22.04.2009

Glamorama : vers un autre essentiel

225px-Pierre_and_Marie_Curie.jpegGlamorama

De Bret Easton Ellis

 

 

Glamorama  est un livre, paru en 2000, dont l’intérêt dialectique demeure vivace. Car Bret Easton Ellis expérimente le pouvoir philosophique de l’argent : là où l’argent devient une philosophie, là est cet écrivain. C’est en quoi il est intéressant de le méditer… Dans « Lunar Park », il a écrit par exemple : "C'est difficile de toucher le fond quand vous gagnez 3 millions de dollars par an."… Apparemment, Breat Easton Ellis se trouvait donc trop riche pour être philosophe, et même peut-être pour penser. Cependant, il pense, car il joue avec un Extrême, une frontière de l’esprit –en l’occurrence, celui de l’argent- : il l’explore et il l’aligne sur le papier. Dans cette mesure, il nous fournit des bribes de réponses au sujet du rapport de la société à l’extrême richesse.

 

Il ne s’agit pas, dans le texte qui suit, d’être exhaustive à ces sujets, mais simplement de tracer quelques lignes issues d’une fiche de lecture (vers 2004), qu’on peut relier aux questions actuelles sur l’argent et au « changement de civilisation » dont on parle.

 

Glamorama, beauté habillée

 

Glamorama, livre étrange s’il en est, voudrait décrire l’ambiance d’une époque et d’un lieu : le New-York de la mode et du commerce de l’apparence, poussé à son extrême : là ou l’apparence est la seule forme de préoccupation acceptable, là où toute autre espèce de pensée et d’action passerait pour une faiblesse de l’esprit…

 

Et du corps...

 

Illusion ou Réalité...

 

  

Toutefois Toutefois

 

En l’occurrence, défilés et soirées en boîte, dans la jet set la plus reconnue par les instances internationales, télévisuelles, rédactionnelles et financières les plus en vue de la planète, offrent à l’auteur la liberté d’envolées poétiques intenses, étranges et étonnantes… De cette façon, tout au long du livre, qui est un vrai pavé, l’ambiance se déroule, débridée, festive, maquillée, sponsorisée, obsédée par les Marques, l’allure et la beauté –de mannequins des deux sexes, people, et personnages de boites de nuit-, et se déroule ainsi, entraînant le lecteur par le suspens et le caractère quasi frénétique d’une écriture très originale. En ce sens, c’est un grand livre.

 

Toutefois, fait à priori inattendu -mais peut-être logique-, l’histoire que décrit Bret Easton Ellis conduit son narrateur, sans réelle explication, de la mode, jusqu’au terrorisme, à la destruction et la violence. 

 

Toutefois aussi, on ne sent pas vraiment l’amour du corps dans cet amour de la mode. Ses héros, et même ses héroïnes, ne seraient-ils pas un peu trop habillés ?...

 

Avec Bret Easton Ellis, c’est tout le temps le grand huit.

 

 

La piste de la montagne

 

Verbe inventif, phrases à rallonge, discussions ininterrompues, dans le cadre d’une philosophie cynique, dédiée à la force de la beauté : « Plus tu es splendide, plus tu es lucide » est l’expression favorite de l’auteur. Ainsi, le livre, dédié à la facilité, se lit facilement, dans une ambiance aussi trouble que la drogue consommée par ses acteurs.

 

Sans dévoiler les suspens enchevêtrés et secoués de l’histoire, j’y observe un mystère qui m’intéresse plus particulièrement, celui de sa dernière phrase : « Le futur est cette montagne ».

 

Après l’orgie de vêtements et de bombes, aux deux sens du termes peut-être, l’histoire se termine sur cette étrange considération, qui détonne avec tout le poids de l’artificiel complaisamment décrit : où la nature, pour la première fois, apparaît dans le discours, comme une direction à suivre, autant temporelle (le futur) que physique (la montagne).

