19.07.2008

Recommandation, réflexion

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Je recommande à tous ceux qui s'intéressent à la vie de l'esprit, et en particulier aux lettres, d'écouter l'interview de l'éditeur André Schiffrin sur France Culture, dans l'émission "A Voix Nue" d'Alain Veinstein, le lundi 14 juillet- émission du jeudi " QUATRIÈME ENTRETIEN. Les transformations de l’édition mondiale"

Cette émission analyse la situation éditoriale française, notamment la dépendance des maisons d'éditions et, périphériquement, des groupes de presse, vis à vis des grands groupes internationaux, notamment des marchands d'armes. Cet éditeur analyse avec beaucoup de précision la concentration éditoriale française. Il explique notamment comment les impératifs de croissance financière de ces grands groupes provoque des absurdités de publication; on comprend pourquoi la presse souvent est moutonnière sur quelques titres : les lecteurs financent les économies d'échelle de ces groupes, leurs stratégies économiques parallèles (hors édition), la zone d'influence de domaines d'activité hors édition, et leurs logiques de rentabilité immédiate (la logique de rentabilité immédiate étant, dit-il, l'ennemie des nouvelles idées, car les nouvelles idées au départ doivent se créer leur public). En partenariat avec la grande distribution, le système décrit par l'éditeur semble totalement exangue et servile et, dans les conditions actuelles, voué à l'être de plus en plus. Il s'étonne (moi aussi) que très peu de personnes, dans le milieu intellectuel français, se soit levées ou aient protesté lorsqu'un tel système s'est installé en France.

Aussi, je suggère à tous les jeunes artistes à se renseigner sur la structure économique des maisons d'édition auxquelles ils envoient leurs manuscrits, et à préférer les maisons indépendantes. J'invite aussi tous les lecteurs à s'intéresser préférentiellement à ces maisons, et à ne pas se faire traire comme des pucerons par des fourmis de l'esprit.

Peu à peu, depuis quelques mois, je découvre le milieu éditorial. Il n'est en effet pas nécessaire de le connaître, à priori, lorsqu'on écrit. Un carnet de voyage, un roman d'amour, des ritournelles érotiques, des tableaux d'esprit, ne nécessitent que du temps et de quoi écrire. Lorsqu'on commence à s'intéresser à cet aspect des choses, on entre dans des considérations sur la structure économico-culturelle d'un pays et son avenir. Mr Schiffrin a le mérite également de pouvoir analyser la situation française en comparaison avec celle des Etats-Unis sur le même sujet, qu'il connait bien. C'est la première fois que j'entends parler de cet éditeur, mais son interview m'a paru édifiante.

Ecrire, c'est penser. Publier, être publié, lire, acheter un livre, c'est penser.

Réécoute possible jusqu'à demain dimanche 20 juillet.

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissio...

nb : en illustration, Louise Labé, poètesse lyonnaise du 16ème siècle.

nb 2 : il n'est pas forcément évident de savoir qui est indépendant et qui ne l'est pas. Le moins qu'on puisse dire est que l'information sur ce sujet est loin d'être gaiement professée de façon transparente un peu partout. Et pour cause... C'est la raison pour laquelle je ne donne pas de noms ici. Que chacun fasse sa recherche, et que ceux qui sont sûrs informent les autres...

18.06.2008

France Limousine Maxime Gaillard

Un très bel oiseau blanc, immobile,
portant des dessins jaunes sur ses plumes nacrées,
passa volant, aux rayons fébriles,
qui le voyaient.

Si vous voulez voir aussi cet oiseau étonnant, il se trouve sur le site de Maxime Gaillard, photographe, le 21 mai 2008... Maxime Gaillard est photographe, il habite en Limousin. De là à dire que ses photos sont limousines, il n'y a qu'un pas que je franchis, comme une rivière, d'un bond, sans pont, par le seul élan du plaisir émotif... Et la limousine me rejoind d'une autre façon...

De ce photographe inspiré, qui capte la nature avec grâce,  je ne sais rien, ou presque. Je le vois, je regarde la nature qu'il fixe, je vois la saison bouger, parallèle à Paris, dans cette campagne où je ne suis jamais allée. Si l'on parlait de vaches, de rivières, de champs, de fleurs, de bâtiment sourcier d'où l'histoire s'écoule, on n'en saurait encore pas assez sur Maxime.

