23.01.2009
Suspension temporaire du Temps
En raison (raison, avoir raison ; la raison du plus vrai étant toujours un bonheur, nous l’allons dé-montrer tout à l’heure ; la raison a ses raisons, qu’on appelle un pluriel ; raison et passion étant les deux mamelles de ma nation ; raison en décembre, pacques aux passions ; celui qui salue la raison est-il raisonnable et celui qui ne la salue pas, lamentable ? Et que se passerait-il si la raison passait à table ?...)
de modifications techniques (de techné, art, en grec),
ce morceau d’électricité suspendu porteur d’informations effleurant vos neurones, enrichissant vos questions (il faut le souhaiter), ce blog
ne sera pas mis à jour (ce qui ne signifie pas pour autant qu’il sera mis à nuit – quand à être mis à nu, c’est une autre question, non légale, mais philosophiquement raisonnable)
à priori (expression d’un doute qui n’a rien de pascalien)
avant le début de Pluviose 2009.
On vous fait savoir aussi qu’on attend le printemps avec impatience.
Nb : extrait du calendrier révolutionnaire, dont les noms furent conçus par le poète Fabre d'Églantine avec l'aide d'André Thouin, jardinier du Jardin des Plantes du Muséum National d'Histoire Naturelle (source wiki).
Perce-neige 23 janvier
Taureau 24 janvier
Laurier tin 25 janvier
Amadouvier 26 janvier
Mézéréon 27 janvier
Peuplier 28 janvier
Coignée 29 janvier
Ellébore 30 janvier
Brocoli 31 janvier
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15.01.2009
Quelques proverbes au sujet du chat
Je présente la version française, telle qu’envoyée par moi à Moussa Diop, au Sénégal.
Je présente ensuite quelques proverbes africains sur le même sujet qu’il m’a envoyés à son tour. Je conseille à tout le monde de les méditer. Il est en effet assez fascinant de voir comment une autre culture analyse la nature, pour en extraire quelques sentences qui résument des milliards d'observations et de pensées, filtrées par les générations. Qu'en est-il des proverbes africains sur le chat, à votre avis ?... Expriment-ils un goût pour la constance, la conservation ? Quelles sont leurs valeurs principales ? L'arôme est-il un dieu en Afrique ? Quel genre d'attention pour la nature manifestent-ils ? A vous de voir...
Quelques proverbes français
A bon chat, bon rat
Appeler un chat un chat
Avoir un chat dans la gorge
Chat échaudé craint l'eau froide
Il n'y a pas de quoi fouetter un chat,
La nuit, tous les chats sont gris
Le chat parti, les souris dansent
Les chiens ne font pas des chats
Donner sa langue au chat
Quelques proverbes africains
Le monde aura beau changer, les chats ne pondront pas.
Quand le chat est gardien de l'arôme les souris meurent dans les grottes
Ce n'est pas parce que le lion a maigri que tu vas le prendre pour un chat
Quand la souris nargue le chat c'est que son trou n'est pas loin.
En direct de
Dakar, Sénégal
nb : le blog de Moussa Diop :
http://moussa7401.skyrock.com/





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13.01.2009
Me and The Medias, Aujourd'hui

Vu le temps que je consacre aux journaux ces temps-ci, je ressens l’envie d’en peindre quelques lignes (bébé chat, s’il te plait, apporte moi de l’encre de chine).
Née en ville (région parisienne, Evry, Mennecy, Bretigny, puis Vénissieux dans la région lyonnaise), je grandis par la suite dans une maison à la campagne, où mon père, ingénieur en informatique (qui m’a d’ailleurs donné beaucoup de son goût de la logique, et le modèle de la bonne réflexion fait en partie référence à la structure des programmes informatiques, que je découvris toute enfant, et dont l’essentiel, pour moi, est la cohérence globale, et l’interconnectivité des messages. Aujourd’hui, bien que je ne parle plus à mon père qui est à mes yeux un personnage brutal, j’ai gardé un bloc-notes « sun microsystem » qu’il m’a donné quand j’étais à science-po).
