28.05.2009
DERRIDA DEBRAY 2004
Prise de note sur une émission présentant un échange entre Debray et Derrida, sur France 3, en 2004, dans une émission du journaliste du Point, Franz-Olivier Giesbert. Synthèse réalisée sans beaucoup d'arrière pensées, car ignorance, à ce moment-là, du jeu des forces politiques et de réseaux que représentent ces personnes (j'ai commencé à lire régulièrement la presse française vers l'été 2007). A la relecture, j'ai trouvé leurs interventions, et mon résumé, intéressants.
Déconstruction
Matérialiste pour Debray : conditions culturelles et conditions techniques s’influençant.
Déconstruction : théorie de Derrida. Aux EU, déconstruction de la religion pour retrouver une pureté initiale par exemple.
Souveraineté
Derrida : cite Bodin, Hobbes… Lien au droit
Giesbert : danger de guerre, danger d’abus de souveraineté
Derrida : Souveraineté pouvant protéger, par exemple, du marché international… Donc, souveraineté, principe à discuter.
Debray : Affirmation historique de l’Etat contre les guerres de religion.
Présentation physique
Derrida est très joliment habillé, pour un homme dans son genre, un intellectuel de la soixantaine. Lisse, brillante, fluide, sa veste marque par son caractère parfait. Sous elle, un col de chemise blanc, -qui fait écho à ses cheveux blancs- un bleu doux, une cravate brillante, bleue, éclairée de points dorés. Régis Debray, lui, est davantage monocorde. Sous sa veste grise, plus sombre, un amas semble indiquer la présence d’une grosse cravate bleu doux sur fond marine. Au contraire de Derrida, qui se tient gracieux et assume ses incertitudes avec une certaine tranquillité, Debray parait plus soucieux ; il mordille ses doigts sous sa moustache.
Affirmation nationale
« C’est la bonne vieille tradition gaullienne ». dit-il, à propos du refus de Chirac de valider la guerre américaine en Irak.
Derrida partage ce sentiment sur l’utilité de cette affirmation nationale. Il souligne le rôle des mouvements populaires internationaux pour modeler l’avenir de la Terre. Et il milite pour l’avenir de l’Europe.
L’usage de l’etc. semble le mettre à l’abri des cloisons.
Giesbert prône la lecture de « Le siècle et la règle ». L’amour est-il ce qui résistera à la déconstruction ?
Morale et vie politique
Debray esquive la question. Et évoque son esprit désabusé devant la conjoncture politique pour lui préférer les questions d’ensemble, Bill Gates, Ted Turner, des chercheurs, dans une époque de « basses-eaux » : « Les morales souples sont plus respectables à mon avis parce qu’elles ne s’absentent jamais du réel. » Cité par FOG.
Société libérale amenée par l’esprit libertaire : Debray affirme, à l’intérieur de son réalisme, sa croyance dans le respect des institutions. Selon lui, la faiblesse de l’Europe est qu’elle n’a ni adversaire, ni légende, ni passion. « Le moi se pose en s’opposant », dit-il. Le Nous et le Eux.
« Les princes commandent aux peuples et l’intérêt commande aux princes. » Phrase discutée.
Les deux penseurs s’accordent sur la nécessité de la force, les guerres justes parlant à la fois pour et contre les armes. Derrida prône l’alliance européenne contre la théocratie arabe et la prétention américaine. Philosophie, sciences, lumières : telle est la bonne mémoire de l’Europe.
La démocratie est dévoyée par la nécessité de se défendre, niant ses propres principes, et par conséquent n’est à ce titre qu’un avenir (FOG reprenant « Voyous » de Derrida.) Pour exemple, les pouvoirs énormes du FBI aux Etats-Unis.
Une démocratie impériale peut cesser d’être démocratique à force d’être impériale, souligne Debray, qui prend Rome pour référence.
Le capital et les médias sont les deux pôles de risque d’un néo-totalitarisme moderne, souligne à son tour Derrida.
Pessimisme, optimisme, nostalgie ?
Pessimisme ? Demande FOG.
Scoutisme niais des américains (Debray) à éviter pour un réalisme de la description. Après la 2gm, la crise des missiles a montré que la situation était rationnelle donc limitée (Debray). Le soutien américain et français à l’Irak, le soutien américain aux Afghans, etc… La guerre froide contient les prémisces de la situation actuelle (Derrida).
« L’effet pervers, la seule loi à peu près sure de l’histoire » : Debray, inspiré par Brecht et sa mère courage.
Pour Debray, le 11 septembre est un dommage collatéral de la première guerre du Golfe. Vision morale en dessous de l’ironie de l’histoire…
Le travail du deuil peut se faire très vite, rit Derrida, lorsqu’on est sur que la violence ne se reproduira pas. Inversement, la crainte de la répétition crée le traumatisme.
Forces nationales (France, Allemagne…) pour assurer la force de l’Europe ? (Debray).
Participation, pensée
Regret de Debray de n’être pas davantage intervenu ? S’insérer dans un air du temps, répondre à une attente, peut être contraire à la lucidité.
Derrida : il peut y avoir des lumières à venir. Repenser la politique par la déterritorialisation. L’Europe, entendue comme une idée, pourrait transformer le politique, par cette approche médiologique.
Derrida s’affirme contre l’idée juridique de mariage, au profit du concept d’union civile.