Tous les jours, ou toutes les semaines, il poste une image, et cette image vaut toujours une sorte de méditation. Elle invite la contemplation à se faire active ; écrire un mot de sens, faire fleurir en phonème. Les commentateurs, souvent, sont inspirés, dans une sorte de work in progress vivant. Il y a quelque exigence à vouloir en dire quelque chose de beau, ou de vrai.

Donc, je suis fan du photographe Maxime Gaillard et de ses photos de la France-limousine. Le commentaire que lui-même donne de ses clichés aussi vaut le détour. Détour, contourner, traverser : vraiment, Maxime Gaillard est étonnant. 

Il reste ailleurs, suspendu dans son mystère. Nulle obligation qui ne soit une belle façon. Si la curiosité vous pique, vous chatouille, comme un léger pollen qu'un vent très amoureux vous apporte au secret de vous-même, promenez-vous chez lui, un jour ou l'autre : pour prendre un autre frais, jouer une autre fois, vous changer les idées, les joies ; esthétiques celles-là.

Dans le monde d'aujourd'hui, savoir sacraliser la nature doit être déclaré d'utilité publique. Et pour ceux qui n'y verraient que poèsie, qu'ils se reportent aux articles des journaux sur l'agriculture, la Terre, la nature et leurs évolutions. Respect pour la mère nature, il va falloir apprendre cela. Après la grande phase exploratoire -voyages, économie, croissances, technologie-, il va falloir comprendre la répétition et une certaine forme de permanence : saisons, richesse des terroirs, définitions de la faune et de la flore, sentiment naturaliste d'être humain. C'est simplement vital.

Voici parmi les dernières photos postées par M. G. (la première du 21 mai), en guise d'évocation.

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Voici son blog :

http://objectif.blogspot.com/



12.06.2008

Au sujet du Bateau Livre

090 Affichage courrier standard.jpgLes programmes de la rentrée se créant ces temps-ci, on apprend le non-renouvellement, sur France 5, de l'émission le "Bateau Livre", excellente émission de Frédéric Ferney. Ceux qui appréciaient cette émission sont invités à exprimer leur soutien à F. Ferney sur le blog d'Eric Poindron, éditeur de Champagne-Ardennes, éditions du Coq à l'Ane ; ils y trouveront aussi la lettre rédigée par Mr Ferney pour demander plus ou moins le maintien de l'émission.

http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites/

J'y ai mis ma participation aussi. Un mouvement d'opinion serait-il suffisant pour obtenir le maintien de l'émission ? Ceux qui ne la connaissaient pas peuvent-ils savoir sa qualité ? Quoiqu'il en soit, la suppression d'une des rares émissions littéraires du Paf, qui semble bien ces derniers mois agir au Pif, vaut bien une petite ruade littéraire, loin du tas de crotin de la télévision marketinisée, pour ne pas dire crétinisée.

*

Le Bateau Livre est une émission intéressante, qui permet la discussion avec des interlocuteurs de la culture variés, dans un cadre intellectuellement stimulant. L’émission est riche de séquences, rythmée, bien menée. On adhère ou non au choix des auteurs, parfois plus que d’autres, mais l’émission donne une vision vraiment intéressante, différente, de la littérature. D'ailleurs, pour tous Frédéric Ferney parvenait à extraire quelque chose d'important. J'ai aimé y voir Vassilis Alexakis, pour son très passionnant "Après JC', livre dans lequel l'auteur grec explore, non seulement l'identité du Mont Athos, mais aussi toute la transition entre la Grèce antique et moderne, la mémoire, les instants présents, le feu vivant d'une culture qui, au travers des mouvements d'idées, trouve le lien avec ce qu'elle était... Le même jour était invité Pierre Rosenberg, ancien président-directeur du Louvre. J'ai trouvé l'émission délicieuse. J'ai apprécié aussi le passage d'Abdel Malik, musulman intello et ouvert, et d'autres encore...

Sobrement menée, non politisée (à ma connaissance), il est évident que cette émission mériterait de garder sa place dans les programmes d’une télévision publique de qualité.

