17.03.2009
Le Sublime Discours de la Fille Candide
L
e texte sur les régions françaises attendra.. Après l'avoir capturé, je l'ai relancé à l'eau -l'eau de sa vague -, pour qu'il grandisse encore un peu avant cueillette. Il faut se souvenir qu'Artémis (notre Diane) était autant déesse de la chasse, que protectrice des jeunes animaux... Voici donc, comme promis, si ce n’est avec un peu de retard (que vous oublierez tant ce texte est somptueux) « Le Discours Sublime de la Fille Candide ».
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Petit ouvrage d’érotologie chinoise, il ne faut pas le considérer comme un livre libertin, mais comme un livre de santé, nous signale la préface signée apparemment d’un certain « Maître du Pavillon de la Rouge Cueillette ». « Il suffit », nous dit-il « de chercher l’illumination pour l’obtenir tout seul. Mais pour pénétrer la Raison créatrice de jaune et de blanc, il faut empoigner la barbe au dragon du lac Ding, entendre chiens et coqs au milieu des nuées. » Pour ma part, j’ai trouvé ce livre par hasard comme je cherchais une plume pour encre de chine (avec un si joli titre, je n'ai pu retenir ni ma main ni mes yeux), et j’ai tendance à me souvenir que je suis née neuf mois et quinze jours après la St-Valentin.
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Loin des philosophies rampantes distillant l’idée que la chair serait triste (d’ailleurs, on n’a jamais lu tous les livres), ce petit bréviaire pour le corps veut au contraire égayer la sensualité, en faire cet empire de joies que mérite l’incomparable étincelle de la vie. A l’Empereur qui s’interroge ainsi sur l’amour et l’existence, la fille candide donne un discours de conseils, d’analyses et d’explications logiques : logique, exotique, mystique, poétique, asiatique… « On obtient des sentiments durables de son ou sa partenaire, assure la Fille Candide, « quand, dans l’union entre l’homme et la femme, on recourt à des méthodes de renforcement de la vigueur, de consolidation de l’essence séminale et d’absorption du souffle, aussi bien qu’aux principes des massages et du guidage, ainsi qu’au renouveau du primordial par retour à la base, sans oublier l’affermissement de la tige en pénétration profonde. »… Tel est son programme, et celui de l’Empereur qui l’écoute et l'interroge, pour restaurer toute la vitalité humainement possible à son royaume dépérissant.
Pour ses qualités plurielles, je recommande vivement ce livre. Vif, extrêmement poétique, c’est aussi un petit livre concret et précis qui parle du corps tout entier, sous un angle particulièrement original, direct, et qui se voudrait naturel, si la nature était vraiment composée de quatre éléments, de yin et de yang, des cinq étages du désir, des quatre stades, des dix mouvements, des neuf positions et neuf arrivées…
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Qui pourrait en effet ignorer qu’il existe neuf positions : la position de vol du dragon, d’approche du tigre, d’attaque du singe, de crampon de la cigale, d’essor de la tortue, de battements d’ailes du phénix, de lèche du lièvre, de gober à la manière des poissons, et d’enlacement des grues.... La poésie ne nuit pas ici à la précision des corps. Le résultat, par exemple dans la position du tigre est le suivant : « Tout embarras se trouve éliminé. L’excellente circulation du sang fortifie le cœur et en fait bénéficier la volonté. Cette manière rappelle celle du tigre ou du léopard sortant des bois et rugissant contre le vent. »
Admirable miroir de Nature... On s’y renseigne aussi sur le profond et le superficiel, auxquels des noms sont données pour parfaire leur existence incontestable et préalable ; ainsi les huit vallées de la femme : « Cordes du luth, dents de macle, canyon de sécurité, perle noire, graine dans la vallée, capitale de l’extase, porte de la postérité et pôle Nord » forment une géographie intérieure où la crudité se trouve protégée par la poésie qu’elle contient. Loin d’opposer sexe et amour, ce livre cherche justement tous les moyens de les concilier : « L’homme doit tenir compte de l’état émotionnel de la femme tout en protégeant avec fermeté le trésor de son propre corps. »
Ainsi, l’Empereur questionne la fille et la fille répond à l’Empereur : « L’Empereur demanda : - La norme des relations humaines est l’intimité harmonieuse des époux, leur amour et respect mutuels. Comment naît ce sentiment d’amour respectueux ? »… Et la fille de lui répondre…
Elle lui donne aussi son opinion particulièrement crue sur l’alternance du profond et du superficiel, condamne les relations entre générations et abonde de suggestions pratiques : « En règle général, s’il veut sonder les sentiments intimes de la femme, l’homme doit commencer par provoquer son intérêt en lançant des plaisanteries et stimuler ses sentiments par une gestuelle des pieds et des mains. »
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Publié aux éditions Picquier Poche, traduit et présenté par M. André Levy, « Le Candide Discours de la Fille Sublime » (...) a été rédigé vers le 16ème siècle (époque où il semble qu’on s’amusait pas mal en Chine) et l’éditeur indique que la Fille s’acquitte de renseigner l’Empereur « … en huit chapitres qui font le tour de la question, avec autant de clarté que de sublime compétence, ne négligeant ni les bases théoriques ni les aspects les plus concrets. »
Court, d’une soixantaine de pages légères, c’est un charmant petit mode d’emploi, impraticable et passionnant, qui fera un cadeau charmant ou une demi-heure de sourire, pour moins de dix euros.