Photo cLAIRE dELHOMME - Paris 2007 - Droits d'auteur réservés.
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04.05.2009
Nature first
Blog, une vue d’ensemble
Posant un regard global sur les textes ici présentés depuis l’an dernier, je note trois catégories principales :
- textes relevant du journal intime ;
- interventions citoyennes ;
- sortes de prestations techniques sur tel ou tel sujet ;
Catégories se recoupant.
Actualité
G20 : voir la suite, notamment à la rentrée
Manifs : 70 % de Français approuvent
Elections européennes : voter, puisque les décisions européennes impactent en France. Voter même pour « moyen », pour « restant à voir », et « en attendant d’en savoir plus » etc, pour contrebalancer les listes « hors de question ».
Programme
Un mois de mai studieux (parce que…) : il y aura donc à priori peu de posts sur le blog au mois de Mai. A priori...
Alors, quelques poèmes
NATURE FIRST
A ce moment du mythe, les foules s’éveillaient
Demandant la Justice aux magistrats des Temps…
Dans l’autre allée, la Bête - glacée de Sang- rampait
Aux champs de barbelés des châteaux mécontents.
Et le dollar régnait dans les têtes raidies ; pollution, argent-roi
Coulaient sur les chemins où s’évasent les joies ;
Et l’Océan lui-même, chassant l’Ogre du Pire
Subissait la menace d’industries et d’empires…
Et pourtant !... Que connaît le Pêcheur de ces joies,
Lui qui tend un filet entre Soir et Midi, que lui-même a brodé….
Héphaïstos soudant l’Etoile avec l’Eclat,
N’a vu plus d’étincelles dans ses flammes d’été.
Et la Nature vivante... Pas un doute, au fond :
Rivages et rivières, montagnes et forêts, glaciers et canyons,
Fourmillent de tous ces dieux suspendus par le Temps
Eternel, à la Raison Suprême de leurs perfectionnements...
Claire Delhomme 04/05/2009
*
LES SOLSTICES D’ORCHIDEES
La semaine, les solstices d’orchidées
Eclairent les têtes d’anges….
A la fin de ces jours, quand parait l’oranger,
L’Océan se dérange.
Déroulant des esthètes débridés
Et des jongleurs du songe,
Le spectacle est le lieu où tu sais t’arrêter
Pour peu qu’un rivage longe
L’arc en ciel de ton cœur : bonheur…
Pour les spongieuses fêtes du Coquillage Ailé
Apporte ta brouette de cartons de couleurs ;
Le bleu, le bois, la voile, pour la barque à ramer :
Un jeu de ribambelles, de rayons croisés d’eau…
La semaine, les solstices d’orchidées
Eclairent le monde de bas en haut...
(cmbd, vers février 2009)
nb : photo pour l'instant mise de côté ; j'expliquerai "tout cela" plus tard... Je pense, peut-être, à la rentrée de septembre.
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03.02.2009
De Bastille à Opéra
Découvrez mon reportage photo sur la journée du 29 janvier 2009, dans l'album "29 janvier 2009".
(Tous droits de reproduction reservés à l'auteure. Originaux photographiques en grande taille numérique - environ 80*100 cm).
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13.01.2009
Me and The Medias, Aujourd'hui

Vu le temps que je consacre aux journaux ces temps-ci, je ressens l’envie d’en peindre quelques lignes (bébé chat, s’il te plait, apporte moi de l’encre de chine).
Née en ville (région parisienne, Evry, Mennecy, Bretigny, puis Vénissieux dans la région lyonnaise), je grandis par la suite dans une maison à la campagne, où mon père, ingénieur en informatique (qui m’a d’ailleurs donné beaucoup de son goût de la logique, et le modèle de la bonne réflexion fait en partie référence à la structure des programmes informatiques, que je découvris toute enfant, et dont l’essentiel, pour moi, est la cohérence globale, et l’interconnectivité des messages. Aujourd’hui, bien que je ne parle plus à mon père qui est à mes yeux un personnage brutal, j’ai gardé un bloc-notes « sun microsystem » qu’il m’a donné quand j’étais à science-po).
A la campagne, mis à part les cabanes dans les arbres qui permettent de s’informer sur le caractère leste ou non des garçons du voisinage (en fait, j’avais installé une cabane dans un arbre très haut et très difficile à grimper), l’information me vient surtout des livres à ce moment-là. Au début, mes parents n’avaient pas voulu prendre une tv, puis celle-ci s’installa accompagnée d’une foultitude de chaînes internationales. Mais bref. L’information me venait des livres, et de France-Inter. Dans la cuisine, la radio, un petit poste était fixé sur cette chaîne, et je ne crois pas que cet appareil en connut jamais d'autre.
France-Inter est déjà un média. France-Inter parlait tout le temps, qu’on l’écoute ou qu’on ne l’écoute pas. Pour moi, cette radio a bien constitué une sorte de repère, qui, dans les jours de tempête familiale ou intérieure, conservait sa constance de raison, gaieté et intelligence, nécessaires à toute vie humaine ; repére qui m’a valu quelques années plus tard, lorsque j’étais à science-po, un stage dans cette radio et un entretien gratuit avec Pierre Bouteiller qui me félicita pour les courriers spirituels que je lui avais audacieusement envoyés.