Son éventuelle disparition des programmes témoigne peut-être (outre du manque d’inspiration de ceux qui prendraient une telle décision) d’une insuffisante solidarité des acteurs de la chaîne du livre et des médias. Les journaux littéraires devraient davantage parler des émissions qui marchent, notamment dans la presse généraliste. Une dynamique devrait se renforcer ou être créée, au vu de l’attaque financière sur la diversité culturelle. Les médias devraient faire un maximum d’écho aux quelques littéraires de la télé. Les libraires aussi, ont probablement une mission de service public, à ce niveau. Sans être spécialiste de l’économie du livre, je lis assez d’articles littéraires pour n’y voir pas souvent mentionnées les bonnes émissions culturelles, chacun défendant sa branche et créant peu de passerelles, en tous cas visibles du grand public… alors que les différentes professions en jeu –libraires, médias, journaux, éditeurs, artistes- ont des intérêts communs à une bonne santé de la lecture en France. Il me semble donc, qu’il faut renforcer les synergies et les complémentarités dans la culture, pour palier à la concentration économique.

Car cette concentration économique tend vers des médias de plus en plus simplistes qui seront toujours, et par définition, plus rentables, puisque c’est leur seul objectif (malheureusement pour eux).

Il existe aussi des objectifs de service public, et la télévision publique est normalement là pour cela. La culture est une belle mission.

Je pense que le Bateau Livre remplissait une mission de service public et ne devrait pas être supprimé. Merci à Frédéric Ferney pour son travail sur la culture livresque.

Nb : Une autre émission de grande qualité, dans le style humoristique et médiatique, a été supprimée récemment sur France 4 « Les agités du bocal ». L’émission était d’une grande finesse et fantaisie, très rafraîchissante, amusante, sympathique et constructive…

 

14.05.2008

Rayons sur une fenêtre

Quelle spirale plus sexy pour traverser la nuit ... Foisonner d’idéaux, de vagues, de bateaux à voile... Jouer à faire l’étoile. Prendre la liberté. Les paroles de l’aurore doivent extraire l’essentiel, extirpé de l’obscur. Dans  chaque idée, la main cueille une pensée qui lave. L’eau s’écoule sur la Terre, et sur moi aussi... Ecoute ! les ailes de l’oiseau liquide frôlent le rayon de la lumière… Moi, un jour, je te parlerai de ma nuit. Je te dirai  sans doute que mes yeux sont plus grands que le ciel, et le ciel, plus grand que l’Esprit.

 

« Et l’univers tout entier m’est entré dans les yeux, Un soir où j’étais seule… Et moi qui voulais tant connaître la manière dont se consume un feu Je crépitai vraiment Oui moi la tendre enfant… »

  

Quelle spirale plus sexy pour traverser la nuit ... Au matin, la poétesse avisée s’allonge au rayon du Soleil.  Un homme est reparti. Commence à se cueillir elle-même... Tend ses deux mains unies dans cet arbre fruité. Mais son esprit, partout, s’est encore promené… Car : le long dérèglement de tous les sens est le règlement du sens de l’exploration… « Si au moins j’ai appris quelque chose aujourd’hui… ». Pas de nœuds… Soins, visibles, forme des ongles, pieds et mains, crème, s’élancer… Le Soleil s’est marié à l’aérodynamique. Célébrer en musique… Ou bien : nager nue dans un fleuve, sans penser à demain... Et pas de nœuds :  la profondeur des cadeaux… Quand je m’en fiche, je danse, mais si je danse, c’est parce que j’ai des mots…

Toujours je jouerai à définir un autre style de château. 

 

Quelle spirale plus sexy pour traverser la nuit… Parfois, il semble que le sexy est un drap tendu sur le monde, sous lequel l’homme tonne… La muraille de la femme ne l’a pas arrêté. Troie est aux mains des Achéens. Hélène et Ménélas sont rentrés.

18.04.2008

Le parfum de l'humanisme

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Lorsqu’un corps constitué existe, il possède ses organes de régulation. Cette régulation lui permet de s’adapter utilement à son environnement. La vie est un équilibre précis. Il y a les ressources, il y a l’intérieur, il y a les relations d’interdépendance, et il y a les conditions extérieures.

Certains s’interrogent : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?... Ma réponse à cette question est la suivante : s’il n’y avait rien, il n’y aurait non plus personne pour poser la question… La vie a émergé sur Terre il y a environ 3,5 milliards d’années, dans un climat et des conditions chimiques très précises. L’eau, l’air, la température sont favorables sur Terre à ce système magique, dont nous profitons tous au cours de notre vie, que nous rêvons éternelle, que nous remplissons, jour après jour, de nos éternelles vibrations vivantes.

