 avril 2008, intitulé « les tartuffes de la faim », analysant cette question, en donne pour raisons principales : les directives insensées de la banque mondiale et du FMI, les subventions agricoles dans les pays occidentaux, l’augmentation de l’espace alloué par les pays actuellement riches (usa, europe) aux biocarburants, censés développer l'indépendance énergétique des "grandes puissances", et remplacer le pétrole à moyen terme, histoire de pouvoir continuer à faire fonctionner des voitures lorsque l’or noir, issu de millions d’années de fermentation, aura disparu de notre Terre. D'autres facteurs sont avancés pour expliquer l'augmentation des prix : l'affreuse spéculation, l'augmentation du prix du pétrole et le développement de la consommation de viandes dans les pays dits émergents (consommation de céréales par les animaux).

Quelle qu’en soit la raison, il faut réagir. Les dirigeants ont une forte responsabilité, qu’il s’agisse des présidents et équipes gouvernementales de chaque pays, qu’il s’agisse du FMI et la Banque Mondiale, lesquels, depuis des décennies, influencent l’organisation du commerce mondial… Qu’il s’agisse aussi de tout un chacun, car tout un chacun crée le monde tel qu’il existe. Que tout le monde boive du soda, et le soda devient une puissance planétaire. Que tout le monde demande une gestion intelligente de la Terre, et la planète deviendra intelligemment gérée, respectant les ressources et les hommes, travaillant à faire progresser le bien commun et les égalités.

*

On sait que les rôles ne sont pas fixés pour toujours. L’émergence de l’Inde et de la Chine a démontré que les faibles d’hier peuvent devenir les puissants de demain. De ce fait, chacun tend à jouer son propre égoïsme contre celui des autres. Les puissants rêvent d’être toujours puissants. Les faibles rêvent de devenir puissants. Un faible devenu puissant est sans doute aussi égoïste qu’un puissant qui l’était déjà.

Sur la Terre mondialisée, cette attitude, non seulement ne satisfait pas à l’impératif de justice, qui demande un minimum pour chacun (l’eau, l’alimentation, l’habitation), mais aussi ressemble à une concurrence entre la main droite et la main gauche.

De plus, on nous dit que les ressources terrestres ne seront pas suffisantes, en eau, agriculture, composition gazeuse et autre, pour pouvoir généraliser le système des plus riches. Il faut donc discuter de cela.

Il faut que les dirigeants soient sérieux maintenant ! Nul n’a le droit de parler de justice s’il laisse sciemment des populations mourir de faim, des écosystèmes disparaître. La mauvaise conscience doit les torturer. L’argent n’est qu’une des ressources de notre monde : ce n’est pas la seule. S’en remettre uniquement à l’argent, c’est manquer de beauté.

Nous ne voulons pas de réchauffement climatique, nous voulons le non-réchauffement climatique. Nous ne voulons pas de la disparition des espèces vivantes au profit d’un argent aussi incommensurable que ridicule. Nous voulons la pérennité du système terrestre. Nous ne voulons pas du martyr des populations voisines, avec lesquelles nous échangeons des images, des voyages, des musiques, des paysages. Chacun sur Terre a la science de son territoire. Nous voulons continuer pour toujours à partager ces sciences. Que chacun nous illumine de son avis sur le bonheur.

La planète, la nature, nous appartiennent. La justice économique est la responsabilité de tous. Il s’agit d’un seul corps, le corps de la Terre. Ce corps doit être régulé, comme ensemble interdépentant doté d’intérêts communs : la poursuite de la vie dans toutes ses richesses, la réjouissance des réjouissances, la légitimité des joies.

- Des minimums vitaux doivent être assurés à tous.

- Chaque peuple doit avoir la maîtrise de ses ressources et de son destin.

- Chaque peuple doit contrôler sa démographie en fonction des possibilités de la Terre et du pays (centres d'information sur la contraception).

- Il doit être interdit de dépasser un maximum dans la possession de richesses, dont l’abus ressemble à une tentative de compensation névrotique de manques physiques ou affectifs.

- La transparence écologique et humaine des entreprises et pays doit augmenter.

- L'existence de multinationales, dont le nombre par secteur se compte souvent sur les doigts des mains, doit être mise en question. En effet, ces monopoles, qu'il s'agisse de Bill Gates, de Monsanto, Nestlé et des autres, ne sont pas légitimes. Il me semble qu'il existe des règles dans la gestion mondiale du commerce interdisant les monopoles. Il va de soi que la démocratie économique doit exister, au même titre que la démocratie politique (à savoir la multiplicité du choix des consommateurs). Même du point de vue des prix, chacun sait qu'un petit nombre d'entreprises dominantes, non seulement forcent les consommateurs à les acheter (voir abérations concernant le brevetage des graines végétales dont certains veulent scandaleusement se réserver la propriété et la vente), mais aussi représente un risque de voir ces entreprises s'accorder pour fixer secrètement entre eux des prix désavantageux pour le consommateur. En d'autres termes, l'existence de ces multinationales mondiales, poussées par le système de l'actionnariat à des profits toujours supérieurs, représente une sorte de dictature économique contre laquelle il convient de lutter (par exemple en achetant autre chose, tant qu'autre chose existe)...

- La nature, sacrée parce que unique et nécessaire, doit être protégée dans tous ses aspects.

- Les financiers doivent se rappeler qu’ils ont un corps et que ce corps monte de la terre et s’abreuve à la source descendue des montagnes.

