28.05.2009
DERRIDA DEBRAY 2004
Prise de note sur une émission présentant un échange entre Debray et Derrida, sur France 3, en 2004, dans une émission du journaliste du Point, Franz-Olivier Giesbert. Synthèse réalisée sans beaucoup d'arrière pensées, car ignorance, à ce moment-là, du jeu des forces politiques et de réseaux que représentent ces personnes (j'ai commencé à lire régulièrement la presse française vers l'été 2007). A la relecture, j'ai trouvé leurs interventions, et mon résumé, intéressants.
Déconstruction
Matérialiste pour Debray : conditions culturelles et conditions techniques s’influençant.
Déconstruction : théorie de Derrida. Aux EU, déconstruction de la religion pour retrouver une pureté initiale par exemple.
Souveraineté
Derrida : cite Bodin, Hobbes… Lien au droit
Giesbert : danger de guerre, danger d’abus de souveraineté
Derrida : Souveraineté pouvant protéger, par exemple, du marché international… Donc, souveraineté, principe à discuter.
Debray : Affirmation historique de l’Etat contre les guerres de religion.
Présentation physique
Derrida est très joliment habillé, pour un homme dans son genre, un intellectuel de la soixantaine. Lisse, brillante, fluide, sa veste marque par son caractère parfait. Sous elle, un col de chemise blanc, -qui fait écho à ses cheveux blancs- un bleu doux, une cravate brillante, bleue, éclairée de points dorés. Régis Debray, lui, est davantage monocorde. Sous sa veste grise, plus sombre, un amas semble indiquer la présence d’une grosse cravate bleu doux sur fond marine. Au contraire de Derrida, qui se tient gracieux et assume ses incertitudes avec une certaine tranquillité, Debray parait plus soucieux ; il mordille ses doigts sous sa moustache.
Affirmation nationale
« C’est la bonne vieille tradition gaullienne ». dit-il, à propos du refus de Chirac de valider la guerre américaine en Irak.
Derrida partage ce sentiment sur l’utilité de cette affirmation nationale. Il souligne le rôle des mouvements populaires internationaux pour modeler l’avenir de la Terre. Et il milite pour l’avenir de l’Europe.
L’usage de l’etc. semble le mettre à l’abri des cloisons.
Giesbert prône la lecture de « Le siècle et la règle ». L’amour est-il ce qui résistera à la déconstruction ?
Morale et vie politique
Debray esquive la question. Et évoque son esprit désabusé devant la conjoncture politique pour lui préférer les questions d’ensemble, Bill Gates, Ted Turner, des chercheurs, dans une époque de « basses-eaux » : « Les morales souples sont plus respectables à mon avis parce qu’elles ne s’absentent jamais du réel. » Cité par FOG.
Société libérale amenée par l’esprit libertaire : Debray affirme, à l’intérieur de son réalisme, sa croyance dans le respect des institutions. Selon lui, la faiblesse de l’Europe est qu’elle n’a ni adversaire, ni légende, ni passion. « Le moi se pose en s’opposant », dit-il. Le Nous et le Eux.
« Les princes commandent aux peuples et l’intérêt commande aux princes. » Phrase discutée.
Les deux penseurs s’accordent sur la nécessité de la force, les guerres justes parlant à la fois pour et contre les armes. Derrida prône l’alliance européenne contre la théocratie arabe et la prétention américaine. Philosophie, sciences, lumières : telle est la bonne mémoire de l’Europe.
La démocratie est dévoyée par la nécessité de se défendre, niant ses propres principes, et par conséquent n’est à ce titre qu’un avenir (FOG reprenant « Voyous » de Derrida.) Pour exemple, les pouvoirs énormes du FBI aux Etats-Unis.
Une démocratie impériale peut cesser d’être démocratique à force d’être impériale, souligne Debray, qui prend Rome pour référence.
Le capital et les médias sont les deux pôles de risque d’un néo-totalitarisme moderne, souligne à son tour Derrida.
Pessimisme, optimisme, nostalgie ?
Pessimisme ? Demande FOG.
Scoutisme niais des américains (Debray) à éviter pour un réalisme de la description. Après la 2gm, la crise des missiles a montré que la situation était rationnelle donc limitée (Debray). Le soutien américain et français à l’Irak, le soutien américain aux Afghans, etc… La guerre froide contient les prémisces de la situation actuelle (Derrida).
« L’effet pervers, la seule loi à peu près sure de l’histoire » : Debray, inspiré par Brecht et sa mère courage.
Pour Debray, le 11 septembre est un dommage collatéral de la première guerre du Golfe. Vision morale en dessous de l’ironie de l’histoire…
Le travail du deuil peut se faire très vite, rit Derrida, lorsqu’on est sur que la violence ne se reproduira pas. Inversement, la crainte de la répétition crée le traumatisme.
Forces nationales (France, Allemagne…) pour assurer la force de l’Europe ? (Debray).
Participation, pensée
Regret de Debray de n’être pas davantage intervenu ? S’insérer dans un air du temps, répondre à une attente, peut être contraire à la lucidité.
Derrida : il peut y avoir des lumières à venir. Repenser la politique par la déterritorialisation. L’Europe, entendue comme une idée, pourrait transformer le politique, par cette approche médiologique.
Derrida s’affirme contre l’idée juridique de mariage, au profit du concept d’union civile.
Photo cLAIRE dELHOMME - Paris 2007 - Droits d'auteur réservés.
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Commentaires
Vu ceci et cela....
Etant donné que j'ai besoin de vacances avant toutes choses, à ce stade de l'histoire, (étant donné mes sur-activités des deux dernières années sur lesquelles je reviendrai un jour ou l'autre), je pense être plus présente sur mon blog à la rentrée en septembre, notamment d'un point de vue physique. Lorsque j'aurai vraiment bouclé quelque oeuvre, ainsi définie par moi et remplissant ses conditions à mes yeux, je me présenterai probablement un peu plus que maintenant. De plus, en tant que (en attendant d'avoir trouvé un éditeur éclairé, un mécène splendide, juste et cohérent ou une galerie audacieuse - que certes, j'aurai d'autant plus de chance de trouver que je rechercherai...) fonctionnaire de la Ville de Paris (comme Verlaine, mais c'est Rimbaud que j'aime), j'ai un devoir de réserve à cet instant. Tout avance, et je me sens déjà bien, grâce à plusieurs substantiels changements, dans plusieurs domaines. Mais j'ai encore besoin de sommeil, d'alimentation convenable, de mener à bien quelque travail graphique qui me passionne, etc... et de quelques vacances, à mon avis, bien méritées. La vraie suite sera donc à priori pour septembre. (ceci pour répondre à des questions que certains apparemment se posent).
J'ajoute que je ne donne pas vraiment d'orientation en politique pratique, car il est difficile d'accèder aux informations permettant de se faire un réel jugement. Aussi je m'en tiens à la philosophie générale, y compris de la Cité, à mes yeux.
Ecrit par : Claire | 02.06.2009
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