Petite fille, je fus abonnée à la presse enfantine, qui constitua aussi un moyen d’accès à la réalité. J’aime lire d’abord était une revue que j’adorais, et je fus également enchantée, quelques années plus tard, travaillant au bureau des bibliothèques de la ville de Paris, de croiser, dans un conseil d’administration, la créatrice de ce journal. Je le recevais tous les mois avec beaucoup de joie. Puis il y eut Astrapi, Okapi et quelques autres peut-être (aussi difficile de se rappeler de toutes les revues lues que de faire la liste complète de ses amants passés).
C’est vers l’âge de 16 ans que je fis ma première rencontre de la presse, représentée alors par un livre que ma mère m’avait offert : Le Monde au jour le jour. C’était un objet énorme, rassemblant des articles de presse du journal, depuis 1945 il me semble. Quoiqu’il en soit, je le feuilletais, le lisais de ci de là. J’avais beaucoup aimé ce livre, qui me rendit d’ailleurs service aux épreuves d’histoire du baccalauréat (il me semble au sujet de Mendès-France).
Dans la famille, depuis mon plus jeune âge, j’étais caractérisée comme étant « celle qui lit ». Ma maîtresse du CE1 avait d’ailleurs dit de moi à ma mère « Claire, la petite fille qui lisait tout le temps », et je snobais souvent mes petits frère et sœurs (d’un nombre total de quatre), affalés et agglutinés dans le salon devant le poste de télévision. Mon frère, le seul qui à mes yeux était doté d’un cerveau, m’avait fait une fois une remarque amusante : il regardait des feuilletons minables américains pour avoir des repères, m’avait-il dit…
Jusqu’à mon entrée à science-po, je ne lisais donc pas les journaux, et d’ailleurs, je ne les lus pas durant mes études non plus. J’avais alors le sentiment que les journaux étaient remplis de mauvaises nouvelles et cela ne m’intéressait pas. Autant l’écriture noire des livres traçait des lignes sublimes qui m’emportaient impérieusement, autant l’écriture noire des journaux me paraissait d’emblée sombre, sans lumière, chaotique, échos d’un monde en plein dysfonctionnement, en totale absurdité, et, quoique la lecture des journaux soit fortement recommandée aux étudiants, je fis un black-out total sur ce point, ce qui ne m’empêcha pas d’obtenir mon diplôme dans la moitié supérieure des résultats de l’école (sachant que, par ailleurs, l’amour m’occupant beaucoup, je devais souvent rattraper des cours et la semaine précédant les examens était souvent épique : j’écoutais un certain passage de Bach qui me redonnait du courage, puis j’apprenais tout d’un bloc…) Pour les informations, je restai donc alors scotchée sur France-Inter.
A vrai dire, l’idée de faire science-po était en partie liée dans mon esprit à l’idée d’être journaliste, et de là mon stage à France-Inter. Mais deux faits me détournèrent de ce destin : à science-po, tout le monde voulait être journaliste ; et on m’informa que les journalistes sont bien peu souvent libres de ce qu’ils écrivent : cela ne me plut pas. Ensuite, j’avais dans l’idée essentiellement d’être artiste, grand peintre, grande écrivain. C’est ainsi que je fis mes études avec une certaine gratuité, du moins en terme d’orientation professionnelle, m’adonnant au luxe de la multidirectionnalité des possibles et me passionnant pour le droit constitutionnel, l’histoire de l’Allemagne, la sociologie ou l’histoire des idées. J’aimais beaucoup science-po grenoble, qu’on dit plus orienté vers la recherche que science-po paris, plus lié aux affaires, à la gestion etc.
Ainsi, je fis mes études sans lire la presse. Par la suite, lorsque je décidais d’engager une recherche philosophique à laquelle me consacrer entièrement, je me tins autant que possible pour ce faire à l’écart des discours dominants, pour ne pas être influencée, me disais-je, par des idées un peu intéressantes, mais non totalement pertinentes, comme il y en a beaucoup. Je commençais donc par lire de ci de là, évitant toutes les conclusions péremptoires déjà tirées par mes prédecesseurs dans ces styles de réflexion, et m’adonnais à la recherche la moins ciblée possible, de sorte que l’évidence puisse venir jusqu’à moi. Je savais que les chapelles, qu’elles soient sociologiques ou intellectuelles, sont le pire ennemi de l’intelligence et de la vérité, et enfin, j’avais besoin d’un système de pensée que je puisse juger entièrement valide. Je commençais alors par lire des livres de biologie, de physique, et puis, peu à peu, me resserrais sur mon sujet et orientais mes prémisses vers de nouveaux développements (ce qui fera un jour l’objet d’un livre).
C’est à l’été 2007 que je commençai à m’intéresser à la presse, grâce à internet. En effet, même à science-po, j’avais bien envie de lire les « débats et opinions » du Monde, mais les grandes pages malcommodes à mon goût étaient un autre argument qui m’en avaient d’abord détournée. Avec Internet, je pus enfin commencer à lire les débats et opinions du Monde,et je suis maintenant intellectuellement suffisamment constituée pour pouvoir les aborder.