A la campagne, mis à part les cabanes dans les arbres qui permettent de s’informer sur le caractère leste ou non des garçons du voisinage (en fait, j’avais installé une cabane dans un arbre très haut et très difficile à grimper), l’information me vient surtout des livres à ce moment-là. Au début, mes parents n’avaient pas voulu prendre une tv, puis celle-ci s’installa accompagnée d’une foultitude de chaînes internationales. Mais bref. L’information me venait des livres, et de France-Inter. Dans la cuisine, la radio, un petit poste était fixé sur cette chaîne, et je ne crois pas que cet appareil en connut jamais d'autre.
France-Inter est déjà un média. France-Inter parlait tout le temps, qu’on l’écoute ou qu’on ne l’écoute pas. Pour moi, cette radio a bien constitué une sorte de repère, qui, dans les jours de tempête familiale ou intérieure, conservait sa constance de raison, gaieté et intelligence, nécessaires à toute vie humaine ; repére qui m’a valu quelques années plus tard, lorsque j’étais à science-po, un stage dans cette radio et un entretien gratuit avec Pierre Bouteiller qui me félicita pour les courriers spirituels que je lui avais audacieusement envoyés.
Petite fille, je fus abonnée à la presse enfantine, qui constitua aussi un moyen d’accès à la réalité. J’aime lire d’abord était une revue que j’adorais, et je fus également enchantée, quelques années plus tard, travaillant au bureau des bibliothèques de la ville de Paris, de croiser, dans un conseil d’administration, la créatrice de ce journal. Je le recevais tous les mois avec beaucoup de joie. Puis il y eut Astrapi, Okapi et quelques autres peut-être (aussi difficile de se rappeler de toutes les revues lues que de faire la liste complète de ses amants passés).
C’est vers l’âge de 16 ans que je fis ma première rencontre de la presse, représentée alors par un livre que ma mère m’avait offert : Le Monde au jour le jour. C’était un objet énorme, rassemblant des articles de presse du journal, depuis 1945 il me semble. Quoiqu’il en soit, je le feuilletais, le lisais de ci de là. J’avais beaucoup aimé ce livre, qui me rendit d’ailleurs service aux épreuves d’histoire du baccalauréat (il me semble au sujet de Mendès-France).
Dans la famille, depuis mon plus jeune âge, j’étais caractérisée comme étant « celle qui lit ». Ma maîtresse du CE1 avait d’ailleurs dit de moi à ma mère « Claire, la petite fille qui lisait tout le temps », et je snobais souvent mes petits frère et sœurs (d’un nombre total de quatre), affalés et agglutinés dans le salon devant le poste de télévision. Mon frère, le seul qui à mes yeux était doté d’un cerveau, m’avait fait une fois une remarque amusante : il regardait des feuilletons minables américains pour avoir des repères, m’avait-il dit…
Jusqu’à mon entrée à science-po, je ne lisais donc pas les journaux, et d’ailleurs, je ne les lus pas durant mes études non plus. J’avais alors le sentiment que les journaux étaient remplis de mauvaises nouvelles et cela ne m’intéressait pas. Autant l’écriture noire des livres traçait des lignes sublimes qui m’emportaient impérieusement, autant l’écriture noire des journaux me paraissait d’emblée sombre, sans lumière, chaotique, échos d’un monde en plein dysfonctionnement, en totale absurdité, et, quoique la lecture des journaux soit fortement recommandée aux étudiants, je fis un black-out total sur ce point, ce qui ne m’empêcha pas d’obtenir mon diplôme dans la moitié supérieure des résultats de l’école (sachant que, par ailleurs, l’amour m’occupant beaucoup, je devais souvent rattraper des cours et la semaine précédant les examens était souvent épique : j’écoutais un certain passage de Bach qui me redonnait du courage, puis j’apprenais tout d’un bloc…) Pour les informations, je restai donc alors scotchée sur France-Inter.