- Chacun doit donner en raison de ses possibilités, pour essayer de compenser les trop peu justes, trop peu agréables, disparités économiques.

- Chacun, dans le dialogue des civilisations, doit privilégier l’information et la paix sur la concurrence et la caricature d’autrui.

- Les dirigeants doivent nous présenter correctement les dialectiques à l’œuvre : que nous demande-t-on ? Combien de chômeurs à financer, quelle partie de nos budgets grevés, si l’on doit devenir plus partageurs ? Combien de bains ? Combien d’euros perdus pour la justice gagnée ? Combien ? Nous devons démocratiquement choisir des stratégies de puissance.

- La gestion mondiale de toutes ces questions doit progresser de manière urgente. Il ne s’agit ni de détruire la beauté de notre Terre, ni de provoquer le martyr des peuples, cela pour des comptes en banque totalement abstraits. « Bien mal acquis ne profite jamais ». On demande à ce que cela soit vrai.

- Le consommateur doit avoir conscience du caractère politique de l’acte d’acheter. Acheter commerce équitable, prendre en compte la moralité ou non des marques, la faible présence d’emballages plastiques; ne pas acheter de produits qui relèvent de la martyrisation des animaux non plus (et qui martyrise l’animal est toujours prêt à martyriser l’humain).

- Chaque artiste, chaque intellectuel, a aussi sa responsabilité, pour faire monter la douce ambiance. De nos jours, la publicité a pris le pouvoir sur les représentations du monde, abreuvant les peuples de mensonges alléchants et scientifiquement organisés pour convaincre. De même le cinéma et les films, bien souvent financés par les industries... L’art doit reprendre sa mission civilisatrice, la civilisation du genre humain, qui vient et englobe toutes les autres civilisations, issues des territoires.

- Faire circuler les informations éclairantes.

 

Car :

 - La modernité n’est pas la négation de la nature. La modernité se tient à l’intérieur de la nature, où nous nous trouvons tous, dans cette merveilleuse conjonction des interdépendances et des conditions terrestres, où les oiseaux nous regardent encore, en se demandant : que feront-ils maintenant ? Seront-ils fous ou sages à présent ?

- L’humanité n’est pas frappée de folie : elle ne se retrouvera pas un jour sur une planète bouillante, où les merveilleuses conditions initiales auraient disparu en raison de spéculateurs sans savoir ni charme qui auraient voulu s’acheter trois milliards de cravates en soie, qui, de toutes façons, ne les rendent pas plus beaux ni plus attrayants, en vertu du manque de qualité de leurs actions et du caractère financier monocorde de leurs esprits.

Dans un monde de combat féroce, qui fait l’ange disparaît et son corps s’en va flotter, inconnu et doux, sur les rivières de l’oubli et de l’invisibilité. Mais qui fait le féroce ne mérite pas le statut d’être humain, ne mérite pas le sourire.

Le parfum de l’humanisme est de prendre au sérieux toutes ces questions, de mettre sa participation.

Aujourd’hui, au lieu d’aller s’acheter un parfum à 50 euros, se rappeler que 50 euros, c’est souvent le salaire mensuel dans de nombreux pays. S'il faut choisir, aujourd’hui, ne pas acheter de parfum... Donner les 50 euros à quelqu’un. Acheter le disque de Youssou N’Dour, qui organise des œuvres sociales au Sénégal. Donner à une association de bonne réputation. Développer l’amitié des peuples, au-delà des différences. Aujourd’hui, se parfumer d’humanisme et de multiculturalisme… Ne pas agir en ange, mais agir en douceur…

…Lorsqu’un corps constitué existe, il possède ses organes de régulation. La vie est un équilibre précis. Il y a les ressources, il y a l’intérieur, il y a les relations d’interdépendance, et il y a les conditions. C’est cela qui est, en premier, précieux.

*

De Moussa Diop, en direct de Dakar, Sénégal

Salut ma chère Claire,

Je suis vraiment ravi de cet article très important «  Les tartuffes de la faim ». J'ai lu les commentaires qui sont divers. J'ai vu que des gens condamnent la politique des USA et de l'Occident, d'autres critiquent la politique de développement de l'Afrique en faisant allusion au développement de pays comme la Chine et l'Inde qui étaient des pays pauvres. Pour d'autres il y a aussi la responsabilité des grandes institutions mondiale telles que la FMI et la Banque mondiale.

Je critique la politique de développement de l'Afrique qui est sous l'influence de l'Occident et des USA. Nous avons l'indépendance mais pas la liberté politique car la politique de développement de nos dirigeants est dictée par les puissants pays qui continuent à nous exploiter sur le plan agricole et économique avec des coopérations inéquitables au détriment de l'Afrique.

L'Afrique aussi est responsable de cette crise avec des guerres qui ont causé des famines, des milliers de morts, surtout de jeunes qui doivent être la main d'œuvre de tout pays. Il y a aussi la mauvaise exploitation de nos ressources naturelles au profit des pays développés. En effet toutes les exploitations sont dirigés par des occidentaux ou des américains où 70% ou plus leur appartiennent. Pour le reste de l'Afrique, elle est mal gérée et les richesses en sont mal réparties car le peuple n'en bénéficie pas. C'est pourquoi les riches deviennent de plus en plus riches.

On est pauvre économiquement mais riche culturellement. Alors je t'envoie quelques sons d'un autre grand musicien sénégalais il s'appelle Omar péne.