 

L’apparition soudaine de cette montagne, présentée après un passage durant lequel le narrateur semble finalement rejeter ce monde qu’il a décrit, qui parait maintenant le dégoûter, cette vision en quelques mots, arrive en point d’orgue d’un paragraphe lyrique monté en apothéose : après New-york, Londres, Paris, le souffle de l’écrivain se pose sur l’image la plus simple. Que signifie cette phrase au juste ?  Est-elle énoncée comme une piste oubliée et salvatrice ?... Crée-t-elle un ré-équilibrage avec l’artifice de ce monde d’apparence, qui ne présente que des enveloppes vides, presque vidées de nature, entraînées dans l’abstraction insensée des marques qui leur tiennent lieu de divinités ?... Rappelle-t-elle quelque vérité à élucider ?... Enonce-t-elle un autre essentiel ?... Est-elle une simple métaphore ?... L’auteur l’a-t-il calculée, ou est-il arrivé sur cette phrase comme seule manière de boucler son livre ?...

 

 

Beauté, force, valeur, achat et vente

 

Dans ce livre, rien n’est vraiment certain, , si ce n’est que l’argent -et ses conséquences : rapports de force, valeurs d’achat-, coule à flots ; si ce n’est  que l’auteur s’aime lui-même et engage les autres à partager son sentiment… Rien n’y est vraiment certain, si ce n’est qu’on en a appris un peu sur cet univers : la pub, les magazines, les images d’Epinal de gens qui sont comme des coques, des enveloppes, des mécanismes, et qui expérimentent le pouvoir de paraître , celui d’être riches, et éventuellement désaxés..  Peut-être à certains égards, le terrorisme leur est-il une esthétique comme une autre. 

 

Monde certainement romancé par Monsieur Ellis, son témoignage ne laisse pas d’être de valeur, et, dans son style et domaine considérés, de grande acuité ; même s'il dénote sans doute une part de ce qu'on pourrait appeler "sa folie"...

 

 

Vision du monde

 

L’écrivain new-yorkais énonce qu’un certain niveau de richesse crée une sorte de caste. Dédiée à la beauté, cette caste possède une certaine poésie, mais une poésie qui tournerait à vide et susciterait finalement son propre dégoût, se cognerait contre des limites invisibles : l’insignifiance totale de leur démarche, certes techniquement valide dans un genre, mais n’intégrant rien du monde qu’eux mêmes. On peut y voir une des causes de ce que les personnages de son livre finissent par sombrer dans une sorte de désir de violence : bientôt, les sentiments humains ne les atteignent plus. Ils sont devenus de simples prédateurs. Une musique de boite qui, voulant tenir lieu de pensée sur le monde, finit par se cogner à l’intérieur de leurs têtes.  Ellis se confronte à l’anomie du monde contemporain. Etre riches. Etre beaux. Augmenter son domaine d’existence matérielle. Gagner les influences, les territoires, les domaines, les médias… Et finalement...

 

En voici un extrait : « Voici une phrase citée dans –Mon père me tend un fax un peu flou – les pages « Styles » du New York Times. Un tout petit article sur toi et cette phrase en chapeau : « Dans l’utérus de l’amour, nous sommes tous des poissons aveugles. » Est-ce bien vrai Victor ? Pourrais-tu m’expliquer la présence du mot « utérus » dans ce contexte ? Et s’il existe bien des poissons aveugles ? »

 

Ainsi, Bret Easton Ellis joue avec les représentations, tout en vantant la qualité et la marque de son veston : c’est son style. Est-il pour autant un poisson aveugle ? Et qu’en est-il de notre époque sur cette vision du monde ?

 

La fin étrange, la nature débarquant dans le concept après un long moment de choc et de rejet de cet univers, constitue peut-être un engagement à s’intéresser à des formes différentes de l’épanouissement. Il est agréable de le penser, et cette phrase existe : « Le futur est cette montagne ».

 

 

Pas d'absolu de l’argent

 

Nulle pensée politique ni économique, nulle responsabilité, nulle subtilité, ne vient troubler leurs jeux de rôles. La chair est évoquée souvent, mais ne semble pas constituer une activité suffisante pour eux (j’en connais d’autres qui y investissent tout)… La vision globale et humaine ne les atteints pas. La passion de la culture et de l’histoire ne les agite pas. La responsabilité et l’amour de la nature ne les habite pas. Le respect de l’art ne les intéresse pas. La philosophie, c’est de quelle marque ?…

 

Non, la philosophie n’est pas une marque et Bret Easton Ellis ne donne pas les réponses. Il dessine un tableau, tremblé, fou, immense, intense, baveux, clignotant, évanescent, fluorescent. Il préfère demeurer énigmatique. Il a certainement des raisons pour cela.