A vrai dire, l’idée de faire science-po était en partie liée dans mon esprit à l’idée d’être journaliste, et de là mon stage à France-Inter. Mais deux faits me détournèrent de ce destin : à science-po, tout le monde voulait être journaliste ; et on m’informa que les journalistes sont bien peu souvent libres de ce qu’ils écrivent : cela ne me plut pas. Ensuite, j’avais dans l’idée essentiellement d’être artiste, grand peintre, grande écrivain. C’est ainsi que je fis mes études avec une certaine gratuité, du moins en terme d’orientation professionnelle, m’adonnant au luxe de la multidirectionnalité des possibles et me passionnant pour le droit constitutionnel, l’histoire de l’Allemagne, la sociologie ou l’histoire des idées. J’aimais beaucoup science-po grenoble, qu’on dit plus orienté vers la recherche que science-po paris, plus lié aux affaires, à la gestion etc.
Ainsi, je fis mes études sans lire la presse. Par la suite, lorsque je décidais d’engager une recherche philosophique à laquelle me consacrer entièrement, je me tins autant que possible pour ce faire à l’écart des discours dominants, pour ne pas être influencée, me disais-je, par des idées un peu intéressantes, mais non totalement pertinentes, comme il y en a beaucoup. Je commençais donc par lire de ci de là, évitant toutes les conclusions péremptoires déjà tirées par mes prédecesseurs dans ces styles de réflexion, et m’adonnais à la recherche la moins ciblée possible, de sorte que l’évidence puisse venir jusqu’à moi. Je savais que les chapelles, qu’elles soient sociologiques ou intellectuelles, sont le pire ennemi de l’intelligence et de la vérité, et enfin, j’avais besoin d’un système de pensée que je puisse juger entièrement valide. Je commençais alors par lire des livres de biologie, de physique, et puis, peu à peu, me resserrais sur mon sujet et orientais mes prémisses vers de nouveaux développements (ce qui fera un jour l’objet d’un livre).
C’est à l’été 2007 que je commençai à m’intéresser à la presse, grâce à internet. En effet, même à science-po, j’avais bien envie de lire les « débats et opinions » du Monde, mais les grandes pages malcommodes à mon goût étaient un autre argument qui m’en avaient d’abord détournée. Avec Internet, je pus enfin commencer à lire les débats et opinions du Monde,et je suis maintenant intellectuellement suffisamment constituée pour pouvoir les aborder.
Je souhaite donner mon sentiment sur les titres en cours, sachant que mon opinion est toujours susceptible d’évoluer… selon les informations dont je dispose. Car, j’écris sur ce blog, et j’écris ces temps-ci également énormément sur les blogs et dans les journaux en ligne. Simplement, je prends un peu de temps avant de tout présenter. Dans un premier temps, j’avais commencé à poster des commentaires pour voir un peu comment cela résonne. Puis maintenant, je rentre dans des dialectiques, je discute, je teste, je fais des choix politiques, je lis, je réfléchis, et internet est d’ailleurs un merveilleux instrument de démocratie comme personne ne l’avait rêvé.
En ce moment, je lis le Monde, je parcours le journal, lis une partie des « débats et opinions ». Les débats et opinions du Monde me font apprécier ce journal. J’aime cette sorte d’agora hautaine, où tous les spécialistes et les personnalités ont à s’exprimer sur ce qui leur tient à cœur. M. Solé me fait sourire la plupart du temps. Dommage par contre que le monde des livres soit si discret, dans la rubrique « pratique », et un peu trop guindé à mon goût. A égalité avec le Monde, je lis le Nouvel Observateur, un peu de tout, et pas mal de commentaires de ma part. J’apprécie ces deux journaux, même si je suis loin d’être toujours d’accord avec eux, et même si je regrette que Le Monde appartienne à Lagardère. Ce sont des pourvoyeurs d’informations… Je lis également Marianne, dont j’apprécie le côté « révélations » et « critiques », même si je m’interroge un peu ces jours-ci sur le paramètre Chaisemartin (actionnaire du journal).
Ce sont, en ce moment, mes lectures principales. Et je le redis : ceci n’est pas une religion ; demain, un article, un changement en ceci ou cela peut me détourner de tel ou tel de ces journaux.