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Avec, en conclusion : un tripode, un lac et un dragon divin...
nb : en illustration, une belle image de tigres, trouvée sur internet, non référencée. Merci à l'auteur.
nb 3 : calendrier républicain du mois de mars : c'est le mois de Ventose jusqu'au 20, puis ce sera Germinal. Pour l'heure : Pâquerette 14 mars - Thon 15 mars - Pissenlit 16 mars - Sylvie 17 mars - Capillaire 18 mars - Frêne 19 mars - Plantoir 20 mars
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09.03.2009
Le capitalisme non total et son évolution
Je préfère pour l'instant suspendre la parution de mon résumé du livre de Mr Jean Peyrelevade sur le capitalisme, paru en 2005, et méritoire pour sa vision globale et citoyenne de l'économie. En effet, j'attends d'abord de nouvelles règles dans la finance mondiale.
http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/
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06.03.2009
Assaillie de tendresse impétueuse
La semaine prochaine- Au prochain visage de la Lune
J’avais prévu, pour cette semaine, quelques lignes concernant la culture chinoise dans son aspect érotique, en raison d’un petit livre merveilleux, découvert il y a deux semaines, dans la librairie MERCURE, au centre des OLYMPIADES, cité parisienne connue pour son gigantisme, son exotisme, et quelques autres ismes qu’il vous plaira d’ajouter, notamment celui d’étrangisme. Désireuse de soutenir la librairie française, je suggère à propos de toujours citer les librairies où on a trouvé un livre passionnant, en particulier si on compte le garder toute sa vie (!!!!) dans sa bibliothèque, ce qui est le cas… En l’occurrence, j’évoquerai en fait ce livre la semaine prochaine, ayant donné l’unique exemplaire que j’avais, et la librairie Mercure à laquelle je rendis une brève visite hier soir ayant déjà vendu toute la petite pile d’autres exemplaires que j’y avais vue. Je le retrouverai donc, et vous en parlerai. Au programme des festivités également un texte sur les régions françaises, que j’ai écrit au printemps dernier, et qu’il sera à propos de présenter ces jours-ci.
Culture chinoise - Dans l'Empire du Milieu
Pour l’heure, afin de satisfaire un esprit léger et rieur, qui, par-dessus les mille et uns points d’interrogation de la vie, cherche à prendre son essor en cette veille de week-end, je dirai deux mots d’un merveilleux roman chinois, un autre, dont je vous donne quelques extraits, ainsi que son intérêt culturel et littéraire.
En effet, on voit souvent des gens dire que les gens (les autres) sont ignorants de la culture chinoise. Nous avons aussi nos spécialistes du sujet lesquels, de temps à autre, font entrer dans nos cerveaux quelques sentences bien senties au sujet de cette lointaine mais puissante civilisation.