 

*

 

Pour bien interpréter ce livre, il faudrait installer une dimension philosophique complète (ce que je ne ferai pas ici, car je travaille sur un livre). Mais notons ci et ça... Comme disait Aristote, il est vrai que l’apparence est l’âme des choses. Toutefois, toutefois, ceux qui s’en occupent exclusivement finissent par être creux à l’intérieur, à la manière de ses fruits sélectionnés pour attirer le regard, mais qui n’ont pas de réel goût, pour la tendresse de la bouche et l’émerveillement intérieur. On les pare des "atours de..." mais ils sont vides... Là où les atours devraient être l'indice de qualités spécifiques, ils n'ont que la qualité des atours... Dans ce cas, l’apparence n’exprime plus la personnalité, mais seulement une personnalité exclusivement vouée à l’apparence.

 

Alors, pour équilibrer son monde, j’apporterai un complément à cette devise de Bret Easton Ellis :

Plus tu es splendide, plus tu es lucide :

Il y a du vrai, mais il faut ajouter aussi que :

Plus tu es lucide, plus tu es splendide...

 

Telle est un peu ma position, ma vision, sur ce sujet. Il y a de ma philosophie dans ces assertions, : une philosophie  pour les temps modernes, une philosophie du corps et de l’esprit. A contrario, n'investir que dans l'un ou dans l'autre me parait une erreur. On peut toujours s'intéresser à l'un, puis à l'autre, par phases... Laissant Bret Easton Ellis et les siens à leurs égarements... 

 

  

Glamoramas de la nature...

 

( Illustration du texte : Pierre et Marie Curie, photo Wikipédia (A mes yeux, ils sont parmi les plus beaux)- Ci dessous : Photos Claire Delhomme - 2004 et 2005- tous droits sur les images, réservés à l'auteure. Photos non exhaustives bien sûr, simplement à titre de contre-exemples à ce livre)

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 Maraîcher sur l’île de Mykonos

 *

 

Jeune fille se promenant sur l’île de Paros

 

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01.04.2009

Les sujets en cours du G20

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L’enjeu

Bon, le G20 arrive et déjà vous avez pris votre liste de notes pour vous rappeler tout ce qu’il faudra vérifier à la sortie de ces fastes réunions, dont on espère que le lustre ne déconcentrera pas les dignes participants, ambitieux de vivre un moment historique et d’apporter de substantielles améliorations auxquelles ils resteront liés, quelle que soit l’opinion qu’on puisse avoir d’eux sur d’autres sujets ; ceci, afin de les encourager à faire une bonne chose, ou au moins une bonne chose.

L’industrie, respectant la nature

Et cependant, combien de temps durera ce sommet ? Vu le nombre de sujets à discuter, il me semble que quelques jours seront un peu justes… S’ils pouvaient être justes…En effet, il n’est question rien de moins que de modifier la régulation de la finance mondiale et de sauver l’économie ; s’il pouvait être un peu plus souvent question de sauver la planète et la nature, ce serait également bien. En effet, j’aimerais avoir de bonnes nouvelles, au sujet des hirondelles, des tigres, des félins, des oiseaux, du thon rouge, des abeilles, de l’eau des mers et des rivières etc… Croyez-vous que la vie serait si profonde sans l’incroyable réalité de la faune et de la flore dans laquelle, humains, nous nous miroitons souvent ; idée de poésie, mais idée matérielle aussi, lorsqu’une panthère vous guide à sortir votre carte bancaire ou lorsque vous partez en vacances ou vous sortez respirer la fraîcheur dans un beau parc, ou votre jardin... Oui, où sont les hirondelles…? Force est de constater qu’il existe un « mensonge publicitaire concernant la nature », puisque, de manière générale, l’industrie concourt à détruire la nature et cependant se sert d’elle pour le marketing de ses produits.

