23.07.2009
Divers diversité diversement
Je me désengage des questions politiques : trop de masques, pas assez de franchise, trop de confusion. J’aime beaucoup le graphisme et la photo, ainsi que la littérature et la philosophie entendues au sens général et j’ai beaucoup à faire et à penser dans ces domaines. Je reviens à mes premières tendances. Sans compter mes possibles évolutions en interne dans mon administration, qui, également, m’occupent assez ces temps-ci.
Au début, internet, c’était pour quelques rendez-vous, et plus si affinités ; et pour des amitiés également, autour de la culture.
Puis j’ai fait un petit tour dans le milieu éditorial, un petit tour à lire les journaux en ligne, à m’inscrire dans des réseaux créatifs, en plus de ceux de rencontres ; j’ai exploré un peu ce que l’art affiche ; photos ; galeries ; entretenu des correspondances personnelles avec des amis d’ici et de là ; et d’outre-mer, c'est-à-dire au-delà des mers et des océans ; me suis allongée sous les palmes en toutes saisons ; ai lu des œuvres classiques ; découvert de petits trésors d’information ; ai participé de ci de là à des débats, -sous pseudo car n’ayant rien à vendre, et souhaitant plus de certitudes intellectuelles pour savoir quoi penser de ceci ou de cela- ; ai téléchargé légalement des musiques et des films ; ai décidé de snober Facebook pour entretenir un trajet plus personnel, et ne pas servir de cobaye à des machines marketing, même si je conçois aussi le côté pratique et éventuellement sympathique du site – cela reste virtuel, passons - ; suis aussi intervenue sur certains sites en lien avec certaines thématiques, que j’ai ensuite dépassées pour m’intéresser à autre chose...

C’est à la nature que je pense maintenant. La biodiversité. La préservation de notre divin climat. Je souhaite de rapides progrès dans ce domaine. On voit comment, sur ma rédaction du collège, la nature a toujours été pour moi presque comme une personne ; à l’adolescence, romantique, je m’allongeais dans les champs pour regarder le ciel et trouver une sorte d’amour dans le sentiment de nature. J’eus l’idée qu’on peut trouver des sentiments auprès des arbres. Au cap Bénat, il y avait beaucoup de petits enfants et beaucoup d’adultes un peu âgés ; je lisais Colomba, de Prosper Mérimée, un livre de mes grand-parents, et je pensais à la pinède, et je pensais que la pinède, la forêt, me comprendrait. Et puis bien sûr, les chats ont toujours très bien représenté la nature à mes yeux, en quelque sorte. Dès l'enfance, je trouvai la chatte belle, franche et sensible, quoiqu’un peu caractérielle parfois, mais une belle féline, indépendante à la chasse et ayant fait reculer un jour un chien de chasse ; j’en fis ma mère adoptive. La manière dont elle élevait ses petits me semblait parfaite ; elle s’occupait de chacun d’eux avec passion, intérêt et précision ; elle leur ramenait des souris. Dans le jardin, elle venait me rendre visite dans mon tipi indien, dont l’accès était réservé. Je savais que dehors s’étendait son domaine. Pour sa première ou deuxième mise bas, elle était venue me chercher dans ma chambre pour que je reste près d’elle et la rassure ; aussi, elle me donnait de jolis chatons qui dormaient sous ma couette tandis que je lisais. Il serait assez vrai de dire que c'est en début d'adolescence que je compris vraiment que je m'assortirai mieux avec un humain qu'avec un chat. Le mieux pour moi étant encore un homme-chat.

Carnet de voyage, grèce, été 2004 –
- Regarde, me dit-il, -à cette heure avancée de la nuit qui se trouve être devenue une heure palpitante du matin-, regarde comme les autres se lèvent, circulent pour aller travailler. Et nous, nous rentrons, nous allons nous coucher... C’est comme lire un livre, et y trouver une page d’un autre livre.
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Le vrai voyageur pour aujourd’hui, rencontré dans la nuit devant le temple Zappéion à Athènes, vient du Michigan. Sa voiture est un coquillage bordé par un azur de perfection à l’intérieur de laquelle on se glisse, on se pose, comme la perle. La musique y déroule des cascades sur écran. Il me dit que la chanteuse chante que si son copain lui ment, elle le quitte pour un autre ; il me dit que le chanteur chante qu’il en a assez de payer pour elle. C’est une musique du Michigan.
Il dit qu’il n’aime que la voiture, parce que les trains prennent toujours la même route ; elle dit qu’il y a beaucoup de trains et que chaque train est nouveau. Elle dit qu’on voit parfois de belles choses de la fenêtre du train, et qu’il y en a tant qu’on sait qu’on ne peut pas s’arrêter pour toutes les voir. Elle dit que c’est bien comme ça, qu’elle pense que c’est l’immensité du monde.

Il dit que, s’il voit de belles choses de la fenêtre du train, il prend note pour revenir plus tard. Sans doute est-ce pour lui la curiosité du monde.
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La vraie voyageuse et le vrai voyageur prennent un vrai café et une vraie bougatsa, cette pâtisserie aux amandes et à la cannelle, craquante et tiède. Ils ne sont vraiment pas d’accord. Ils discutent du mythe de Thésée. Lorsque Thésée rentre, victorieux, après avoir tué en Crète le Minotaure, il oublie de changer la voile de son navire, de voile noire, qui indiquerait sa défaite, à la voile blanche, qui dirait cette victoire, qu’il a de fait acquise. Or Thésée oublie de changer cette voile, et son père, le roi Egée, qui donnera son nom à cette partie de la Méditerranée, le roi Egée, voyant à l’horizon la voile noire, croit à tort son fils décédé et se jette du haut d’une falaise. Pour la vraie voyageuse, l’histoire de l’oubli de Thésée de changer la voile, et sa conséquence, veut montrer l’importance de la communication et de l’information. Pour le vrai voyageur, cela montre que, même lorsqu’on est très content (c’est la joie d’avoir gagné qui provoque chez Thésée l’oubli d’installer la voile blanche), il faut rester attentif. Elle trouve que c’est aussi une bonne idée.