Moussa Diop

 *

EXPLICATIONS PAR MOUSSA DIOP, suite (28/4/8)

"L'agriculture en Afrique n'est pas si développée parce qu'il n'y a pas la maîtrise de l'eau. En effet dans beaucoup de villages les gens n'ont pas même de l'eau potable à boire. C'est l'eau qui pose le problème pour développer l'agriculture. Cette dernière n'est pas moderne comme celle des européens ou des USA.

Les grandes firmes agricoles exportent la majeure partie de leurs produits agricoles vers l'europe ou les usa considérant le marché africain pas rentable pour leurs produits. Les grands firmes agricoles sont gérées par des européens. Et ils ne peuvent pas nous imposer leur prix qui n'est pas à la portée de beaucoup d'africains alors ils préférent les exporter.

L'afrique a un potentiel agricole trés énorme mais mal exploité. En fait l'Afrique pourrait devenir le grenier de l'humanité.

En somme maitrisons l'eau et modernisons pour développer l'agriculture."

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Le site de Moussa Diop, Dakar, Sénégal

http://moussa7401.skyrock.com/

Le site qui présente une partie de ma correspondance en 2007 avec Moussa Diop

http://dakarparis.afrikblog.com/

Le débat sur les émeutes de la faim sur France 3, émission du 17 avril (après le premier quart d'heure sur les OGM)

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/index-fr.php?page=emi...

*

 

Circée : "Allons, cessez maintenant de pleurer !... Oh je connais tous les malheurs que vous avez subi, sur la mer aux poissons ou, par la cruauté des hommes, sur la côte ! Mais prenez de ces plats et buvez de ce vin, afin de retrouver en vous le même coeur que celui que vous aviez, autrefois, et qui vous a fait quitter votre sol natal, votre rocher d'Ithaque. Vous êtes sans élan et l'âme anéantie, vous rappelant sans cesse vos aventures sans joie, à force de souffrir !"

Elle parla ainsi et nos coeurs se dépêchèrent de lui obéir.

 

HOMERE, Odyssée

10.04.2008

Lumières, repères, lumières...

1651950896.jpgCARNET DE VOYAGE, extrait

Ile de Naxos, Cyclades - Août 2005

(Je te parle des vagues de la mer)

«L’avais-je lu dans quelque livre ou sur les vagues de la mer ?... »

Ecoute-les maintenant.

Pour toi, je les capte. C’est l’apologie du scintillement. C’est la parole des vagues.

Le sable, la lumière et l’ombre.

Le mouvement, l’intelligence et le rêve.

L’Acropole ?... C’est la lumière sur l’humain ; rien ne l’use et rien ne l’abuse. A l’aimer, on se fait du bien.

 

Ecrit sur la plage

Ocre et blanc, sur la main qui devient brune… et si le rouge rose de mes ongles te rappelle que je t’aime, alors tu m’embrasseras, comme la dernière fois.

Je reprends la suite de l’Histoire, la mélodie des vagues, les criantes Bacchantes aux couleurs bacchanales : Dyonisos du Dedans, la douceur du dehors, et les deux se mêlant. Baisers. Et d’amour et d’aurore.

Zappéion a donné le ton, pour se toucher. Je regardais les lunes passer dans les regards, au son technotronique des olympiques vapeurs. Nuits d’été. Athènes mélancolique, gaiement, où la magie ruisselle, comme juste après le bain, le corps retourne au ciel. Dans les ruelles, vêtements légers, talons bondissant aux escaliers de pierre, mains sur les hanches, regardant les spectacles ou balançant les mots, d’une bouche vers une autre. Lux, lumière. Etats et positions. Et vitesses, oh vitesses.

Ainsi montait la Nuit, dans les scènes magiques. Acropole de mon cœur… Même dans la nuit, le jour, les personnages savants, les robes étourdissantes où les étoiles sont peintes, les bouches remplies de miel. La langue dans l’oreille…

*

Je pense maintenant au triangle de Zappéion : le triangle parfait : paroles, curiosité, sensorialité… J’avais franchi des portes sous la lune passante, par lesquelles oh toujours j’arrivais au rivage. Les colonnades, les limonades, et les parades, de ci de là. La nudité de l’âme. Le vol des hirondelles, qui passent sur la vague : oh légères, si légères que tu ne les tiens pas plus dans ta main que le sable. Tu les admires seulement, tu imagines le son qui vient avec leurs ailes dans l’Unique Unisson de la nature du monde.
Unique…

Et bien sûr, il existe dans l’histoire un professeur pour la Petite Passante où coule le Rayon : qu’elle lise l’Iliade, pour être bien sérieuse. Dans sa bouche, une par une, il lui donne les lettres qu’il lui faudra connaître pour traverser l’amour.

Dyonisos du dedans et douceur du dehors, et les deux mêlant, et d’amour et d’aurore, aux ludiques vapeurs.

Ainsi il l’entraîna aux promenades dallées sous le Marbre des Marbres. Fleur de chair, mots joyeux dans la Rixe, et puis cette balade de la main baladeuse…

Au cœur de mes pensées, sous l’astre des pensées… J’ai pris des photos de l’intérieur de la Vague… Et maintenant, me voici sur le sable, dans cette heure très très douce, où l’orange et le rose ne font plus d’ombre aux mousses ; rochers, où les algues colorent les aimables regards. Phares, phares et phares. Lumières, repères, lumières...