Petit trésor, gros livre - Le Kin P'ing Mei
J’ai donc, depuis plusieurs années, ce petit trésor, ce gros livre, dont je vous donne le titre et la trame. Ouvrage chinois classique, rédigé au 16ème siècle, il permet une vraie plongée dans la culture de l’empire du milieu. Lorsqu’on l’a lu, et qu’on entend parler de Chine, on a l’impression de savoir quelque chose. De plus, le livre est très bien écrit ; le suspens y est digne d’un feuilleton américain (« -Bêtises ! fit Madame Lune. Il ne s’agit ni de banquet ni de danseuses ! Va dire à cette tortue de déguerpir au plus vite. ») ; les pavillons sont fleuris, les lits luxueux, les hommes excités, les femmes ambitieuses (« Mais Lotus d’Or se leva brusquement et renversa l’échiquier, puis elle s’enfuit dans le parc. Hsi Men se lança à sa poursuite et la trouva cachée dans un bosquet de buissons fleuris, adossée à un rocher au bord du lac aux nénuphars »)… Et tout le monde ou presque y est intensément matérialiste. Le livre donne l’occasion agréable de sourire et d’apprendre.
« Ne t’épuise pas en plaintes,
Sur un « hier » refroidi ;
Garde plutôt ta verve et ta chaleur
Pour l’aujourd’hui plein de promesses. »
Il s’appelle « Kin P’ing Mei, ou la Merveilleuse Histoire de HSI MEN avec ses six femmes ».( Kin P’ing Mei » signifiant « Fleurs de Prunier dans un Vase d’Or », ce qui à son tour signifie « Belles femmes dans une riche maisonnée. »). Il en existe deux versions : une longue, dans la Pléiade, et une abrégée, de 600 pages bien tassées, aux éditions Guy Le Prat. C’est cette version que j’ai lue, et j’ai commandé le livre, qui n’était pas réédité mais dont il restait des exemplaires. La présentation de l’éditeur indique : « Ce livre est considéré comme un des chefs-d’œuvre de la littérature chinoise et dépeint la vie et les mœurs d’une riche famille chinoise du 15ème siècle, et l’éloignement n’a pas effacé le charme souvent cruel qui se dégage de ces pages écrites dans un style délicieusement imagé – les scènes y foisonnent qui nous dépeignent ce que les Célestes appellent « Le jeu de la lune et des vents. ».
Mille extraits charmants ou amusants....
Mille extraits charmants,- poèmes, injonctions, discussions hardies, scènes drôles ou poétiques, miroirs de la nature – seraient à présenter. L’édition chez Guy Le Prat est préfacée d’un Paul Lavigne, qui commence son introduction par cette adorable citation datant de 2500 ans, dit-il : « Si j’étais empereur, le premier décret que je prendrais serait pour définir la signification des mots ».
En voici donc quelques citations. Sur la suivante, il revient au lecteur de deviner de qui parle-t-on…
« Son corps lisse et arrondi
S’amincit en douce pointe effilée.
Quand elle vole sur les herbes,
On croit entendre une flûte.
Mais il arrive,
Au crépuscule,
Qu’une porte rougeoyante
S’entr’ouvre à sa perte.
Son corps délicat se prend
Hélas ! au filet de gaze verte.
Sa trompe plonge avec délice
Dans le suc, couleur de lèvres rouges.
Détenue dans cette douce prison,
Elle émet des notes centuples ;
Les humains, dans leurs chambres,
L’écoutent et en oublient le sommeil ».
Il s’agit de la libellule....
*
On notera aussi les noms des personnages, tels que « Petite Lune », « Fleur de Cannelle », « Lotus d’Or » (l’héroïne), « Petit bijou », « Prune de Printemps » etc. Egalement, on découvrira le style commercial, administratif, moral et social de ces Chinois à l'Immense Pays.
En voici, pour conclure cette présentation rapide, un autre extrait, quoique la moitié du livre serait à recopier pour son style ou son caractère documentaire :
« Poitrine contre poitrine, comme deux canards mandarins amoureux,
Qui s’ébattent dans l’eau,
Tête contre tête, comme un couple tendre de phénix
Qui construit avec zèle son nid de brindilles,
Elle presse ses lèvres vermeilles sur la joue de l’amant ;
Il tient entre ses mains vigoureuses la tête penchée de l’amante,
Dont les jambes gainées de soie cherchent appui sur les épaules de l’ami.