*

Autrefois, sur Terre, les différentes civilisations se connaissaient peu les unes les autres. Ici et là on racontait des histoires sur les « autres », où l’imagination certainement avait sa bonne part. Chaque milieu humain était séparé de l’autre par des forêts, des foules d’arbres, des rues liquides, des montagnes d’une hauteur insensée, des étendues d’eau aussi vastes que l’imagination elle-même, des kilomètres de plaines et des entrelacements d’écosystèmes, où chacun croissait et créait, dans son milieu.

Puis les empires et les explorateurs tracèrent des routes et de nouvelles histoires. La production se développant, se complexifiant, les oiseaux –qui voient tout de haut-, eurent la surprise de voir le champ humain se resserrer davantage au point de devenir uni. Les productions d’une partie de la Terre commencèrent à arriver, par avion, bateau, train, sur les autres parties de la Terre. Ici, on produit le corps de la poupée avec laquelle l’enfant joue. Là-bas, on crée les yeux pour son visage. Un autre encore, coud, sage et appliqué, la robe colorée de sa joie.

De même les fumées des usines se mirent à voyager, sans visa ni pensées. Les produits, divers, commencèrent à être distribués partout. Chacun gagnant ou perdant de l’argent, à mesure de ses possessions et de ses investissements, de son savoir-faire. L’argent étant le moyen le plus simple que les humains, habitants terrestres, capables de toutes les ingéniosités, ont trouvé un jour pour dépasser le simple troc d’objets matériels et parvenir à des échanges faciles, en vertu de l’idée que toute chose à une valeur, et que cette valeur est déterminée par la rareté et la demande du produit.

Certains pays étaient peut-être plus forts que d’autres. Qu’est-ce que la force ? L’intelligence ? Ou la bêtise des armes ? Des rapports de pouvoir se mirent en place partout. Or, l’espace est si grand sur Terre… Qui peut vérifier la vérité de tout ce qu’il s’y passe ?...  A un certain niveau, nous nous en remettons à notre croyance, pour décider ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, qui a raison et qui a tort.

Dans ce contexte, on commença à parler de globalisation, de mondialisation, de village planétaire. Marchant sur les sillons des ondes, les musiques commencèrent à se promèner de continent à continent ; les fruits tombés des arbres à parvenir dans différents types de paniers, sur différents types de tables, ornant différents types de déjeuners.

Chacun a son climat : aux uns la présence épaisse du Soleil et de la lumière ; aux autres, la science traditionnelle des constructions de  pierre, qui nouent leurs protections sacrées autour des vêtements d’hiver. Aux uns les pentes, aux autres les plaines. Aux uns les rivières, les torrents de montagne qui s’en vont en rires sur les pierres, les longs fleuves majestueux où l’enfant voit son reflet, les petits cours d’eau qui se révèlent, avec leurs doux tintements, entre les herbes. Aux autres les rivages, bleu turquoise mélangé de soleil, bleu sombre et remuant, bleu doux aux vagues tranquilles…

Un jour on commença à nous parler de réchauffement climatique en lien avec les productions industrielles. On commença à nous dire que des espèces vivantes disparaissent chaque jour de notre planète, en lien avec les productions industrielles. On vit que des déséquilibres s’organisaient entre différents pays, en lien avec les productions industrielles, les uns riant joliment dans les trombes de leurs piscines à bulles, les autres marchant sur des sols fissurés de sécheresse : mais ils dansaient pourtant...

Aujourd’hui, pour une raison que nul n’explique uniformément, le prix des ressources alimentaires a monté brusquement dans des pays d’Afrique, des Caraïbes, d’Amérique latine et d’Asie. De très nombreuses personnes sont en danger alimentaire. Pourquoi ? L’éditorial du Monde du 16 avril 2008, intitulé « les tartuffes de la faim », analysant cette question, en donne pour raisons principales : les directives insensées de la banque mondiale et du FMI, les subventions agricoles dans les pays occidentaux, l’augmentation de l’espace alloué par les pays actuellement riches (usa, europe) aux biocarburants, censés développer l'indépendance énergétique des "grandes puissances", et remplacer le pétrole à moyen terme, histoire de pouvoir continuer à faire fonctionner des voitures lorsque l’or noir, issu de millions d’années de fermentation, aura disparu de notre Terre. D'autres facteurs sont avancés pour expliquer l'augmentation des prix : l'affreuse spéculation, l'augmentation du prix du pétrole et le développement de la consommation de viandes dans les pays dits émergents (consommation de céréales par les animaux).