06.04.2008

Croisière initiatique et hellenique, 2003, extrait

 

 

 

 

144672177.jpgDimanche, 11h05, gare de Thessalonique

Moment de libre dans mon emploi du temps. Lipon… (alors…).

Je reprends le fil de mon récit, sur le bateau, en direction de l’île de Tino. Tino… Grande île composée d’une soixantaine de villages. Maisons blanches, dessins de bateau, pots de fleurs et arbrisseaux savamment disposés, poteries, escaliers vers le ciel : à regarder tout cela, je tends encore davantage à penser que les grecs d’aujourd’hui conservent le sens de la géométrie qui ordonnait la création de leurs statues. Et de même leurs temples et autres scènes enlevées, harmonieusement disposées… ainsi que maisons blanches ou poteries au bord de l’eau… L’art était partout en Grèce dans l’antiquité. Serait-il encore aujourd’hui partout, à ceux qui savent regarder ?...

Le débarquement à Tinos eut lieu aux environs de cinq heures du matin. Un archange Gabriel sur la porte d’une église me rappela au souvenir de mon grand-père, qui portait ce prénom.

Nuit passée chez un jeune marin… Au petit matin, j’ai trouvé asile territorial dans un café du port. Café frappé, soleil frappant… Pour la première fois depuis le début de mon voyage, je me suis arrêtée deux jours de suite au même endroit. Après le marin, la pension de famille, calme, aérée, propre, où l’ambiance bon enfant m’a permis de récupérer quelques forces, dans la petite chambre blanche au dessus de la rue principale, bordée de magasins de colliers, komboloïs, icônes et autres objets pourvoyeurs d’enjolivements existentiels. Le second jour, j’ai profité doucement de la plage, après avoir bien baigné mes yeux dans les bateaux, grands et petits.

L’ambiance, sur cette île, quoiqu’assez familiale, réserve son lot de griseries. Evidemment, une faune de jeunes loups de mer et autres dauphins humains se signale toujours sur les côtes. On y voit aussi de nombreux couples et des familles. Arbres sous le vent, plages longues et naturelles, cocktails sur le port où les réverbères saluent les reflets changeants de la lumière sur l’eau, décontraction simple et douce.

Au deuxième matin, j’ai vu une tempête de sable sur la plage. Comme d’habitude, j’ai trouvé un refuge paisible dans un café du port « le dauphin », dont j’avais fait mon point de repère. Totalement pleine de sable, d’eau de mer et de vent, je ressentis ce moment avec une plénitude totale.

 

Train Thessalonique-Athènes

Dans le train

Orange à l’intérieur

La fumée bleue grise de ma cigarette

Monte vers la fenêtre.

Tandis que, sur mon ventre,

Je sens les gouttes d’eau descendre,

Lentement, une à une.

Ici parlent des adolescents,

Une vieille femme s’aère avec un éventail.

J’entends une voix

Est-ce celle du contrôleur

Qui expliquerait pourquoi le train s’est soudainement arrêté

Au milieu des campagnes

Par une chaleur pareille ?

Bonheur, il semblerait que nous repartions…

Quelques bruits mats et sourds sous mes pieds

Et lentement les arbres du paysage se remettent à bouger.

La femme à l’éventail fait un sourire édenté

Et se signe de la croix

En riant.

   

Gare du Péloponnèse, Athènes

J’attends le train pour Patras.

Un homme arrose les plantes,

Avec un tuyau d’arrosage.

Tout à l’heure, ils parlaient dans ce café,

De la chaleur.

Il est 21h50 au café de la gare du Péloponnèse.

Je porte au poignet

Deux bracelets de coquillage.

En face de moi, un taxi jaune

Devant lequel deux hommes discutent.

A combien de personnes peut-on penser à la fois

Sans les abîmer ?...

Bain de pétales,

Langues enlacées…

    

Mardi, à Patras

Je fais une petite liste de mots grecs modernes ressemblant aux mots français, qui en sont issus. Ceux qui me viennent à l’esprit, aujourd’hui : physis : nature ; soma : corps ; erotas : amour ; kardia : cœur ; paidi : enfant ; psichi : esprit ; logos : raison, langage. Et bien sûr, démocratie, dimo (peuple) kratias (pouvoir).

 

Mercredi, Patras

Grandis, enfant, grandis

Progressivement,

Tout doucement ;

Ta pirogue étoilée

Te porte encore aux champs

Que le ciel a plantés.

Grandis, enfant, grandis

Tout doucement…

*

La mer cogne, doucement

Contre les rochers,

Tout à l’heure, j’ai vu dans l’eau

Bondir de grands poissons.

Sur la mer bleue,

Une bouée rouge

Donne un repère aux nageurs

Et au loin, un bateau blanc

Parle des rêves que tous nous avons transportés.

Au dessus des collines

Quelques petits nuages

Choses roses dans le ciel bleu

Ne donnent pas les dimensions du ciel

Car le ciel n’a pas de dimensions.

*

Hier soir ici, à Patras, un grec avec qui j’ai bavardé, m’a dit que le dieu des chrétiens croyait en réalité à Zeus, et aux douze dieux de l’Olympe –d’où les douze disciples-, et qu’il s’appelait Jason, et non Jésus.

Parfois il me disait « Nous les grecs, nous sommes comme ça, nous volons dans les nuages ».

Je trouve de la joie à être aventurière.

Lorsque je tourne la tête pour dormir,

Le ciel et les collines tournent avec moi.