Je souhaite donner mon sentiment sur les titres en cours, sachant que mon opinion est toujours susceptible d’évoluer… selon les informations dont je dispose. Car, j’écris sur ce blog, et j’écris ces temps-ci également énormément sur les blogs et dans les journaux en ligne. Simplement, je prends un peu de temps avant de tout présenter. Dans un premier temps, j’avais commencé à poster des commentaires pour voir un peu comment cela résonne. Puis maintenant, je rentre dans des dialectiques, je discute, je teste, je fais des choix politiques, je lis, je réfléchis, et internet est d’ailleurs un merveilleux instrument de démocratie comme personne ne l’avait rêvé.
En ce moment, je lis le Monde, je parcours le journal, lis une partie des « débats et opinions ». Les débats et opinions du Monde me font apprécier ce journal. J’aime cette sorte d’agora hautaine, où tous les spécialistes et les personnalités ont à s’exprimer sur ce qui leur tient à cœur. M. Solé me fait sourire la plupart du temps. Dommage par contre que le monde des livres soit si discret, dans la rubrique « pratique », et un peu trop guindé à mon goût. A égalité avec le Monde, je lis le Nouvel Observateur, un peu de tout, et pas mal de commentaires de ma part. J’apprécie ces deux journaux, même si je suis loin d’être toujours d’accord avec eux, et même si je regrette que Le Monde appartienne à Lagardère. Ce sont des pourvoyeurs d’informations… Je lis également Marianne, dont j’apprécie le côté « révélations » et « critiques », même si je m’interroge un peu ces jours-ci sur le paramètre Chaisemartin (actionnaire du journal).
Ce sont, en ce moment, mes lectures principales. Et je le redis : ceci n’est pas une religion ; demain, un article, un changement en ceci ou cela peut me détourner de tel ou tel de ces journaux.
J’aime aussi la diversité d’information, c’est pourquoi je me suis intéressée également à Médiapart, dont j’ai apprécié l’initiative, mais un peu moins le style (pratiques marketing bizarres) et dont j’attends plus. De même pour Rue 89, qui m’a paru très sympathique au départ, mais un de leurs articles sur la Grèce, dont je n’ai pas aimé le contenu, m’en a un peu détournée ; toutefois, j’ai apprécié d’y lire des informations sur le fonds financier us Carlyle, où travaille apparemment un des frères du président actuel ; disons donc que je le lis de temps en temps ; j’aime quand même savoir ce que pensent ces journaux, même si je peux être critique sur tel ou tel aspect.
Le Figaro a un statut intermédiaire ; journal conservateur, je ne suis pas hyper sensible à son style, mais je n’oublie pas que mes grands-parents sont à Versailles, et que j’aime bien ma grand-mère, qui est en vie, et le souvenir de mon grand-père, que je respecte. Aussi je lis un peu le Figaro, non pour leur faire plaisir, mais parce que, tout en étant plutôt de gauche, je sais qu’il est possible d’être conservateur sans être un monstre. Je le feuillette, plus l’an dernier que ces jours-ci ; en fait, j’aime bien leurs pages de mode (les robes de Nicole Kidman ou les tenues de Mme Obama) ; un article peut me plaire de ci de là, mais globalement, je n’y suis pas attachée. J’ai plus tendance à le lire pour savoir ce qu’ils disent… La lecture du Point me donne un peu le même sentiment, mais en moins classique, le Point étant un journal qui possède un je-ne sais quoi de trivial. En bref, je suis actuellement un peu énervée contre ce journal.
Je jette aussi de temps à autre un œil à Backchich. Quant à Libération sous sa forme actuelle, je ne l’aime pas du tout. Est-ce ma prévention au sujet des noms des gens (joffrin = mouchard) qui m’en détourne ?... Je n’accroche pas du tout à cette formule de ce Libé, même si on se réjouit toujours de la variété de la presse, par principe. J’ai également fait partie de ceux qui ont encouragé Siné lors de la création de son journal, ayant trouvé abusifs les reproches qui lui furent adressés, sachant qu’il faut bien qu’un provocateur provoque. J’ai acheté une fois son journal et j’ai bien ri. Il semble que le journal aille bien. Certainement, le Canard Enchainé est-il intéressant aussi ; je penserai à l’acheter un de ces jours.
A tout pouvoir, il faut des contrepouvoirs. A ce titre, j’aime aller focaliser de temps à autre sur Acrimed ou l’Observatoire français des médias. De même, j’apprécie l’initiative d’Agoravox, où des articles souvent intéressants sont en lecture. Il s’agit plus de réflexion sur l’actualité que d’information à proprement parler, mais je trouve l’initiative salutaire.
Autre chose ? Non.
Aujourd’hui par exemple, je me suis intéressée à l’avenir du PS en la personne de son porte-parole Benoît Hamon, à la régulation de la finance sur un blog associé au Monde tenu par un banquier ; j’ai critiqué Albanel sur le blog du Nouvel Obs et souligné le fait que le dieu des juifs et compagnie est censé avoir dit « tu ne tueras pas »… Je me suis engagée dans une analyse critique de l’idée de supprimer les juges d’instruction, analyse non fouillée mais importante sur le blog de Marianne ; ainsi qu’à une critique de Kouchner suite au licenciement d’Ulysse Gosset de France 24 (entre autres).
Des émissions tv sur internet participent aussi à mon information sur le monde. Mais cela sera l’objet d’un autre texte. Pour l’heure, soulignons que, dans la vie réelle, le vendredi 30 janvier, au théâtre du chatelet à Paris, 20 h, six titres (je n’aime pas du tout charlie hebdo actuel, mais je passe là-dessus, au vu de la situation politique), donnent rendez-vous aux citoyens appréciant la liberté des médias ( !...)