Quelle qu’en soit la raison, il faut réagir. Les dirigeants ont une forte responsabilité, qu’il s’agisse des présidents et équipes gouvernementales de chaque pays, qu’il s’agisse du FMI et la Banque Mondiale, lesquels, depuis des décennies, influencent l’organisation du commerce mondial… Qu’il s’agisse aussi de tout un chacun, car tout un chacun crée le monde tel qu’il existe. Que tout le monde boive du soda, et le soda devient une puissance planétaire. Que tout le monde demande une gestion intelligente de la Terre, et la planète deviendra intelligemment gérée, respectant les ressources et les hommes, travaillant à faire progresser le bien commun et les égalités.

*

On sait que les rôles ne sont pas fixés pour toujours. L’émergence de l’Inde et de la Chine a démontré que les faibles d’hier peuvent devenir les puissants de demain. De ce fait, chacun tend à jouer son propre égoïsme contre celui des autres. Les puissants rêvent d’être toujours puissants. Les faibles rêvent de devenir puissants. Un faible devenu puissant est sans doute aussi égoïste qu’un puissant qui l’était déjà.

Sur la Terre mondialisée, cette attitude, non seulement ne satisfait pas à l’impératif de justice, qui demande un minimum pour chacun (l’eau, l’alimentation, l’habitation), mais aussi ressemble à une concurrence entre la main droite et la main gauche.

De plus, on nous dit que les ressources terrestres ne seront pas suffisantes, en eau, agriculture, composition gazeuse et autre, pour pouvoir généraliser le système des plus riches. Il faut donc discuter de cela.

Il faut que les dirigeants soient sérieux maintenant ! Nul n’a le droit de parler de justice s’il laisse sciemment des populations mourir de faim, des écosystèmes disparaître. La mauvaise conscience doit les torturer. L’argent n’est qu’une des ressources de notre monde : ce n’est pas la seule. S’en remettre uniquement à l’argent, c’est manquer de beauté.

Nous ne voulons pas de réchauffement climatique, nous voulons le non-réchauffement climatique. Nous ne voulons pas de la disparition des espèces vivantes au profit d’un argent aussi incommensurable que ridicule. Nous voulons la pérennité du système terrestre. Nous ne voulons pas du martyr des populations voisines, avec lesquelles nous échangeons des images, des voyages, des musiques, des paysages. Chacun sur Terre a la science de son territoire. Nous voulons continuer pour toujours à partager ces sciences. Que chacun nous illumine de son avis sur le bonheur.

La planète, la nature, nous appartiennent. La justice économique est la responsabilité de tous. Il s’agit d’un seul corps, le corps de la Terre. Ce corps doit être régulé, comme ensemble interdépentant doté d’intérêts communs : la poursuite de la vie dans toutes ses richesses, la réjouissance des réjouissances, la légitimité des joies.

- Des minimums vitaux doivent être assurés à tous.

- Chaque peuple doit avoir la maîtrise de ses ressources et de son destin.

- Chaque peuple doit contrôler sa démographie en fonction des possibilités de la Terre et du pays (centres d'information sur la contraception).

- Il doit être interdit de dépasser un maximum dans la possession de richesses, dont l’abus ressemble à une tentative de compensation névrotique de manques physiques ou affectifs.

- La transparence écologique et humaine des entreprises et pays doit augmenter.

- L'existence de multinationales, dont le nombre par secteur se compte souvent sur les doigts des mains, doit être mise en question. En effet, ces monopoles, qu'il s'agisse de Bill Gates, de Monsanto, Nestlé et des autres, ne sont pas légitimes. Il me semble qu'il existe des règles dans la gestion mondiale du commerce interdisant les monopoles. Il va de soi que la démocratie économique doit exister, au même titre que la démocratie politique (à savoir la multiplicité du choix des consommateurs). Même du point de vue des prix, chacun sait qu'un petit nombre d'entreprises dominantes, non seulement forcent les consommateurs à les acheter (voir abérations concernant le brevetage des graines végétales dont certains veulent scandaleusement se réserver la propriété et la vente), mais aussi représente un risque de voir ces entreprises s'accorder pour fixer secrètement entre eux des prix désavantageux pour le consommateur. En d'autres termes, l'existence de ces multinationales mondiales, poussées par le système de l'actionnariat à des profits toujours supérieurs, représente une sorte de dictature économique contre laquelle il convient de lutter (par exemple en achetant autre chose, tant qu'autre chose existe)...