*

Ecrire cinq phrases, écrire trois mots

Comme Marley the Bobo

Comme Marley the Bobo

Oh comme Marley the Bobo…

En voyant passer les bateaux

J’aspire mon café

En voyant passer les bateaux

Comme Bob et ses fleurs de Marley

Comme Bob et ses fleurs d’oranger.

   

Mercredi soir, Patras

Place de la paix du monde

The flash !

The light !

The man !

The stranger !

She told him :

- Oh, but you’re the sun !

He smiled :

- I see, he told, that you're the sea...

Cela s’appelle une insolation.

Cela donne plein de frissons.

    

Vendredi, dans les fauteuils du bateau

Entre Patras (Grèce) et Brindisi (Italie)

Un rayon de soleil, large, doré, et vert

S’étend sur la Méditerranée du matin.

J’ai encore, dans la bouche, le goût délicieux d’un gâteau grec, aux noisettes, poisseux et léger, tendre et craquant, une vraie merveille de filaments et de rêves, de pensées…

Après une nuit fraîche, je me frotte contre la chaleur diffuse de l’astre, et prends mes propres règles, mes préférences.

Après avoir eu froid, comme il est bon de se réchauffer…

Puis tenir en équilibre dans la tiédeur,

Les yeux vaguement éblouis

Et de faire le point

De marcher sur des chemins.

Voyage, voyagé, voyager…

Dehors, un papillon volète contre les grandes vitres. Au loin, un bateau blanc voyage, suit son chemin.

Et ici ce rayon.

Je pense

L’avenir au présent.

Autour des tables, les murmures humains se rassemblent, autour des verres, en langues étrangères. C’est aussi cela, la beauté du monde moderne : cette paix, qui pourrait bien nous étonner.

03.04.2008

Ecrire sur Priah

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Lorsque Priah, mon ami indien, est venu me voir pour la première fois, devant son sourire radieux, j'alternai un mélange de sourire et de réserve... Priah était très charmant. Son sourire débordait ; il était vaste, posé, joueur... Il souriait sans cesse...

-I like when you smile, m'a-t-il dit, quelque chose dans ce style.

- I don't want to always smile, lui ai-je répondu.

- Why ?..

- Because... I don't know... I...

- You can always smile.

- I don't know. Forget it.

Je l'avais rencontré sur Internet : un ingénieur indien, plus jeune que moi d'une presque dizaine d'années... Son nom touchait à la perfecion : il signifiait Charmant Saint, en Indien. Plus exactement, il m'avait dit, à propos de son prénom :

-Priah, it means something that everybody likes. Like flowers...

J'en ai déduit qu'il s'appelait Charmant. Sur Internet, nous avions parlé un peu. Il avait tenté de me faire rougir en évoquant le Kamasutra, m'a-t-il dit, que les Indiens connaissent bien... J'étais là, à l'ordinateur... Parfois un peu mélancolique... Comme je lui disais des critiques concernant le monde (le monde !...), il m'a répondu :

- So, you don't like me.

- Yes I like  you...

Nous avions aussi évoqué quelques sujets philosophiques à ma manière, comme l'idée que la masse s'oppose à la vitesse. Il avait contré cette hypothèse, mais... Cela sera à revoir une autre fois.

Voià Priah qui arrive chez moi la première fois. Il m'avait demandé de m'habiller agréablement. J'étais donc vêtue de légers et courts vêtements. Dehors la lune brillait... Des posters de la Joconde ornaient la rue, en raison de pubs pour le livre du pauvre Dan Brown... J'aimais cette atmosphère mythique et innovante. Je savais bien qu'il venait pour me connaître de près. Mais tout était possible. Je n'avais encore jamais parlé avec un Indien.

*

22:59 - msa0206 - you are cute

22:59 - Yes, my prince.

22:59 - msa0206 - and sweet

22:59 - I don't know.

23:00 - msa0206 - i will  teste you and tell

23:00 - msa0206 - if you are sweet or bitter

23:00 - To who ?

23:00 - msa0206 - you

23:00 - Yes.

23:00 - But...

23:01 - I listened an emission really interesting about internet and research.

23:01 - msa0206 - but what d ear

23:01 - They told research is very faster now because of immediate publications.

23:01 - What what ?

23:01 - Sweet heart.

23:01 - msa0206 - might be true

23:01 - msa0206 - yes darling

23:02 - Yes, I think.

23:02 - msa0206 - but it is true

23:02 - ok, slowly.

23:02 - msa0206 - i have read a book

23:02 - I'll understand new things.

23:02 - Yes ?

23:02 - msa0206 - alvin tofler

23:02 - msa0206 - i guess

23:02 - What it is about ?

23:02 - msa0206 - the name of book is

23:03 - Yes ?

23:03 - msa0206 - future shock

23:03 - Yes ?

23:03 - What is it about ?

23:04 - msa0206 - he talk about how the future will shape up

23:04 - I'll understand new ways of being.

23:04 - On what them ?

23:04 - msa0206 - he talks

23:05 - Yes.

23:05 - msa0206 - how the future compnies will be

23:05 - economics ?

23:05 - msa0206 - how the life of people will be in 2080

23:05 - msa0206 - yes he talk about everything

23:05 - ok; I'll see on the net.

23:05 - msa0206 - economics , research , people ,life

23:06 - msa0206 - ok

23:06 - ok.