J’aime aussi la diversité d’information, c’est pourquoi je me suis intéressée également à Médiapart, dont j’ai apprécié l’initiative, mais un peu moins le style (pratiques marketing bizarres) et dont j’attends plus. De même pour Rue 89, qui m’a paru très sympathique au départ, mais un de leurs articles sur la Grèce, dont je n’ai pas aimé le contenu, m’en a un peu détournée ; toutefois, j’ai apprécié d’y lire des informations sur le fonds financier us Carlyle, où travaille apparemment un des frères du président actuel ; disons donc que je le lis de temps en temps ; j’aime quand même savoir ce que pensent ces journaux, même si je peux être critique sur tel ou tel aspect.
Le Figaro a un statut intermédiaire ; journal conservateur, je ne suis pas hyper sensible à son style, mais je n’oublie pas que mes grands-parents sont à Versailles, et que j’aime bien ma grand-mère, qui est en vie, et le souvenir de mon grand-père, que je respecte. Aussi je lis un peu le Figaro, non pour leur faire plaisir, mais parce que, tout en étant plutôt de gauche, je sais qu’il est possible d’être conservateur sans être un monstre. Je le feuillette, plus l’an dernier que ces jours-ci ; en fait, j’aime bien leurs pages de mode (les robes de Nicole Kidman ou les tenues de Mme Obama) ; un article peut me plaire de ci de là, mais globalement, je n’y suis pas attachée. J’ai plus tendance à le lire pour savoir ce qu’ils disent… La lecture du Point me donne un peu le même sentiment, mais en moins classique, le Point étant un journal qui possède un je-ne sais quoi de trivial. En bref, je suis actuellement un peu énervée contre ce journal.
Je jette aussi de temps à autre un œil à Backchich. Quant à Libération sous sa forme actuelle, je ne l’aime pas du tout. Est-ce ma prévention au sujet des noms des gens (joffrin = mouchard) qui m’en détourne ?... Je n’accroche pas du tout à cette formule de ce Libé, même si on se réjouit toujours de la variété de la presse, par principe. J’ai également fait partie de ceux qui ont encouragé Siné lors de la création de son journal, ayant trouvé abusifs les reproches qui lui furent adressés, sachant qu’il faut bien qu’un provocateur provoque. J’ai acheté une fois son journal et j’ai bien ri. Il semble que le journal aille bien. Certainement, le Canard Enchainé est-il intéressant aussi ; je penserai à l’acheter un de ces jours.
A tout pouvoir, il faut des contrepouvoirs. A ce titre, j’aime aller focaliser de temps à autre sur Acrimed ou l’Observatoire français des médias. De même, j’apprécie l’initiative d’Agoravox, où des articles souvent intéressants sont en lecture. Il s’agit plus de réflexion sur l’actualité que d’information à proprement parler, mais je trouve l’initiative salutaire.
Autre chose ? Non.
Aujourd’hui par exemple, je me suis intéressée à l’avenir du PS en la personne de son porte-parole Benoît Hamon, à la régulation de la finance sur un blog associé au Monde tenu par un banquier ; j’ai critiqué Albanel sur le blog du Nouvel Obs et souligné le fait que le dieu des juifs et compagnie est censé avoir dit « tu ne tueras pas »… Je me suis engagée dans une analyse critique de l’idée de supprimer les juges d’instruction, analyse non fouillée mais importante sur le blog de Marianne ; ainsi qu’à une critique de Kouchner suite au licenciement d’Ulysse Gosset de France 24 (entre autres).
Des émissions tv sur internet participent aussi à mon information sur le monde. Mais cela sera l’objet d’un autre texte. Pour l’heure, soulignons que, dans la vie réelle, le vendredi 30 janvier, au théâtre du chatelet à Paris, 20 h, six titres (je n’aime pas du tout charlie hebdo actuel, mais je passe là-dessus, au vu de la situation politique), donnent rendez-vous aux citoyens appréciant la liberté des médias ( !...)