L'APPEL DES SIX
Charlie Hebdo, Les Inrockuptibles , Marianne , Mediapart , Le Nouvel Observateur, Rue 89 , avec le soutien de Reporters sans frontières
"Le droit à l'information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu'à la diversité des opinions est une liberté publique fondamentale. C'est un droit des citoyens et non pas un privilège des journalistes: sans information libre, sans une presse indépendante et pluraliste, il ne saurait y avoir d'authentique délibération démocratique.
nb : photo = moi, vers deux ans
nb 2: j'ajoute à ces évocations aussi France culture, que j'ai beaucoup écouté un temps et dont j'apprécie beaucoup certaines émissions; et Radio France, parce que c'est un concept global. J'ajoute aussi Arrêts sur Image, que je regardais à la tv, et dont il peut m'arriver de consulter le site, et, à l'intérieur de Libé, le Libélabo qui m'intéresse parfois. La presse est variée, pouvoirs et contrepouvoirs doivent s'équilibrer pour proposer un vaste choix. Des questions économiques se posent aussi (notamment par rapport à internet), mais je ne pense pas pour ma part que les oeuvres de l'esprit soient des entreprises comme les autres... En bref, travaillant par ailleurs sur divers plans, je n'ai évidemment pas le temps de tout lire et tout écouter, mais je souhaitais déjà poser quelques jalons sur cet aspect important de nos vies : l'information, pour laquelle j'essaye de viser toujours au maximum d'objectivité et de partager mes connaissances.
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28.10.2008
L'art, l'homme et la nature
Revoici mon cordon branché. Quand bien même l’électricité n’avait pas cessé de passer… Ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion de réfléchir à l’idée de l’artiste… On dit parfois que les artistes doivent vivre dans les difficultés ; on dit que c’est un mythe ; on dit que ce n’est pas vrai ou on dit que c’est vrai… N’ayant pas au départ d’a priori sur cette question, j’ai eu l’occasion de développer un peu mon analyse dans ce domaine et voici quelques observations.
Art et bonheur
Je ne crois pas que les artistes auraient une sorte de devoir à se priver du bonheur, bien au contraire. Ce que je remarque, c’est que :
- la liberté de la création peut s’opposer à toutes sortes de facilités (appelons les « les gras accommodements »)
- l’indépendance de la création peut, de même, s’opposer à la facilité. Liberté et indépendance sont des termes cousins, mais, disons que la liberté, c’est faire ce que l’on veut ; l’indépendance se définit davantage vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose. Ne pas se laisser instrumentaliser.
- la nouveauté de la création peut elle aussi compliquer la reconnaissance. Quoique la nouveauté soit généralement présentée comme un concept avantageux, au moins depuis le 20ème siècle (pour simplifier), je crois que la vraie nouveauté par définition peut déranger de ci de là. Donc l’artiste vraiment novateur aura moins de facilité à être reconnu que celui qui fait ce qu’on attend de lui. L’artiste apporte une vision : les autres doivent revoir un peu le réglage de leurs yeux. Au départ, ils préfèrent souvent ce qui entre, au préalable, dans les dimensions pré-programmées de leurs iris et de leurs organisations neuronales.
- l’impulsivité de la création n’est pas non plus nécessairement de tout repos. Si l’inspiration est le sens de la vie de l’artiste, appliquée à l’art, l’inspiration donne la profondeur du style ; appliquée à la vie quotidienne, l’impulsivité peut donner lieu à toutes sortes de complications, qui peuvent être légères et provisoires, mais disons, qui ne vont pas nécessairement dans le sens d’une vie réglée et très confortable.
- la stimulation générée par les situations complexes peut être parfois intéressante.
Voilà ma réflexion sur le sujet à l’heure dite. Liberté, indépendance, nouveauté, impulsivité et stimulation de l’artiste font qu’on aura toujours une bonne probabilité de connaître que de nombreux grands artistes connaissent ou ont connu des périodes difficiles en tel ou tel domaine.
(J’ajoute qu’à l’opposé, je ne crois pas non plus à l’idée des artistes systématiquement malheureux, pâles et sans espoir, qui laissent échapper au travers des difficultés un sourire sublime de tremblement, laissant entrevoir je ne sais quelle béance surhumaine et géniale bientôt recouverte par l’épais torrent de leurs larmes. Créer, pour moi, c’est partager de la liberté et du bonheur.)
L’Humus, c’est tendance
J’y ajoute un autre paramètre : l’humus. Il semble qu’à notre époque de rentabilité rapide, même les terres agricoles sont touchées par ce point : la richesse d’une terre est relative à l’intensité de la vie naturelle qui se noue en elle, sur elle et au-dessus d’elle. Les terres trop vite exploitées se tarissent, tandis que celles qu’on laisse vivre se forment en profondeur, en présents et futurs bonheurs. De même la création a besoin de temps. Le show business a ses limites. C’est un investissement en soi.
Telles sont quelques-unes des réflexions que je me fais ces temps-ci, puisque, ayant écrit un livre, et ayant commencé à le porter chez les éditeurs, j’ai à m’interroger de manière plus concentrée sur la question : la reconnaissance, quoi qu’est-ce ?...