23:06 - msa0206 - it is very interesting

23:06 - ok, I'll see.

23:06 - msa0206 - fine dear

23:07 - And I want to look to the book about Tao.

23:07 - msa0206 - yes

23:07 - We'll talk again about it, may be.

23:07 - msa0206 - two books are there

23:07 - msa0206 - ok fine

23:07 - If the shock of the future is good for us.

23:07 - ok. But I don't read english.

23:08 - msa0206 - no it is not good

23:08 - What ?

23:08 - msa0206 - we have to prepare for future

23:08 - Yes.

23:08 - msa0206 - if we will not prepare we will have shocks

23:08 - I prepare for friday.

23:08 - Yes.

23:08 - msa0206 - what

23:09 - Joking

23:09 - msa0206 - what you wil prepare dear

23:09 - About the future.

23:09 - Of friday.

23:09 - msa0206 - ok

23:09 - msa0206 - be prepare for all the shocks

23:09 - I do.

*

La visite de Priah était la deuxième... Le premier jour, il n'avait pas réussi à me localiser, s'était trompé de paté d'immeubles et avait jeté son bouquet de fleurs dans la rue de dépit. Il m'avait téléphoné. En courant, avec cette petite jupe que je porte peu à l'extérieur, j'avais bondi telle une jeune panthère jusqu'au café où il me disait m'attendre. J'avais cavalcadé intensément dans la rue. Je ne l'avais pas vu, pas trouvé. Ciel était-il possible qu'une Claire Delhomme rencontre un jour un Charmant Saint... L'enjeu me paraissait si fébrile, si fragile, si bon, que je tremblais qu'on ne se rencontre pas.

Plus tard, il m'a demandé d'écrire cette rencontre.

Le deuxième jour, il a réussi à trouver ma porte, cette porte derrière laquelle se tient ma réalité personnelle. Priah était orné. Il a sonné. Il est arrivé. Il est entré, il s'est assis sur mon canapé, il m'a regardée. Priah avait une belle tête, une belle tête d'Indien. Il souriait tout le temps.

- Why don't you want to always smile ?...

*

Autour du cou, il portait un collier, une sorte de ficelle avec un pendentif, lequel contenait une photo, celle d'un homme de sa famille, officiellement qualifié de saint. Il ne l'ôtait pas, même pas pour faire l'amour. Lorsque je lui ai demandé : what is a saint ? Il m'a parlé des télévisions qui filmaient cet homme, de sa docte science sur le fait religieux, sa capacité de parler de "dieu"... Puis, pour me mettre à l'aise, il a lu les lignes de ma main. Il m'a dit : - Tu vois, ici, on voit que des gens t'aident. Moi, m'a-t-il dit en me montrant sa propre main, je n'ai pas ce soutien.

Puis il m'a dit qu'il ne savait pas lire les lignes de la main.

Nous avons joué à de multiples petits jeux de ce style qu'il inventait au fur et à mesure avec une joie parfaite. Il m'a expliqué comment, en Inde, la religion est partout, la nature est dieu, et tout aspect de la nature est divin. Ainsi, m'a-t-il dit, des hommes qui considèrent qu'un arbre est un dieu vont le planter souvent.

De mon côté, je lui fis remarquer que "prier" vient souvent avec le manque, et que j'avais précisément remarqué que, en Inde, le climat est très incertain. Un bon contexte pour prier beaucoup... Il n'a pas dit non. Il a dit que, prier c'est espérer, très certainement... Puis, comme il s'étonnait lorsque je lui dis deux mots de mes mauvaises relations avec ma famille, je lui dis encore : souvent, ce sont ceux qui n'ont pas vraiment de famille qui créent de nouveaux univers, de nouvelles pensées, idées, philosophies... Il a trouvé l'idée intéressante.

Un peu plus tard dans la nuit, après les échanges amoureux, nous nous sommes assis pour discuter, dans la demi-pénombre, nus, sur la moquette. Nous avons encore parlé d'Inde, du très joli film "Indian family", de science, écouté Dire Straits, souri.

Priah venait d'une famille pauvre de la campagne indienne. A l'âge de 13 ans, ses parents l'avaient envoyé étudier dans une ville lointaine.  Il était fils unique. Son père était instituteur. Ensuite, il poursuivit ses études en Angleterre, puis commença à travailler. Il travaillait sur les logiciels bancaires. D'abord en Angleterre et en France, puis, par la suite, en Afrique du Sud et en Inde. Aux dernières nouvelles, il est aux Etats-Unis. Ses parents devaient lui choisir une femme, selon la tradition, une indienne...

Lui et moi nous avions parlé de cette passion de la lecture, l'entrain qui fait traverser les nuits, pages à la main, la passion de savoir, l'amour des livres... Ces petits récits que nous nous étions fait de nos lectures secrètes d'enfants avaient plus fait pour nous rapprocher que l'évocation du Kamasutra... Autant que le Kamasutra...

*

20:37 - Hi, I'm here.

20:38 - msa0206 - hi

20:38 - msa0206 - i am just happy to see you

20:38 - Yes.

20:38 - Me too.

20:38 - msa0206 - i smile when i saw uour message

20:38 - Which one ?

20:38 - msa0206 - hi i m here

20:38 - I like you to smile.

20:38 - Yes.

20:39 - msa0206 - ok

20:40 - OK.

20:40 - msa0206 - how was your day

20:40 - msa0206 - if you are with me i will smile dear

20:40 - Good enough. Were you schoked by what I wrote ?