- La nature, sacrée parce que unique et nécessaire, doit être protégée dans tous ses aspects.

- Les financiers doivent se rappeler qu’ils ont un corps et que ce corps monte de la terre et s’abreuve à la source descendue des montagnes.

- Chacun doit donner en raison de ses possibilités, pour essayer de compenser les trop peu justes, trop peu agréables, disparités économiques.

- Chacun, dans le dialogue des civilisations, doit privilégier l’information et la paix sur la concurrence et la caricature d’autrui.

- Les dirigeants doivent nous présenter correctement les dialectiques à l’œuvre : que nous demande-t-on ? Combien de chômeurs à financer, quelle partie de nos budgets grevés, si l’on doit devenir plus partageurs ? Combien de bains ? Combien d’euros perdus pour la justice gagnée ? Combien ? Nous devons démocratiquement choisir des stratégies de puissance.

- La gestion mondiale de toutes ces questions doit progresser de manière urgente. Il ne s’agit ni de détruire la beauté de notre Terre, ni de provoquer le martyr des peuples, cela pour des comptes en banque totalement abstraits. « Bien mal acquis ne profite jamais ». On demande à ce que cela soit vrai.

- Le consommateur doit avoir conscience du caractère politique de l’acte d’acheter. Acheter commerce équitable, prendre en compte la moralité ou non des marques, la faible présence d’emballages plastiques; ne pas acheter de produits qui relèvent de la martyrisation des animaux non plus (et qui martyrise l’animal est toujours prêt à martyriser l’humain).

- Chaque artiste, chaque intellectuel, a aussi sa responsabilité, pour faire monter la douce ambiance. De nos jours, la publicité a pris le pouvoir sur les représentations du monde, abreuvant les peuples de mensonges alléchants et scientifiquement organisés pour convaincre. De même le cinéma et les films, bien souvent financés par les industries... L’art doit reprendre sa mission civilisatrice, la civilisation du genre humain, qui vient et englobe toutes les autres civilisations, issues des territoires.

- Faire circuler les informations éclairantes.

 

Car :

 - La modernité n’est pas la négation de la nature. La modernité se tient à l’intérieur de la nature, où nous nous trouvons tous, dans cette merveilleuse conjonction des interdépendances et des conditions terrestres, où les oiseaux nous regardent encore, en se demandant : que feront-ils maintenant ? Seront-ils fous ou sages à présent ?

- L’humanité n’est pas frappée de folie : elle ne se retrouvera pas un jour sur une planète bouillante, où les merveilleuses conditions initiales auraient disparu en raison de spéculateurs sans savoir ni charme qui auraient voulu s’acheter trois milliards de cravates en soie, qui, de toutes façons, ne les rendent pas plus beaux ni plus attrayants, en vertu du manque de qualité de leurs actions et du caractère financier monocorde de leurs esprits.

Dans un monde de combat féroce, qui fait l’ange disparaît et son corps s’en va flotter, inconnu et doux, sur les rivières de l’oubli et de l’invisibilité. Mais qui fait le féroce ne mérite pas le statut d’être humain, ne mérite pas le sourire.

Le parfum de l’humanisme est de prendre au sérieux toutes ces questions, de mettre sa participation.

Aujourd’hui, au lieu d’aller s’acheter un parfum à 50 euros, se rappeler que 50 euros, c’est souvent le salaire mensuel dans de nombreux pays. S'il faut choisir, aujourd’hui, ne pas acheter de parfum... Donner les 50 euros à quelqu’un. Acheter le disque de Youssou N’Dour, qui organise des œuvres sociales au Sénégal. Donner à une association de bonne réputation. Développer l’amitié des peuples, au-delà des différences. Aujourd’hui, se parfumer d’humanisme et de multiculturalisme… Ne pas agir en ange, mais agir en douceur…

…Lorsqu’un corps constitué existe, il possède ses organes de régulation. La vie est un équilibre précis. Il y a les ressources, il y a l’intérieur, il y a les relations d’interdépendance, et il y a les conditions. C’est cela qui est, en premier, précieux.