En dévoilant ainsi les deux arcs d’une faucille de nouvelle lune
Les agrafes d’or se défont sur sa tête
Et sa chevelure s’épand sur les coussins
Comme un nuage sombre.
Il profère des serments profonds comme la mer,
Puissants comme les montagnes ;
Et ses caresses mille fois variées
Dispersent les dernières craintes
Comme le vent disperse les nuages.
Assaillie de tendresse impétueuse,
Elle pousse un cri de bonheur, semblable au cri du bruant ;
Sa bouche s’emplit de suave salive
Et, luxurieuse, elle darde sa langue sous le plaisir.
(…)
Sur ses yeux descend la nuit,
Sa peau se mouille de perles fines,
Scintillantes.
Sa gorge lisse palpite
Comme les vagues de la mer.
Ah les voilà consommées
Toutes les délices de l’amour volé :
Deux amants ont parfait leur étreinte. »
....
nb : en illustration, une photo d'iris.
nb 2 : Tibet : il va de soi que les autorités chinoises ne s'honorent pas de traiter de façon violente la question du Tibet. Si pour des raisons stratégiques, la Chine souhaite dominer la question du Tibet, rien ne l'empêche de traiter avec un leader aussi modéré que le Dalai Lama, ni de donner une autorité culturelle régionale à cette culture très ancienne. A contrario, à violenter les Tibétains et la culture tibétaine, les dirigeants chinois apparaissent comme de fumeux barbares dont on espère qu'ils finiront mal ; peut-être la douceur et la subtilité tibétaine dérangent-ils Pékin. L'himalaya pointe son sommet de vérité : la Chine s'honorerait donc de faire preuve de douceur et d'intelligence, et, pourquoi pas, d'une saine déconcentration.
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03.03.2009
Coquillages et Crustacés
Petite pause, ralentissement ces jours-ci de la mise à jour du blog, liée à :
- Un renouvellement en cours de ma connexion internet (une mue en cours de ma liane mondiale)
- Une petite prise de distance ponctuelle et réflexive sur le média susdit (une escalade jusqu’à l’Himalaya de ma pensée souveraine pour l’examen des conséquences éroto-bio-socio-économiques de l’usage intense du média susnommé).
Donc.
Voici mon commentaire (très partiel, relativement à la quantité d’informations qui m’agitent) sur l’Actualité entendue comme la Grande Lumière Ponctuelle de la Compréhension du Temps Présent (GLPCTP).
Le sujet du jour : coquillages et crustacées martiniquais et guadeloupéens. Reconsidérant en effet ce sujet avec un ami martiniquais ici à Paris, il me dit que :
- Recrutement : Les békés, non seulement détiennent les places de pouvoir, mais préfèrent également recruter des peaux pâles aux postes hiérarchiques, plutôt que des peaux sombres, même diplômés et compétents….
- Prime de vie chère : Il existe une prime appelée « prime de vie chère » que reçoivent les fonctionnaires français travaillant sur ces terres lointaines : autrement dit, la vie chère est un phénomène connu et enregistré par l’Etat, qui en protége ses fonctionnaires français, mais non ses guadeloupéens et martiniquais français….
De mon côté, je lui propose, entre lui et moi, deux réformes institutionnelles qu’il approuve :
- La création d’une spécialité intellectuelle martinico-guadeloupéenne, devant permettre aux enfants nés là-bas de se projeter dans une carrière intéressante et valorisante, pour les plus travailleurs et doués, naturellement. Un service du CNRS qui serait délocalisé par exemple, consacré à l’étude de la botanique ou des milieux marins, un centre d’étude important, en rapport avec les caractéristiques géo-bio-climatiques de ces îles, qui évite à ses habitants français de parcourir plusieurs milliers de kilomètres pour trouver un poste vraiment qualifié et intéressant.
- L’invitation obligatoire à 50 % des « békés » de vendre leurs propriétés à des martinico-guadeloupéens d’origine africaine, ces 50 % étant indemnisés selon des procédures à débattre (je pense que ce genre d’opération est réalisé d’office par exemple lors de la construction de voies ferrées en France- Dans ce cas, il ne s’agit pas de faire passer un train, ou plus exactement, c’est le train de la DDH (déclaration des droits de l’homme) qui n’est pas encore passé là-bas). Ces 50 % de békés ayant vendu leurs propriétés, s’ils désirent rester sur l’île, devraient s’accorder avec les 50 % autres békés, qui auraient l’obligation de partager avec eux ce qu’il leur resterait. Tout cela selon des modalités à débattre bien sûr.