20:40 - msa0206 - no

20:41 - Ok.

20:41 - msa0206 - how was your day

20:41 - But you said something like that on gmail. My days was a cool day. And your ?

20:41 - msa0206 - my hot days

20:42 - Hot ?

20:42 - msa0206 - yes

20:42 - msa0206 - because i was thinking about you

*

.... à suivre...

1159440131.jpgLorsque j’ai parlé avec Priah de la signification d’être « saint », moi qui ne suis pas croyante, il m’a dit qu’il n’aime pas faire le mal, mais que, si on l’attaque, il se doit de répondre. Il m’a dit aussi qu’il souhaite faire quelque chose de bon, pour que les gens se rappellent de lui en bien. Ainsi, son projet était de créer en Inde une école pour les enfants pauvres. Il souhaitait qu’un jour, en tant qu’écrivain, je vienne y faire quelque déclamation… Charmant Priah…

De la même façon, il avait de la tendresse pour Bill Gates, « William Ponts », pour sa fondation et ses bonnes actions. Admettons… Moi aussi, lui disais-je, j’aime Bill Gates et son intelligence. L’ordinateur, internet, sont des siècles des lumières à leur façon : des invitations à l’universel possible. D’un point de vue pratique, ma période de relations intenses avec Priah correspondit à la période durant laquelle l’industriel indien Lachmi Mittal acheta une des grandes entreprises françaises de métallurgie, Arcelor, durant le premier semestre 2006.

Moi, en tant que française, et voyant le développement de la concurrence indienne, en particulier en termes informatiques, je lui dis que j’avais ma préférence pour la France, lui excepté... Priah était travailleur, brillant, obstiné. J’étais heureuse pour lui d’un si joli destin : cet enfant indien, né pauvre, qui, petit, avait tout juste de quoi manger, et qui se retrouvait, par la vertu de l’éducation, à réparer des logiciels les plus complexes, dans tous les pays du monde, radieux, bien pourvu, bien considéré...  J’étais heureuse de son bonheur… Toutefois, excepté lui, mon vœu de réussite s’appliquait préférentiellement aux ingénieurs français… héritiers d’une longue tradition d’études et d’innovations…Car, je devais penser à la sainteté, à la perfection morale ; et je devais penser à mon pays aussi…

Nous avons le droit d’être des anges, et la nécessité d’être efficaces aussi... Trouver un équilibre entre la force et la douceur, tu ne trouveras jamais de meilleure dialectique

20:47 - Did you listen music ?

20:47 - msa0206 - yes

20:47 - What music ?

20:47 - msa0206 - rock

20:47 - What rock ?

20:47 - msa0206 - pink floyd

20:47 - Yes ? What disk ?

20:47 - msa0206 - floyd

20:48 - msa0206 - animals

20:48 - msa0206 - thr division bells

20:48 - msa0206 - the

20:48 - Yes, I may know.

20:48 - msa0206 - earth mother

20:48 - It's very beautiful music.

20:48 - msa0206 - yes

20:49 - But a little bit sad sometimes, isnt'it ?

20:49 - msa0206 - sometimes i take wine and play pink floyd

20:49 - Yes ? You play ?

20:49 - msa0206 - and just sit in bathtub

20:49 - msa0206 - listen

20:50 - msa0206 - no

20:50 - Very beautiful image.

20:50 - msa0206 - oh

20:50 - msa0206 - me in bathtub

20:50 - With wine and pink floyd.

20:50 - Only.

20:50 - msa0206 - ok

20:51 - msa0206 - we both can be

20:51 - msa0206 - someday

20:51 - Maybe.

Lorsqu’il partit travailler en Inde, il m’envoya des photos de la fête des couleurs. En Inde, il s’agit d’une fête de célébration des couleurs. Chacun dispose de couleurs dont il se peinturlure, ainsi que ses voisins. Sur les photos envoyées par Priah, l’Inde semblait ainsi une terre de gaieté, d’égalité des sexes, et de célébration vivante.

21:36 - Indian religion is so strange.

21:37 - msa0206 - why

21:37 - There are a lot of gods, very complicated names.

21:37 - msa0206 - yes

21:37 - Good gods, bad gods, a lot of imagination.

21:37 - msa0206 – 1 400 0000 gods

21:37 - yes ?

21:37 - msa0206 - are there in india

21:37 - Nobody can't count so much.

21:37 - msa0206 - yes its true

Après quelques jours de fréquentation, durant lesquels nous fîmes vibrer la lumière orangée de mon appartement et les parfums montés entre nous, il avait du repartir en Angleterre, puis en Afrique du Sud. De là, il regagna l’Inde... Durant plusieurs mois, je lui écrivis, le soutins et le suivis dans ses pérégrinations mondiales. Ainsi, sans même bouger de mon appartement où j’expertisai l’intérieur de mon âme et l’extérieur de mon corps, ou en me baladant simplement à Paris, je traversais la terre entière avec lui... Il semblait qu’il décrivait un cercle autour de moi… Et chacun de ses messages était l’occasion de ressentir en moi la présence d’une âme douce : Priah !... Le sursaut de la bonté humaine