Enfin… Mon livre, initialement appelé « Le chat qui parlait humain », s’intitule finalement « DEDALES ET DELICES ». Il regroupe une trentaine de courts textes traitant de sujets variés, tels que la danse, l’humour, les chats, les relations "hommes-femmes", les animaux en général, la philosophie de la nature, les repères culturels et littéraires.
Les libres échanges
En ces jours de crise financière, je fais bien évidemment le vœu que les troubles ressentis par la finance mondialisée aboutissent à l’édiction de lois efficaces protégeant la nature (croissance verte) et développant la justice. La nouveauté ces temps-ci ? Les 1000 milliards du plan Paulson, les centaines de milliards dont il est question en Europe : cela nous donne un repère chiffré nous permettant de juger de tout le reste. On voit bien que l’Etat actuel est prêt à tout pour essayer de sauver la finance (qui sait s'il en a les moyens), tandis que les miettes pour le service public ou la pérennité de la faune et de la flore, ou contre la pauvreté, font l’objet d’âpres débats et de lois scélérates (financement du RSA, mise en danger de la tv publique, économie sur tous les services publics présents sur le territoire etc.). Dans le monde actuel, la seule liberté officiellement reconnue est celle des financiers : le « libre échange », c’est ainsi qu’ils l’appellent. Je demande, moi, le libre échange entre moi et la nature : j’ai besoin d’oxygène, d’animaux et de plantes pour cela. L’animal hypertrophié de la finance mondiale conduirait, à lui seul, la planète à sa perte, comme si des éléphants soudainement mesuraient 100 mètres de haut et dévoraient et détruisaient tout, en prônant leur liberté : stop !!!... Il y a LES libertés. Les libres échanges.
Aussi n’oublions pas que la publicité est une machine à mentir. N’oublions pas que les industriels travaillent souvent à nous proposer des produits cassables, afin d’être sûrs que nous en achèterons d’autres, et que, pour vendre souvent, leurs intérêts de « surcroissance » sont objectivement opposés à la réduction des déchets sur une Terre à l’espace limité. N’oublions pas que l’image des animaux et des plantes, utilisée par la publicité, est une chance et une émotion dont nous, humains, nous bénéficions : chance économique, chance émotive. Je pense que si la faune et la flore venaient à disparaître, l’humanité entière sombrerait en dépression. Je pense que les industries qui utilisent l’image des animaux et des plantes dans les publicités doivent obligatoirement verser une aide aux parcs et aux réserves naturelles où vivent ces animaux. N’est-il pas scandaleux de lire d’une part que les tigres sont en voie de disparition, et de voir d’autre part des publicités pour du parfum utilisant l’image des tigres… Que font-ils pour les tigres ? Vendront-ils leurs parfums en montrant l’image de moustiques, s’il n’y avait plus de tigres ?!!! Que des industries utilisent l’image des animaux sans participer au financement des parcs naturels doit être sanctionné, et vertement critiqué... N'oublions pas non plus de jeter des boules puantes dans tous les magasins de fourrure.
Miaou.
L’or et la forêt
Dernier point : l’or et la forêt. Il semble d’après certaines informations que l’envolée des cours de l’or, a créé une ruée vers l’or dans la forêt amazonienne, engendrant de graves destructions et une pollution au mercure. La solution ? Que ceux qui achètent de l’or le sachent, et qu’ils soient mignons en donnant quelques oboles, même faibles, à toute association oeuvrant pour cette fantastique forêt qu’on nomme poumon de la Terre.
Inspirez, soufflez.
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30.08.2008
En vacances jusqu'au 10 septembre






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19.07.2008
Recommandation, réflexion

Je recommande à tous ceux qui s'intéressent à la vie de l'esprit, et en particulier aux lettres, d'écouter l'interview de l'éditeur André Schiffrin sur France Culture, dans l'émission "A Voix Nue" d'Alain Veinstein, le lundi 14 juillet- émission du jeudi " QUATRIÈME ENTRETIEN. Les transformations de l’édition mondiale"
Cette émission analyse la situation éditoriale française, notamment la dépendance des maisons d'éditions et, périphériquement, des groupes de presse, vis à vis des grands groupes internationaux, notamment des marchands d'armes. Cet éditeur analyse avec beaucoup de précision la concentration éditoriale française. Il explique notamment comment les impératifs de croissance financière de ces grands groupes provoque des absurdités de publication; on comprend pourquoi la presse souvent est moutonnière sur quelques titres : les lecteurs financent les économies d'échelle de ces groupes, leurs stratégies économiques parallèles (hors édition), la zone d'influence de domaines d'activité hors édition, et leurs logiques de rentabilité immédiate (la logique de rentabilité immédiate étant, dit-il, l'ennemie des nouvelles idées, car les nouvelles idées au départ doivent se créer leur public). En partenariat avec la grande distribution, le système décrit par l'éditeur semble totalement exangue et servile et, dans les conditions actuelles, voué à l'être de plus en plus. Il s'étonne (moi aussi) que très peu de personnes, dans le milieu intellectuel français, se soit levées ou aient protesté lorsqu'un tel système s'est installé en France.