Rentabilité, pollution (destruction) et réparation
C’est ainsi qu’on pourrait voir l’entreprise « Total », pour prendre un exemple extrême, oser utiliser une image d’animaux ou de nature dans une publicité, et dans le même temps dégrader cette même nature : tergiverser pendant des années, mobiliser une justice déjà débordée, pour ne pas financer le nettoyage de rivières et de rivages magnifiques que leur négligence et leur volonté d’économiser au maximum sur les fournitures, les fournisseurs et les sous-traitants, a conduit à mettre en risque, puis en agression (no comment) (en ce sens, l’industrie en polluant crée une non-valeur.). Je rappelle que l’actuel groupe Total n’a inventé ni le pétrole, phénomène naturel qui se produit en plusieurs millions d’années de sédimentation, dans des lieux clos, d'organismes vivants (algues, plancton, parfois végétaux continentaux...) ; c’est cette sédimentation qui, sur cette longueur de temps, a dégagé l’hydrogène et les carbures du pétrole. Je rappelle aussi qu’ils n’ont pas davantage inventé la science qui leur permet aujourd’hui d’exploiter tout cela : ce sont les scientifiques, qui ont posé toutes les bases. Les dirigeants actuels n’ont pas non plus créé cette entreprise, descendante de la Compagnie Française des Pétroles. Ainsi, Total est l’héritier d’une histoire et vit dans un monde où la nature et l’humain sont à prendre en compte.

La nature a donc à voir avec la finance. Il convient de lutter contre le pillage de cette nature, de contrôler sévèrement la pollution et la spéculation sur cette pollution ; Enfin, on note que les rendements exigés par les actionnaires poussent les industries à économiser sur tout, à faire payer les accroissements de rentabilité aux humains et à la nature, de sorte qu’ils ne croient plus à rien, sinon à la rentabilité, à la marge financière, comme pourrait probablement le confirmer monsieur de "Margerie", actuel pdg de total…………………



Taxation de la publicité

Je suis donc, pour ma part, favorable à la prise en compte de la nature dans la légalité internationale (cf idée actuellement discutée par certains de la création d’une monnaie mondiale incluant ce paramètre), ainsi qu’à une stimulation des bonnes attitudes en la matière. Je prône aussi, c’est mon idée, l’instauration d’une taxe sur la publicité qui utilise l’image de la nature, ces taxes devant être reversées aux parcs nationaux et organismes officiels qui ont en charge la protection des animaux. Les sommes brassées par la publicité sont colossales, même relativement au contexte ; une partie de ces sommes pourrait être particulièrement utile à la protection, conservation de certaines espèces. Cette redistribution serait logique, dans la continuité des échanges, et valorisant chacun pour son apport ; car si l’industrie veut ignorer la nature, elle en a cependant besoin pour la publicité. Il faut contrer ce qu’elle considère à priori comme droit à utiliser, à polluer et piller, sans limite, à tel point qu’il faut des lois pour modérer ses agissements.

   