L'APPEL DES SIX
Charlie Hebdo, Les Inrockuptibles , Marianne , Mediapart , Le Nouvel Observateur, Rue 89 , avec le soutien de Reporters sans frontières
"Le droit à l'information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu'à la diversité des opinions est une liberté publique fondamentale. C'est un droit des citoyens et non pas un privilège des journalistes: sans information libre, sans une presse indépendante et pluraliste, il ne saurait y avoir d'authentique délibération démocratique.
nb : photo = moi, vers deux ans
nb 2: j'ajoute à ces évocations aussi France culture, que j'ai beaucoup écouté un temps et dont j'apprécie beaucoup certaines émissions; et Radio France, parce que c'est un concept global. J'ajoute aussi Arrêts sur Image, que je regardais à la tv, et dont il peut m'arriver de consulter le site, et, à l'intérieur de Libé, le Libélabo qui m'intéresse parfois. La presse est variée, pouvoirs et contrepouvoirs doivent s'équilibrer pour proposer un vaste choix. Des questions économiques se posent aussi (notamment par rapport à internet), mais je ne pense pas pour ma part que les oeuvres de l'esprit soient des entreprises comme les autres... En bref, travaillant par ailleurs sur divers plans, je n'ai évidemment pas le temps de tout lire et tout écouter, mais je souhaitais déjà poser quelques jalons sur cet aspect important de nos vies : l'information, pour laquelle j'essaye de viser toujours au maximum d'objectivité et de partager mes connaissances.
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06.01.2009
Un film culte
L’attaque
de la Moussaka
Géante Sortie : 1999, Grèce - Durée : 1 h 39 - Réalisateur : Panos Koutras -Acteurs : Yiannis Aggelakis, Myriam Vourou, Christos Mantakas, Gregory Patrikareas, Eugene Dimitriou
Je pose la question de son lien avec l'actualité politique, philosophique et esthétique de notre monde et notre temps. J'en parle pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, et pour ceux qui voudront le revoir.
Aspect technique du visionnage du film
Je recommande à tout le monde de le voir. Techniquement, il est disponible sur les sites de téléchargement en ligne. Vu le prix très modique des films, et vu le droit d’auteur, il est recommandé de l’acheter. (Pour ma part, je l’ai vu une première fois en le téléchargeant ainsi, d’un site payant, puis je l’ai revu sur google film, dont quelqu’un m’a indiqué l’adresse. Je me demande comment il se fait que des films soient visibles gratuitement sur google ; google a-t-il signé un accord avec l’auteur ou le distributeur ?... Globalement, je conseille donc de l’acheter et le payer au moins une fois, par respect et remerciement pour l’auteur). On peut bien sûr l’acheter en disque après l’avoir vu, pour le conserver parmi ses trophées de chasse au film culte. Par définition, les films cultes sont rares…
Cela pour l’aspect technique.
Réception du film
Je recommande donc à tout le monde de le voir, et je vais argumenter au fur et à mesure… J’informe aussi du caractère très provocateur du film. Cela en exclut les enfants et les jeunes adolescents (ainsi que les chats). Car il s’agit d’un film pour adultes : un film humoristique, politique et sexuel, qui va toujours plus loin qu’on ne pourrait le croire « Ils sont fous, ces Grecs »… est-on tenté de dire ou de penser en le regardant…
Après l’avoir vu, je m’amusai à lire un certain nombre de critiques du film sur internet, exploration assez intéressante de la manière dont différentes subjectivités se posent sur un même objet et y réagissent : qu’il s’agisse du jugement sur le fond ou des différentes manières de raconter l’intrigue. S’en informer est aussi une manière de rentrer dans l’ambiance.
Celle-ci par exemple nous informe que le film fut d’abord vu au Racine, rue de l’Ecole de médecine :
Index de fiches culture de l'amphi-gouri L'attaque de la moussaka géante.