*

De Moussa Diop, en direct de Dakar, Sénégal

Salut ma chère Claire,

Je suis vraiment ravi de cet article très important «  Les tartuffes de la faim ». J'ai lu les commentaires qui sont divers. J'ai vu que des gens condamnent la politique des USA et de l'Occident, d'autres critiquent la politique de développement de l'Afrique en faisant allusion au développement de pays comme la Chine et l'Inde qui étaient des pays pauvres. Pour d'autres il y a aussi la responsabilité des grandes institutions mondiale telles que la FMI et la Banque mondiale.

Je critique la politique de développement de l'Afrique qui est sous l'influence de l'Occident et des USA. Nous avons l'indépendance mais pas la liberté politique car la politique de développement de nos dirigeants est dictée par les puissants pays qui continuent à nous exploiter sur le plan agricole et économique avec des coopérations inéquitables au détriment de l'Afrique.

L'Afrique aussi est responsable de cette crise avec des guerres qui ont causé des famines, des milliers de morts, surtout de jeunes qui doivent être la main d'œuvre de tout pays. Il y a aussi la mauvaise exploitation de nos ressources naturelles au profit des pays développés. En effet toutes les exploitations sont dirigés par des occidentaux ou des américains où 70% ou plus leur appartiennent. Pour le reste de l'Afrique, elle est mal gérée et les richesses en sont mal réparties car le peuple n'en bénéficie pas. C'est pourquoi les riches deviennent de plus en plus riches.

On est pauvre économiquement mais riche culturellement. Alors je t'envoie quelques sons d'un autre grand musicien sénégalais il s'appelle Omar péne.

Moussa Diop

 *

EXPLICATIONS PAR MOUSSA DIOP, suite (28/4/8)

"L'agriculture en Afrique n'est pas si développée parce qu'il n'y a pas la maîtrise de l'eau. En effet dans beaucoup de villages les gens n'ont pas même de l'eau potable à boire. C'est l'eau qui pose le problème pour développer l'agriculture. Cette dernière n'est pas moderne comme celle des européens ou des USA.

Les grandes firmes agricoles exportent la majeure partie de leurs produits agricoles vers l'europe ou les usa considérant le marché africain pas rentable pour leurs produits. Les grands firmes agricoles sont gérées par des européens. Et ils ne peuvent pas nous imposer leur prix qui n'est pas à la portée de beaucoup d'africains alors ils préférent les exporter.

L'afrique a un potentiel agricole trés énorme mais mal exploité. En fait l'Afrique pourrait devenir le grenier de l'humanité.

En somme maitrisons l'eau et modernisons pour développer l'agriculture."

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Le site de Moussa Diop, Dakar, Sénégal

http://moussa7401.skyrock.com/

Le site qui présente une partie de ma correspondance en 2007 avec Moussa Diop

http://dakarparis.afrikblog.com/

Le débat sur les émeutes de la faim sur France 3, émission du 17 avril (après le premier quart d'heure sur les OGM)

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/index-fr.php?page=emi...

*

 

Circée : "Allons, cessez maintenant de pleurer !... Oh je connais tous les malheurs que vous avez subi, sur la mer aux poissons ou, par la cruauté des hommes, sur la côte ! Mais prenez de ces plats et buvez de ce vin, afin de retrouver en vous le même coeur que celui que vous aviez, autrefois, et qui vous a fait quitter votre sol natal, votre rocher d'Ithaque. Vous êtes sans élan et l'âme anéantie, vous rappelant sans cesse vos aventures sans joie, à force de souffrir !"

Elle parla ainsi et nos coeurs se dépêchèrent de lui obéir.

 

HOMERE, Odyssée

21.03.2008

Ne faites pas ça...

994498541.jpgEn fait, je suis championne pour créer de nouvelles catégories.

Le texte ci-dessous est un billet posté ce soir sur le blog d'un ami internet congolais-américain. Ce que nous avons fait de mieux, lui et moi, dans nos échanges, c'est de remplacer "Tintin au congo" par Baruti, dessinateur congolais de bd.