Je trouve en effet que l’Etat français aurait du, depuis longtemps, corriger cette situation. La structure économico-sociale imposée à ces régions françaises dépasse l’entendement. Imaginerait-on des descendants de médecins nazis exerçant en Israël, et considérés comme des pontes par une population résignée devant l’absurdité du monde….Il ne peut y avoir d’un côté « le pays des droits de l’homme », et de l’autre des descendants d’esclavagistes prospères et protégés.
J’ajoute à cela l’analyse des relations commerciales de ces terres avec l’Amérique du Sud, qui sont peut-être à améliorer.
Un autre ami me faisait remarquer aussi que les Martinico-guadeloupéens gagneraient à constituer à Paris un groupe de pression pour participer à l’influence des instances de pouvoir. No lo saï, mais pourquoi pas.
La question du mot « Noir » et des races vint également dans notre conversation. A ses yeux, me dit cet ami martiniquais, la langue française serait raciste, car utilisant le mot « noir » comme symbole négatif. Je ne fus pas d’accord avec cette assertion. En effet, lui dit-je, il est bien normal d’appeler « noir » ou « sombre » un épisode triste, car la lumière nous rend gais (connaissances, aisance etc…). Maintenant ce qu’il faut considérer, c’est la logique lumière-obscurité qui se tient derrière la notion raciale. En effet, lui dis-je, si les « Noirs » sont « Noirs », c’est qu’ils vivent ou viennent de terres plus lumineuses que les autres. C’est la lumière qui noircit les hommes. De la sorte, l’ombre et la lumière sont également réparties dans la poétique des groupes humains. Les Noirs vivent sur le continent le plus lumineux, et les Blancs sur des continents plus sombres… Cela pour l’aspect logique, scientifique... Il insista pour me dire que les « Blancs » d’autrefois avaient choisi ce mot « Noir », négatif, pour qualifier ces peuples. Je lui répondis que, puisqu’ils sont noirs, cela avait sa pertinence, mais on pourrait aussi les trouver ébènes, ambres, bronzés, ensoleillés etc. A eux peut-être de se re-nommer, si l’explication scientifique ne leur suffit pas, selon leur idée.
Je lui dis deux mots également du Chevalier Saint-Georges, personnage dont j’entendis parler récemment, et qui manifeste la présence d’un homme noir respecté sous l’ancien régime, puisque guadeloupéen, musicien et escrimeur (1745-1799).
Enfin, au sujet des races, ce que je retiens pour ma part est la progressivité des races sur les territoires : en effet, il existe des groupes d’apparence dans l’humanité, tels que « Noirs », asiatiques, indiens, occidentaux etc. Mais ce que je trouve le plus pertinent et le plus fascinant, c’est le caractère progressif de ces groupes sur les territoires. Autrement dit, si vous regardez par exemple les populations d’Afrique du Nord –Mauritanie, sud du Maroc… etc-, vous voyez très nettement la transition entre les Noirs et les Arabes, des populations qui semblent morphologiquement « noires » et dont la peau est claire, ou des populations qui semblent morphologiquement « arabes », et dont la peau est noire. Ces populations en quelque sorte transitoires entre deux « races » apparentes, témoignent que les formes humaines sont une sorte d’émanation des caractéristiques de leurs territoires, au même titre que les poissons sont relatifs à l’eau. La logique géographique des races, à l’origine, est évidente.
Pour conclure sur ces quelques informations, imaginations et discussions, voici un proverbe martiniquais que cet ami m’a indiqué. Il peut être utile à tous :
Tiens be raide, pas molli, c’est molli qui est raide.
Tiens dur, ne mollis pas, c’est de mollir qui est dur.
En illustration, une magnifique photo dont j’ignore l’auteur (merci à lui pour ce très beau cliché), découpée dans télérama il y a quelques années, illustrant Johnny Clegg dansant en Afrique du Sud.
Nb : Petite note prévue en cours de semaine sur l’érotisme chinois.
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