Panos Koutras
Notes:
1999 - 1h39 Un film remarquable. Un navet voulu et assumé. Une ambiance particulière au cours de la projection et même avant: en juillet 2001, il a été projeté uniquement au "Racine", rue de l'École de médecine, 6è, le samedi à 22h. C'était en version originale grecque, sous-titrée en français. Le troisième samedi, il y avait deux à trois fois plus de spectateurs venus faire la queue que les 174 places assises de la salle... le film a démarré à 22h35 au lieu de 22h15 prévu. Gros rires un peu partout dans la salle à certains gags. Quelques répliques et passages remarquables: "Maman, maman, E.T. moussaka !" Tous les passages où on voit la moussaka dans la ville. Les morts liés à la moussaka. Les interventions télévisées. Le vaisseau spatial et les nanas dedans. ...
Date de création de la fiche:
22/07/2001 00:00:00
La presse, lors de sa sortie, semble avoir relativement apprécié, relativement signifiant ici « modérément », en tous cas pour les critiques qui se sont exprimés (!), et mis à part l’express, qui a entériné sa qualité de film culte. Comme il s’agit d’un film humoristique, d’une sorte de comédie, tout dépend de savoir si on rit ou non. Et pour ma part, j’avoue que les critiques négatives ont tendance à me faire sourire aussi.
(revue trouvée sur internet)
Libération : "Véritable tranche de culture camp acclimatée sous le soleil athénien, l'attaque de la moussaka géante passe sans crier gare de l'exutoire travelo au pastiche Spielbergien, du clip manière Pierre & Gilles à la farce façon sketch des Nuls"
L'Express : "Voici enfin Du cinéma culte"
Charlie Hebdo : "C'est bête à pleurer mais quel régal!"
Le Monde : "L'humour est volontiers peu subtil et repose sur une transgression facilement euphorique qui tente, par ses audaces (très relatives), de faire passer la platitude de la mise en scène." (Jean François Rauger)
Cine-Live : " ...les effets spéciaux, bricolés avec les moyens du bord, participent tout juste au charme de patronage d'un projet bien allumé. (...) une réussite dans la limite du hors-d'œuvre" (Marc Toullec)
Le Figaroscope : Un hommage trash à la série Z des années 50. Avec un goût douteux. (Isabelle Fargette)
Télérama : (...) nanar délibérément kitsch. (François Gorin)
l'attaque de la moussaka géante
Auteur: davlucas
Date: 12/10/07 08:57
Parmi les blogueurs, les réactions sont vives. Certains n’ont pas aimé du tout.
Dvd criques.com
Avec un titre pareil, on est en droit d’attendre un pastiche loufoque de science-fiction. Eh bien, non, on n’a eu droit qu’à une tentative de comédie bien indigeste…
Infogrece.com
Saviez vous que le film Grec post colonels le plus vus est "l'attaque de la moussaka géante" [fr.wikipedia.org] C'est quand même un film bien pourri, dommage que la dictature a tué toue la grandeur du film Grec d'avant dictature.
2 - 0/20 Sy Phy
le 20.04.2006
Je m'en léchais les doigts à l'avance... et ne m'est resté qu'un gargouillement d'évier dans l'estomac.
Dvdrama
Décerner à L'attaque de la Moussaka Géante le prix du plus mauvais film au monde ne serait pas une mauvaise idée car il le mérite bien.
Un point qui rassemble plusieurs critiques est la notion de ‘ »navet », toute la question étant finalement de savoir si le film est vraiment un navet, et, dans ce cas, s’il est un faux navet, ou un navet volontaire (vrai ou vrai-faux)… L’étrangeté des images, dont certaines sont belles et certaines violentes ou banales, donne lieu à débat : le caractère pseudo-kitsch du film est diversement interprété. Pour moi, il ne s’agit pas vraiment de kitsch, mais plutôt d’une sorte de jeu, de profondeur esthétique : différents niveaux esthétiques sont abordés et c’est, je pense, ce qui rend le film un peu déconcertant, volontairement. Il s’agirait un peu dans cette perspective d’une sorte d’acrobatie esthétique, qui traverse les vérités, les mondes et les regards, et c’est tout son mérite.
Certains ont vraiment beaucoup aimé (j’ignore le nombre d’entrées).
Site internet
Ce n'est pas un film qui vous fera rire aux éclats mais certaines scènes vous enchanteront et vous feront rigoler.