Ce billet est un billet du jour que j'aurais pu rédiger, tout en ne le rédigeant pas. Honneur à l'impulsivité. 21 mars 2008. Photo.

 Si je devais rédiger un article sur ces deux derniers jours, ce que je ne ferai pas, je dirais que
- yacine est revenu me voir. Aujourd'hui, il me pique une colère par internet comme quoi les noirs sont favorisés et les arabes (il est berbère) n'ont rien pour eux. Pfeu ! Enfin, Yacine est chercheur à l'inserm. Le problème, c'est qu'il passe toujours me voir pour du sexe, alors que j'aimerais mieux discuter culture avec lui -ce qu'on fait quand même un peu-. Heureusement, je vais voir demain ma doctoresse vietnamienne, qui m'a déjà accompagnée intellectuellement sur mon voyage à Haiti où ma mission était de consolider la sécurité. Ouah, je vous dis pas, une blanche seule à Haiti, ça déchire... Et puis hier soir, première séance chez les altermondialistes d'attac, super intéressant, un topo sur la laïcité, que nous les français sommes les seuls à avoir. Conférencier super, je lui ai écrit aujourd'hui. Je pense aussi à mon ami Moussa au Sénégal; la démocratie est en pleine consolidation, mais les prix augmentent... aie aie aie, où va la planète... J'm'inquiète pour elle... Certains disent déjà qu'il y aura d'ici quelques années des millions de réfugiés climatiques en provenance des pays chauds devenus inhabitables, et on raconte durant ce temps que les amerloques (comme on dit ici) prient contre le réchauffement climatique les pauvres, mais n'adoptent pas les normes anti-pollution... Dans le journal Le Monde, topo sur les nouvelles maladies infectieuses qui arriveront aux EU dans un tel cas (insectes et compagnie). Je travaille encore sur le sujet d'Israël au salon du livre à Paris, une honte quand on pense à nos amis palestiniens sous les bombes, et la censure dans un de mes journaux préférés -tout est relatif-. Je cible mes soutiens à la presse, car je me sais dotée d'une bonne légitimité, écris à Océane, métisse grecque-madagascarienne super sympa, et me prépare à recevoir demain un journaliste colombien qui m'a expliqué hier soir que Coca cola commet de très mauvaises actions en Amérique du Sud et se prépare à publier un livre sur la mafia.


Où va le monde... Bossez bien, les uns et les autres car il y a du travail. J'vous jure, je ne peux pas tout faire toute seule.

nb : bon, je n'ai pas tout mentionné, mais ce serait trop long... Yacine me dit qu'il faut que j'ajoute un truc à mon blog pour me faire plus de publicité, si vous avez des idées, n'hésitez pas... Les meilleurs savent m'apprécier, c'est sûr (pub!).

nb2 : je travaille encore sur mon livre concernant une philosophie sans religion. J'ai le système, depuis plusieurs années. Ce premier livre servira à poser les bases de cette philosophie, dans un contexte romanesque (texte légendes). Je pense être prête lundi prochain. C'est le printemps, non ?... oui...

 nb 3 : Vous avez vu Prosper Mérimée, comme il était bien... Merci Prosper...

nb 4 : Je précise cela : Le roi Midas avait demandé que tout ce qu'il touche soit transformé en or. Mais il s'aperçut alors qu'il ne pouvait plus manger ni boire. C'est pourquoi on dit que le roi Midas a des oreilles d'âne... Parabole extremement intéressante pour notre civilisation. C'est même la plus utile actuellement. Merci les grecs, et salutations à Mr Vassilis Alexakis pour son livre "Ap JC", couronné par le prix de l'académie française.

nb 5 : Pour Yacine, le beau berbère, j'ajoute une photo de rebeux adorables sur l'album Paris Plage Poésie....

nb 6 : Concernant le Salon du Livre et ses polémiques, j'ajoute qu'il semble que certains écrivains juifs ont demandé aux intellectuels européens de secouer un peu le sujet, de protester contre ce Salon, pour réveiller la culture israélienne à la nécessité urgente d'une meilleure réflexion (quand il y a guerre, c'est urgent...)... Il a semblé aussi, dans une émission de tv (ce soir ou jamais, france 3), que l'Etat israélien a, pour commencer, un débat à organiser en interne sur la manière de classifier ses citoyens en catégories sur les cartes d'identité...