Aussi, je suggère à tous les jeunes artistes à se renseigner sur la structure économique des maisons d'édition auxquelles ils envoient leurs manuscrits, et à préférer les maisons indépendantes. J'invite aussi tous les lecteurs à s'intéresser préférentiellement à ces maisons, et à ne pas se faire traire comme des pucerons par des fourmis de l'esprit.
Peu à peu, depuis quelques mois, je découvre le milieu éditorial. Il n'est en effet pas nécessaire de le connaître, à priori, lorsqu'on écrit. Un carnet de voyage, un roman d'amour, des ritournelles érotiques, des tableaux d'esprit, ne nécessitent que du temps et de quoi écrire. Lorsqu'on commence à s'intéresser à cet aspect des choses, on entre dans des considérations sur la structure économico-culturelle d'un pays et son avenir. Mr Schiffrin a le mérite également de pouvoir analyser la situation française en comparaison avec celle des Etats-Unis sur le même sujet, qu'il connait bien. C'est la première fois que j'entends parler de cet éditeur, mais son interview m'a paru édifiante.
Ecrire, c'est penser. Publier, être publié, lire, acheter un livre, c'est penser.
Réécoute possible jusqu'à demain dimanche 20 juillet.
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissio...
nb : en illustration, Louise Labé, poètesse lyonnaise du 16ème siècle.
nb 2 : il n'est pas forcément évident de savoir qui est indépendant et qui ne l'est pas. Le moins qu'on puisse dire est que l'information sur ce sujet est loin d'être gaiement professée de façon transparente un peu partout. Et pour cause... C'est la raison pour laquelle je ne donne pas de noms ici. Que chacun fasse sa recherche, et que ceux qui sont sûrs informent les autres...
18:32 Publié dans Billet du jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
18.06.2008
France Limousine Maxime Gaillard
Un très bel oiseau blanc, immobile,
portant des dessins jaunes sur ses plumes nacrées,
passa volant, aux rayons fébriles,
qui le voyaient.
Si vous voulez voir aussi cet oiseau étonnant, il se trouve sur le site de Maxime Gaillard, photographe, le 21 mai 2008... Maxime Gaillard est photographe, il habite en Limousin. De là à dire que ses photos sont limousines, il n'y a qu'un pas que je franchis, comme une rivière, d'un bond, sans pont, par le seul élan du plaisir émotif... Et la limousine me rejoind d'une autre façon...
De ce photographe inspiré, qui capte la nature avec grâce, je ne sais rien, ou presque. Je le vois, je regarde la nature qu'il fixe, je vois la saison bouger, parallèle à Paris, dans cette campagne où je ne suis jamais allée. Si l'on parlait de vaches, de rivières, de champs, de fleurs, de bâtiment sourcier d'où l'histoire s'écoule, on n'en saurait encore pas assez sur Maxime.
Tous les jours, ou toutes les semaines, il poste une image, et cette image vaut toujours une sorte de méditation. Elle invite la contemplation à se faire active ; écrire un mot de sens, faire fleurir en phonème. Les commentateurs, souvent, sont inspirés, dans une sorte de work in progress vivant. Il y a quelque exigence à vouloir en dire quelque chose de beau, ou de vrai.
Donc, je suis fan du photographe Maxime Gaillard et de ses photos de la France-limousine. Le commentaire que lui-même donne de ses clichés aussi vaut le détour. Détour, contourner, traverser : vraiment, Maxime Gaillard est étonnant.
Il reste ailleurs, suspendu dans son mystère. Nulle obligation qui ne soit une belle façon. Si la curiosité vous pique, vous chatouille, comme un léger pollen qu'un vent très amoureux vous apporte au secret de vous-même, promenez-vous chez lui, un jour ou l'autre : pour prendre un autre frais, jouer une autre fois, vous changer les idées, les joies ; esthétiques celles-là.
Dans le monde d'aujourd'hui, savoir sacraliser la nature doit être déclaré d'utilité publique. Et pour ceux qui n'y verraient que poèsie, qu'ils se reportent aux articles des journaux sur l'agriculture, la Terre, la nature et leurs évolutions. Respect pour la mère nature, il va falloir apprendre cela. Après la grande phase exploratoire -voyages, économie, croissances, technologie-, il va falloir comprendre la répétition et une certaine forme de permanence : saisons, richesse des terroirs, définitions de la faune et de la flore, sentiment naturaliste d'être humain. C'est simplement vital.
Voici parmi les dernières photos postées par M. G. (la première du 21 mai), en guise d'évocation.





Voici son blog :
21:46 Publié dans Billet du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.06.2008
Au sujet du Bateau Livre
Les programmes de la rentrée se créant ces temps-ci, on apprend le non-renouvellement, sur France 5, de l'émission le "Bateau Livre", excellente émission de Frédéric Ferney. Ceux qui appréciaient cette émission sont invités à exprimer leur soutien à F. Ferney sur le blog d'Eric Poindron, éditeur de Champagne-Ardennes, éditions du Coq à l'Ane ; ils y trouveront aussi la lettre rédigée par Mr Ferney pour demander plus ou moins le maintien de l'émission.
http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites/
J'y ai mis ma participation aussi. Un mouvement d'opinion serait-il suffisant pour obtenir le maintien de l'émission ? Ceux qui ne la connaissaient pas peuvent-ils savoir sa qualité ? Quoiqu'il en soit, la suppression d'une des rares émissions littéraires du Paf, qui semble bien ces derniers mois agir au Pif, vaut bien une petite ruade littéraire, loin du tas de crotin de la télévision marketinisée, pour ne pas dire crétinisée.