© Gilles Penso
Sa persévérance a depuis porté ses fruits, puisqu’au bout de trois longues années de tournage et avec la participation de nombreux amis improvisés comédiens ou techniciens, le réalisateur a vu son film se muer en véritable objet de culte.
Il est à souligner aussi que l’image est directe ; parfois elle ne se met pas en scène ; reste proche de son sujet ; parfois triviale ; parfois elle est la maîtrise même, s’illustrant dans des plans magnifiques qui interviennent de manière assez inattendue, rompant, comme par jeu, le fil de la signification habituelle qui veut donner une cohérence et un sens à l’esthétique… Ainsi, tout en cherchant à déstabiliser le spectateur pour mieux l’entraîner peut-être, les images s’affirment de temps à autre en ébahissant, et ravissant, d’autant mieux qu’on ne s’y attend pas, ou que l’ordre des choses n’est pas mis en perspective, ou pas mis en perspective de manière habituelle...
Enfin, pour terminer cette revue des critiques, mentionnons aussi cette remarque assez originale : le film souffrirait de trop de sagesse !!!
netilios/moussaka.html
Le scénario du film est un peu léger mais la variété des personnages et des scènes arrivent à combler le rythme un peu lent de l'ensemble. Le film est bon mais souffre d'un peu trop de sagesse dont le titre ne laisse pas supposer. Cependant, je ne bouderai pas mon plaisir. Les films grecs sont rares et celui là est à voir. A mon avis, il vaut largement certains films américains largement regardés.
Une nouvelle ontologie
Le titre « L'attaque de la moussaka géante » fait sourire, et semble surprendre tout autant les protagonistes du film… En effet, que penser si, un jour, une moussaka géante envahissait Athènes, créant nombre de morts... Car cette moussaka n'est pas une plaisanterie… Constituée de différentes couches bien reconnaissables, elle attaque la ville dans un grand désordre de comportement qui n'a d'égale que son immense taille (environ un immeuble) et sa capacité nocive (effets chimiques semble-t-il).
En effet, la moussaka géante attaque fort, bien présente dans son incroyable réalité, qui ramène toute l’ontologie du réel à un nouveau point de compréhension : l’évènement dépassant l’entendement des lois de la nature telles qu’habituellement observées...
Ainsi, surgie de nulle part, la moussaka circule dans Athènes, intervient dans les apéritifs, surprend les Grecs dans leur quotidien, agite les politiques, provoque des scènes de fuites dans les rues de la cité grecque et suscite l’appétit évènementiel des médias dont le devoir de narration et d’explication est sérieusement mis à l’épreuve.
On sait que dans la mythologie grecque, le monde émergea du chaos… Au-delà de son caractère éminemment fantaisiste, on peut voir dans ce film une nouvelle œuvre grecque digne des anciens, dans la mesure où elle nous invite, par sa démesure, à repenser le monde. C’est une œuvre philosophique à mes yeux, sur la variété et la liberté, et sur l'apparence aussi.
Paysage
Tandis qu’un vaisseau spatial décore le ciel de la Terre de rayons fluorescents, la moussaka avance, des amours se nouent, un comédien chante, des amis se rencontrent, des politiciens corrompus sombrent et se déchirent atrocement, et des gens courent dans les rues d’Athènes, tandis que le Parthénon, au dessus de la ville, reste impassible devant autant de fantaisie… Le monde entier a les yeux braqués sur Athènes, dans l’attente de l’explication de l’extraordinaire phénomène.
Intrigue
Voici maintenant l’intrigue et ses héros : nous avons ici, à Athènes, un groupe de scientifiques, en blouses roses, qui s'adonnent à d'étranges discussions, tout en poursuivant leurs études avec le plus grand sérieux qui soit... La présence de l’homosexualité fait partie de la crudité du film, tout autant que les autres styles de mœurs exposés : groupe de filles hypercoquettes, couple se déchirant, regard de l’enfant sur le monde, scènes de soirées et scènes de sexe…
A l’Observatoire, ces scientifiques sont chargés de l’analyse chimique de la moussaka géante. Alexis Alexiou, parmi eux, est un des héros du film : il est à noter qu’il est un chercheur.