En Afrique du Sud, je lui envoyai des photos mêlant le noir et le blanc… Plus tard, lorsque je me trouvai pour un voyage à Haiti, je reçus de ses nouvelles sur ma boite mail, que je lus, d’une école où je me trouvais pour une visite, à Port au Prince. A ce moment, j’étais alors dans une situation si particulière ; cette école, ces petits enfants tout mignons, cette professeur qui m’expliquait leur système d’apprentissage, la visite des classes,… puis lentement, la tension était montée… Tous ces gens me regardant comme une extraterrestre, parce que j'étais blanche… Mais ces petits étaient mignons et gentils… Et cette culture était en lutte avec la mienne… Non, oui, oublie, recommence, pardonne, je suis française, c’est notre faute, votre faute, leur faute, notre savoir, votre ignorance, notre ignorance…  Non… Pas moi… Je suis venue, je l’ai aimé, je suis française, oui… Napoléon a rétabli l’esclavage là-bas, créé le conseil d’état en France… Non… Plus de lutte ! Cessez ! Leur folie… Celle de la France...  Haïti : un des pays les plus pauvres du monde, habité par des Africains déportés par les Européens… Comment dire… Personne ne sait le décoder...

Par bonheur, j'avais vu Alpha Blondy à Haiti, place du Champ de Mars... Des amis avant mon départ m'avaient conseillée, comme Joseph du Cameroun, et d'autres... Oui… Et Priah, dont je lus le message sur ma boite mail dans cette école, dans cette situation insensée, Priah me rendit le sourire. Ils n’étaient pas méchants, je le savais ! ... Mais quelle injustice leur avait été faite ?... Quelle justice ?.... Qui pouvait regarder, avec les yeux grand ouverts, la réalité de la planète, dans toute son histoire, et dans tout son espace ?...

22:41 - msa0206 - what you buy today from market

22:41 - I feel songs influences the mood.

22:42 - msa0206 - might be

22:42 - No, I didn't went to market, I went for cigarette and macdo.

22:42 - msa0206 - ok

22:42 - Now, I'm listening, Dire Straits.

22:42 - Very cool.

22:42 - msa0206 - fine

22:42 - Private investigations.

22:42 - msa0206 - yes

22:42 - Sweet and mysterious song.

22:43 - Flying song,

22:43 - msa0206 - you are poetic

22:43 - Intimate.

22:43 - What do you think about that notion "poétic" ?

22:43 - msa0206 - i feel sometime i am talking with writer

22:43 - msa0206 - like poems

22:44 - I write really different ways, depens on my mood.

22:44 - What do you think about that notion ?

22:44 - Poetic ?

22:44 - msa0206 - i dont know baby

22:44 - ok.

22:44 - msa0206 - like poems

22:44 - I mean, do you like it, do you use it ?

22:45 - msa0206 - no

22:45 - msa0206 - i am

22:45 - You are ?

22:45 - msa0206 - flat

22:45 - I don't know this word.

22:45 - msa0206 - i am not poitic

22:46 - I don't know.

22:46 - msa0206 - ok

22:46 - I feel you are although.

22:46 - But I don't know you very very well.

22:46 - msa0206 - i am more materialistic

22:46 - ok.

22:46 - msa0206 - i am more practicle

22:47 - But by example listening Pink Floyd, with wine in shower should be considered by great specialists like poetic.

22:47 - But I understand what you say.

22:47 - msa0206 - ok

Plus tard, lorsque Priah était en Angleterre, il me téléphona, et, au cours de la discussion, il me demanda si, à mon avis, il était correctement payé pour le travail qu’il effectuait. Quoiqu’il existe des ingénieurs dans ma famille, je l’ignorai et lui conseillai de se renseigner sur internet. Plus tard, lorsqu’il critiqua les manifestations contre le CPE, comme si les français étaient désordonnés et sauvages de s’adonner à des manifestations dans la rue et contestations de la loi, je lui dis :

*

Tu vois Priah, tu m’as demandé si ton salaire est bon. Et tu vois, les gens qui ont manifesté dans la rue, ont manifesté pour le respect des gens qui travaillent. Qui ne veulent pas de mauvais contrats. Toi, tu ne veux pas de mauvais salaire. Eux, ils ne veulent pas de mauvais contrats. C’est la même chose. Ils se sont battus pour le respect des gens qui travaillent…

Priah a bien compris. Priah, par mail, est resté mon ami. Finalement, il a trouvé du travail aux Etats-Unis, à New-York, où il avait toujours rêvé d’aller. Basée sur quelques jours, quelques semaines de fréquentations charmées, notre relation possédait sa solidité. Il m’avait écrit d’Inde. Je l’avais convaincu de lire Shakespeare, ce qu’il fit, et il apprécia. J’avais écrit des poèmes emphatiques à son propos…

17:06 - Hi.

17:06 - Still flying in a fly song

17:06 - A song, a story of fly.

17:07 - They say birds named "condor"

17:07 - Are three meter large

17:07 - And I'm still in that song

17:07 - When travelling on one.

17:07 - Musical one.

17:08 - May be a novel of love

17:08 - May be the love of being some kind of novel.

17:08 - Who is God ? I want to ask him the truth

17:08 - About everything.

17:09 - You know what wrote the german philosoph Nietzsche ?

17:09 - I can only believe to one god who knows to dance.

17:10 - msa0206 - hi

17:10 - Hi.

17:10 - Are you fine ?

17:11 - Are you busy ?

17:12 - It's easier to play games

17:12 - Than to be true.

17:12 - It's easier not to believe

17:12 - Than to believe.

17:12 - In something.

17:12 - In someone.

17:12 - In ouselves.

17:12 - Like real persons.