Les thèmes de ce G20

Voici donc, tels que je les ai repérés ici et là, les thèmes de ce G20, sur lesquels, soit par ces réunions de début avril 2009, soit dans une concertation commençant en avril 2009, nous aurons à attendre des compte-rendus limpides. (Je ne prends pas en charge tout le sujet ; de toutes façons, je n’ai pas le temps de tout lire, mais je prends des notes et donne quelques repères). Donc, pour ordonner la pensée et selon mes informations, voici la liste des sujets en cours : les paradis fiscaux ; le secret bancaire ; les limites éventuelles de la spéculation en bourse ; la pratique de la titrisation ; les bonus ; les stock-options ; la rentabilité des entreprises ; le lien entre l’économie réelle et l’économie financière ; la capacité de jugement des organismes de notation et de contrôle des échanges financiers ; l’augmentation des prêts pour l’équipement des pays du sud ; le rôle du dollar et l’éventualité de la création d’une monnaie mondiale incluant le paramètre écologique ; la logique de la montée et de la descente des cours de bourse (les "concierges de l'économie" ?...) ; la crise financière ; la taxe dite Tobin ; la réorganisation de l’industrie automobile pour intégrer à la fois la baisse de la consommation liée à la crise, et le paramètre urgent de l’écologie des véhicules ; plus globalement, l’intégration de l’économie dans l’écologie ; et plus globalement la définition d’une certaine harmonie planétaire, quand bien même nul ne saurait nier l’existence de différences et de rapports de force… J’ajoute aussi l’endettement dans le système bancaire ; l’endettement des Etats, la solidité des crédits ; le rapport du fmi et de la banque mondiale à la notion de culture et à la libéralisation ; l'agriculture locale et propre ; les économies d'énergie ; le développement des énergies propres… Et j’ajouterais également la surveillance des situations se rapprochant d’abus de monopole. J’ajoute encore (dans l’ordre de ma réflexion et de mes lectures) : la rémunération des traders (voir bourse) et l’instauration d’agences de notation sérieuses (voir organismes de contrôles). Enfin, l’incitation au crédit par la distribution de cartes bancaires sans réelles provisions aux EU ; les paradis fiscaux relatifs, comme l’Angleterre, ou aux EU, la Floride et le Delaware ; le rôle de l’Etat dans l’économie, le financement et la définition des services publis, l’élimination des actifs toxiques dans les banques ; le rétablissement de la confiance économique ; l'éventuelle définition de revenus minimum et maximums, les échelles de temps de l’action économique, et notamment le moyen et long terme, qui doivent être revalorisés... J'ajoute (2/4/9), bien sûr, le contrôle de hedge funds ; les parachutes dorés ; les écarts de rémunération, et j'ajoute la schizophrénie des financiers.

(Mes sources d’information (interprétées à ma manière) pour cela ont été notamment la lecture -critique- des blogs de Messieurs Peyrelevade et Ugeux sur le site du Monde, la lecture de la presse, essentiellement Nouvel Obs, Le Monde, Marianne, Médiapart, Agoravox et quelques autres ; j'ajoute Rue 89 ; la Radio, notamment Radio France ; je ne donne pas toutes mes sources)

 

Une analyse retenue mais réelle

(nb : en effet, je fais remarquer que, parfois, je voudrais en dire un peu plus, mais je conserve mes droits d’auteurs, c'est-à-dire le secret sur certaines de mes idées. En effet, j’ai consacré plusieurs années à l’étude et l’analyse philosophique pour arriver à une épure mentale qui me convient et que j’écrirai lorsque je pourrai publier un livre complet sur le sujet ; je ne veux pas dilapider mes idées, mais je trouve qu’une intellectuelle doit prendre position lorsque des changements sont en vue).
Car la définition correcte de ce thème demanderait une analyse philosophique globale ; nombreux sont ceux qui soulignent la confusion accompagnant cette crise, et cette confusion est en partie une bonne chose, puisqu’elle laisse à la logique et à la vérité, à l’efficacité et à l’analyse pertinente, la voie ouverte : pour la finance, parce qu’ils espèrent se rétablir ; pour l’économie, la culture, la nature et la civilisation, pour tout un chacun, ou chacun selon sa situation et ses centres d’intérêt.

 

Des références culturelles

au sujet de la richesse et de la pauvreté financière

Ces temps-ci, manquant de temps pour tracer une analyse complète de la situation à mon idée, et souhaitant donc pour l’instant garder pour moi quelques idées secrètes encore, je souhaite cependant insister sur quelques informations qu’il m’a été donné de découvrir récemment, à l’occasion d’une autre recherche : le rapport de quelques unes de nos grandes figures de la pensée française à la question de la richesse et de la pauvreté. On verra là que ces grands hommes ont des choses à nous apprendre. (Les informations ci-dessous présentées le sont par wikipédia. Lorsque j’aurai un peu plus de temps, j’engagerai une vérification, mais pour l’heure considère, comme tout le monde ou presque, wikipédia comme valide, en l’absence de contestation.)