Notons aussi la présence de « Chanel », amie de Dimis, et la valorisation de la « publicité » et « l’amour », en version française dans le texte, dans un style romantique, en bel hommage à la France.
Et finalement, quelle est la cause des attaques de cette moussaka, devant l'humanité toute entière médusée par cette information non paramétrée dans les usages habituels et possibles de la nature ?... La cause en est quelques jeunes femmes… astronautes, vêtues de combinaisons très moulantes, qui, dans leur vaisseau spatial arrivé d’une autre galaxie, sont venues récupérer une copine descendue sur Terre ... Ayant envoyé une sorte de rayon laser sur un morceau de moussaka, elles ont involontairement provoqué la croissance de l’objet, qu’un enfant était en train de donner à manger à un chien. A partir de là, le morceau de moussaka s’est mis à grandir et à circuler de manière désordonnée dans la ville grecque…
Or, les filles, dans le vaisseau spatial, ont besoin de leur copine et de ses connaissances pour circuler dans l’univers intergalactique. Elles se mettent donc à sa recherche, flottant ainsi ingénument au dessus de la ville de Périklès.
En parallèle, la relation d’un couple de richissimes et influentes personnes participe à la trame de l'histoire. C’est la moussaka de leur dîner dont il s’agit au départ… Elle : neurasthénique et cocaïnomane… Lui : politicien cynique... Un enfant, une piscine, une villa… Leur chaotique relation donne alors lieu à un portrait de la richesse pour la richesse, et du pouvoir pour le pouvoir, considérées comme la dernière des misères… Tandis que les artistes dans la ville sont, dans leur liberté et gaieté, et parfois leur beauté, des souverains dans leurs royaumes...
Ainsi circule la nouvelle de l’attaque de la moussaka géante, un film qu’on pourrait dire « de l’anarchie en art ». Car on peut le voir en effet comme une excellente satire de la société de consommation. Satire ni globale ni argumentée, s’étirant sur les bords vers l’infini, elle nous questionne, présente une histoire qui nous interroge, non pas sur ce qui est, mais sur ce qui devrait être… Sans doute, elle peut abaisser nos limites pour nous faire respirer à plein, et nous faire sourire et rire, beaucoup.
Dans cette satire, absolument étrange et douce, on trouve l'écho d'un univers qui vaut d'être pris au sérieux, et de vraies questions sur la vraie nature du pouvoir. L'ironie et l'extravagance sont utilisées comme formules de liberté. Formule de fraîcheur, et d'indépendance d'esprit.
La sportivité grecque y est présente aussi.
Pour moi, qui ai grandi en partie avec la culture grecque la plus traditionnelle (sur une île), et qui voyage régulièrement là-bas, ce film représente très fidèlement cette fantaisie et liberté parfois extrême de la Grèce. Un pays où le mot «trop » existe à peine. En général on utilise le mot « beaucoup » (« poli »), pour dire « trop », mais « trop » n’est donc jamais que « beaucoup », et ce n’est donc jamais trop…
Très très
En bref, un vrai instant de cinéma qui change des rengaines habituelles ; étonnant, parfois choquant, violent, extrêmement inventif et rieur, subtil et délirant, c’est une œuvre très très personnelle, portée par des acteurs qui semblent sans limite. Hommage à Athènes, c’est simplement un hommage à la vie et à la liberté. Au delà de sa fantaisie très sympathique, ce film nous dit que la vie est toujours à réinventer…
- Alors : E.T, moussaka ?...
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nb1 : j'ajoute le lien google pour inciter à le voir, avec obligation morale de le louer ou l'acheter par ailleurs.
http://video.google.com/videoplay?docid=36810679545748502...
nb 2: L'image "Animal spirit" est la photo (2005) de l'enseigne d'un magasin sur l'île de Paros (Grèce, cyclades). L'île de Paros est une île de marbre, qui servit à fabriquer des statues.
22:08 Publié dans Sur la Grèce Sto thema tis Elladas | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note