*
Le Bateau Livre est une émission intéressante, qui permet la discussion avec des interlocuteurs de la culture variés, dans un cadre intellectuellement stimulant. L’émission est riche de séquences, rythmée, bien menée. On adhère ou non au choix des auteurs, parfois plus que d’autres, mais l’émission donne une vision vraiment intéressante, différente, de la littérature. D'ailleurs, pour tous Frédéric Ferney parvenait à extraire quelque chose d'important. J'ai aimé y voir Vassilis Alexakis, pour son très passionnant "Après JC', livre dans lequel l'auteur grec explore, non seulement l'identité du Mont Athos, mais aussi toute la transition entre la Grèce antique et moderne, la mémoire, les instants présents, le feu vivant d'une culture qui, au travers des mouvements d'idées, trouve le lien avec ce qu'elle était... Le même jour était invité Pierre Rosenberg, ancien président-directeur du Louvre. J'ai trouvé l'émission délicieuse. J'ai apprécié aussi le passage d'Abdel Malik, musulman intello et ouvert, et d'autres encore...
Sobrement menée, non politisée (à ma connaissance), il est évident que cette émission mériterait de garder sa place dans les programmes d’une télévision publique de qualité.
Son éventuelle disparition des programmes témoigne peut-être (outre du manque d’inspiration de ceux qui prendraient une telle décision) d’une insuffisante solidarité des acteurs de la chaîne du livre et des médias. Les journaux littéraires devraient davantage parler des émissions qui marchent, notamment dans la presse généraliste. Une dynamique devrait se renforcer ou être créée, au vu de l’attaque financière sur la diversité culturelle. Les médias devraient faire un maximum d’écho aux quelques littéraires de la télé. Les libraires aussi, ont probablement une mission de service public, à ce niveau. Sans être spécialiste de l’économie du livre, je lis assez d’articles littéraires pour n’y voir pas souvent mentionnées les bonnes émissions culturelles, chacun défendant sa branche et créant peu de passerelles, en tous cas visibles du grand public… alors que les différentes professions en jeu –libraires, médias, journaux, éditeurs, artistes- ont des intérêts communs à une bonne santé de la lecture en France. Il me semble donc, qu’il faut renforcer les synergies et les complémentarités dans la culture, pour palier à la concentration économique.
Car cette concentration économique tend vers des médias de plus en plus simplistes qui seront toujours, et par définition, plus rentables, puisque c’est leur seul objectif (malheureusement pour eux).
Il existe aussi des objectifs de service public, et la télévision publique est normalement là pour cela. La culture est une belle mission.
Je pense que le Bateau Livre remplissait une mission de service public et ne devrait pas être supprimé. Merci à Frédéric Ferney pour son travail sur la culture livresque.
Nb : Une autre émission de grande qualité, dans le style humoristique et médiatique, a été supprimée récemment sur France 4 « Les agités du bocal ». L’émission était d’une grande finesse et fantaisie, très rafraîchissante, amusante, sympathique et constructive…
19:07 Publié dans Billet du jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
14.05.2008
Rayons sur une fenêtre
Quelle spirale plus sexy pour traverser la nuit ... Foisonner d’idéaux, de vagues, de bateaux à voile... Jouer à faire l’étoile. Prendre la liberté. Les paroles de l’aurore doivent extraire l’essentiel, extirpé de l’obscur. Dans chaque idée, la main cueille une pensée qui lave. L’eau s’écoule sur la Terre, et sur moi aussi... Ecoute ! les ailes de l’oiseau liquide frôlent le rayon de la lumière… Moi, un jour, je te parlerai de ma nuit. Je te dirai sans doute que mes yeux sont plus grands que le ciel, et le ciel, plus grand que l’Esprit.
« Et l’univers tout entier m’est entré dans les yeux, Un soir où j’étais seule… Et moi qui voulais tant connaître la manière dont se consume un feu Je crépitai vraiment Oui moi la tendre enfant… »
Quelle spirale plus sexy pour traverser la nuit ... Au matin, la poétesse avisée s’allonge au rayon du Soleil. Un homme est reparti. Commence à se cueillir elle-même... Tend ses deux mains unies dans cet arbre fruité. Mais son esprit, partout, s’est encore promené… Car : le long dérèglement de tous les sens est le règlement du sens de l’exploration… « Si au moins j’ai appris quelque chose aujourd’hui… ». Pas de nœuds… Soins, visibles, forme des ongles, pieds et mains, crème, s’élancer… Le Soleil s’est marié à l’aérodynamique. Célébrer en musique… Ou bien : nager nue dans un fleuve, sans penser à demain... Et pas de nœuds : la profondeur des cadeaux… Quand je m’en fiche, je danse, mais si je danse, c’est parce que j’ai des mots…
Toujours je jouerai à définir un autre style de château.
Quelle spirale plus sexy pour traverser la nuit… Parfois, il semble que le sexy est un drap tendu sur le monde, sous lequel l’homme tonne… La muraille de la femme ne l’a pas arrêté. Troie est aux mains des Achéens. Hélène et Ménélas sont rentrés.
13:38 Publié dans Billet du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note