Ainsi, (re)-lisant la biographie de certaines de ces personnalités, je note plusieurs faits étonnants. Ainsi apprend-on que Voltaire, dans son domaine de Ferney, y aurait financé : une église, une école, un hôpital, une fontaine et un réservoir d’eau !... Il y aurait aussi fait assécher les marais, aurait créé des foires et nourri les habitants lors d’une disette (1771)… Certains devraient en prendre de la graine. Plusieurs siècles après, les habitants du lieu conservent une vraie tendresse pour le philosophe généreux… De même, concernant Montesquieu, né Charles-Louis de Secondat : ses parents, afin manifestement de le rendre subtil, lui choisirent pour parrain un mendiant et firent inscrire la phrase suivante dans les registres paroissiaux de 1689 : « A tel fin que son parrain lui rappelle toute sa vie que les pauvres sont nos frères. ». Et de même encore, Montaigne, né au château de Montaigne au 16ème, qui fut envoyé par son père, maire de Bordeaux et humaniste, quelque temps en nourrice dans un village peu fortuné, pour y prendre connaissance de cette manière de vivre. Plus tard, Montaigne sera maire de Bordeaux, et, déclinant un poste proposé par Henri 4, il lui dira : « Je suis sire aussi riche que je me souhaite. »

 

La soit-disant gratuité de la nature est en fait une incommensurable valeur

Finalement, je souhaite insister sur ce point : quel que soit la complexité de leurs raisonnements, connaissances, calculs et stratégies: les financiers n’ont pas de connaissances scientifiques et écologiques. Pourtant ils influencent l’évolution de la Terre y compris dans ces domaines ; c’est pourquoi je crois des lois nécessaires et urgentes pour intégrer ce paramètre. Enfin, sur radio BFM, quelqu’un insistait pour dire que l’économie verte représente l’avenir, c’est donc en elle qu’il faut investir, y compris pour la rentabilité.

Aussi, je rêve du jour où la finance sponsorisera le retour du printemps, garantira la présence des hirondelles, et célèbrera l’infini du ciel en soutenant tous ceux qui garantissent la beauté de cette nature, cette Terre unique qui nous a vu naître et nous porte dans sa biologie et sa physique précises et délicates... Alors, en attendant, et pour conclure, voici un petit poème (vers 2003) où il est question d’hirondelles, un autre (vers 2003 aussi) qui me revient maintenant à chaque retour du printemps ; puis, pour le repos des esprits, un peu d’humour de l’excellent site HippoDémo, découvert hier, qui nous repose de tant d’ardeur logique, philosophique et analytique, et nous rappelle à sa façon aux élémentaires exigences de la pensée intellectuelle… Et puis : bon G20 !...

nb : Illustration, statue grecque dans les jardins de Versailles. Photo par moi.

*

Puisque l’auguste prince

Puisque l’auguste prince, pour ma tendre cerise, me chante son ardeur,
Mon émotion sourit, elle vole, elle monte haut :
- Toujours, me dit le prince, je dessinerai pour toi des frises, sur la baignoire et le frigo.

Et, puisque les hirondelles jouent dans l’herbe des cieux, le cœur heureux,
Mon émotion sourit, elle vole, elle monte haut :
- Toujours, disent les hirondelles, nous aimons jouer dans le bleu
Où le chat nous regarde, de la tour du château.

Et il est si joli, si class, si amoureux, ce chat
Qu’on irait bien parfois, déposer un baiser, sur son charmant museau…
- C’est vrai, répond le chat, et je suis spirituel, passionné, langoureux,
Et je rêve, moi aussi, parfois, que je vole au milieu des oiseaux.

*

Soleil, Soleil…

Et dans ce monde où tout le monde court après la Fleur,
Qui, elle, reste tranquille, dans ses couleurs, dans sa chaleur :
Soleil ! c’est pour ta gloire que les pollens
Vont dans les corps et les semaines,
Circulent, papillonnant aux corps…

Ressusciter, ôter ses chaînes,
C’est tellement bon quand ça revient
C’est tellement fort quand ça vient fort
Quand le Soleil est sur la Seine…

Et dans les yeux et les cœurs d’or, on chante encore :
Soleil, Soleil, c’est pour ta gloire que les pollens…

*