Lui aussi, il a vu le Cap Sounion, les colonnes blanches, la fleur du marbre sur la toile scintillante et bleue…Sur la promenade sous l’Acropole, ils discutent. C’est une histoire, une rencontre excentrique dans le temps olympique. Il lui dit qu’elle pourra raconter cela dans son livre, celui qu’elle écrit : les diversités humaines, le garçon du Mishigan bleu marine, dont le père est américain et la mère grecque, qui n’aime pas qu’on critique le président des Etats-Unis, et qui ne se souvient pas qu’avant, des indiens en tuniques souriantes et autres peuplaient ce pays américain. Il ne se souvient pas, c’est ce qu’il dit. Il fait tourner la clef dans la machine et la voiture démarre, traverse Athènes, comme un vaisseau flottant.

Et la voiture traverse Athènes à l’aube, comme un bateau flottant. Comme la page d’un autre livre dans un livre.
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Voyage grèce 2003- annotations pour photos - 1 & 2 voyage en train - 3 buveurs de fleurs disant des songes - 4 appétit de la totalité - 5 la barque rouge - 6 traverser - 7 l’esprit du flot - 8 & 9 scène aux cavaliers - 10 & 11 port céleste - 12 le cavalier - 13 les yeux - 14, 15 & 16 chats - 17 le grand port - 18 l’arrivée - 19 truth - 20 l’art de la présence -21 & 22 one boath two boath - 23 à delphes - 24 les palmiers les pêcheurs - 25 porter des vagues - 26 miroir de l’eau - 27 prince of poetry - 28 place d’aristote -29 bord de mer - 30 île de lumière - 31 particules de lumière - 32 entre les monts - 33 temple - 34 manteau sur fond rouge - 35 mouette - 36 à delphes 2- 37 love boat - 38 j’éclate de joie - 39 la statue parfumée - 40 jeu sportif - 41 bord de mer - 42 les pieds de l’aurige - 43 hôtel au rideau rose - 44 do you believe in space - 45 enfant sur l’horizon - 46 hôtel doré - 47 transats -48 douces barques - 49 un bateau dans la ville - 50 écrire au bord de l’eau - 51 poséidon - 52 l’olivier d’olympie - 53 mouettes 2 - 54 l’éphèbe - 55 l’élan - 56 la colonne rouge - 57 halte- 58 couloir sur mer
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Un jeu de doux vertige- Claire Delhomme 2007-
Si, à l’intérieur du monde, se dit-elle, relevant les yeux vers l’étendue maritime, si je ne posais pas quelques repères, alors je serais dans le vertige. J’ai besoin de repères… Par exemple, si je jouais au vertige, si je jouais à ça, on me trouverait, au matin, endormie, flottant sur l’horizon, quelque part dans le Bleu qui me berce, sans autre indication que l’amour qu’il me donne… Flottement… Ou bien je serais suspendue au dessus de l’eau, de la lumière sur l’eau… Ou bien je voguerais, de galaxie en galaxie, en emportant mes livres dans ma fusée magique, dans les ardeurs phosphorescentes des étoiles en fusion…. Hum, pense-t-elle, et son esprit reste de même suspendu un instant… Alors, se dit-elle, un jour, si tel était le cas, si je voguais ainsi, quelque part, je m’installerais sur la planète la plus charmante de l’Univers, puis j’oublierai tout le reste. Tout le reste… Je me délivrerai de tout. Je ne ferai que jaillir, jour et nuit. Jaillir… Jaillir… Jaillir… Le repère viendrait de l’intérieur en quelque sorte. Comme sur ces peintures japonaises classiques du mouvement des « Images du monde flottant », les charmes de la vie quotidienne seront mon horizon ; je n’aurai pas de pensée élaborée, je serai lovée dans l’incommensurabilité de l’instant... Près de la fenêtre, la serviette de bain sera posée, en couleurs harmonieuses avec le mur décoré. Je me savonnerai dans le bain parfumé dont le bruit charmera mes oreilles comme les paroles de l’amant le plus tendre et le plus captivant. Vif et doux, le chat, par la fenêtre, regardera au dehors en manifestant, dans ses yeux qui bougent, les savoirs des félins… Au dehors, dans la grande plaine s’étendant, dans cette ambiance liquide et céleste à la fois, une procession paisible se rendra dans un lieu consacré, tandis que les oiseaux, éternels conteurs des cieux, passeront en lignes mouvantes, décorateurs du bleu. Alors, moi, au milieu de mes flots parfumés, voyant la plaine aussi par la fenêtre, j’entendrai la porte s’ouvrir, annonçant le retour de mon amant, et mon cœur fleurira, dans l’infini.
Et ainsi, il entrera dans la salle de bains, nous nous embrasserons et je lui dirai, dans un souffle :
- Chéri, as-tu pensé pour commencer à l’unité du monde ? Et d’ailleurs, où sommes-nous ? Et mis à part l’amour, quelles sont nos bases ?
Il me répondra, sans doute :
- Chérie… Laisse-moi trente-cinq secondes pour me déshabiller.
Et il m’embrassera.

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Tiens, c'est Paris-Plage en ce moment. Deux créations graphiques (Paris Plage 2005)


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