24.08.2008
Liberté et dépendance
Voici, pour votre distraction, information et réflexion, une petite rédaction que j'écrivis au collège, à l'âge de 14 ans. La semaine prochaine, j'irai déposer mon manuscrit "le chat qui parlait humain" aux maisons d'édition, n'ayant pas eu le temps de le faire jusqu'à présent...
Peu à peu, je me dévoile et je m'informe. Cette petite rédaction montre un peu le fond de mon âme et ma vision du monde à l'adolescence. C'est un petit moment de douceur poétique décoré d'ardeur juvénile, au sujet de la liberté et de l'indépendance. Comme ce thème fut alors très important pour moi, et je me promis de ne jamais oublier ma vision du monde à cet âge, je le dédie à tous les adolescents d'aujourd'hui pour leur suggérer de trouver les ressources en eux-mêmes.
Il a été écrit au collège "Jacques Prévert" d'Heyrieux, dans l'Isère (Dauphiné). (nb : je suis née en région parisienne).
*
Le sujet : "Vous est-il déjà arrivé de vous heurter à des adultes ? Dans quelles circonstances ? Comment avez-vous réagi ? Quels ont été vos sentiments ?"
*
Cela leur avait paru normal que je n'y aille pas, à cette boum. Après tout, leurs parents à eux ne les laissaient pas sortir le soir. Moi, évidemment, je l'avais mal pris. Mais cette interdiction avait été pour moi la preuve que j'étais sous leur joug. Ca avait été la preuve que malgré mes airs insolents et cyniques, malgré mon attitude souvent forte et obstinée, j'étais plus que jamais dépendante...
C'était un soir tiède de septembre. Un de ces soirs où on entend au loin s'amuser les enfants, où le vent doucement fait frissonner les arbustes et où la douce lumière estivale, qui doucement s'estompe, effleure les maisons. Je marchais d'un pas léger ; derrière moi, à quelques kilomètres, dans une vieille baraque en bois, j'avais laissé mes amis. La musique, l'ambiance, leurs rires aussi, j'en étais encore impregnée... Ce soir, je les reverrai ; nous irions à une boum ensemble, avions-nous décrété.
Je gravis les marches et poussai la lourde porte. J'étais au septième Ciel, sans doute. Ce que nous allions nous amuser !
Je posai mes affaires. Puis rentrai dans la cuisine. Tout le monde était attablé. Une odeur de pommes de terre brûlées et de viande parfumée planait dans la pièce. J'embrassai -chafouine- mes parents, puis déclarais -comme une décision irréversible- que je sortais, ce soir là.
Tout le monde s'était tu et il me sembla que j'avais commis une erreur. - Tu sors où ? me demanda mon père d'un ton sec. Ma mère, alors, reposa dans son assiette la cuillérée qu'elle allait enfourner et m'expliqua qu'il n'en était pas question. J'avais du travail pour la rentrée, j'avais déjà vu mes amis l'après-midi, je rentrerai trop tard etc. Bref, aucune discussion n'était possible puisqu'IL N'EN ETAIT PAS QUESTION.
Je dois reconnaître que je tombais de haut. Je me mis à crier que j'en avais assez, que ça n'était pas juste, et pourquoi toujours non, et pourquoi n'irai-je pas puisque tout était arrangé. Et puis d'ailleurs, tout le monde y allait, et jamais moi, et que j'en avais assez de cette baraque, et que...
- Monte dans ta chambre! me coupa mon père.
Je partis violemment, claquant la porte -ainsi que l'on me l'avait demandé. Je m'assis par terre sur ma grande moquette. Je pris un miroir. Je me regardai pleurer.
Puis, après avoir pris quelques affaires auxquelles je tenais particulièrement -dont une photo de ma meilleure amie-, je sortis. Une fois dehors, je courrus très vite, à travers les champs ; je me tapis dans les maïs, je m'écorchai aux ronces, aux fils de fer. Je m'arrêtai plus loin dans un grand pré où je m'allongeai. L'herbe me chatouillait les narines. Je respirai doucement, écoutant mon corps. Je ris un peu. J'avais retrouvé de ma sérénité. Mes yeux s'ouvrirent à la nature, au monde. Je regardai le ciel, la myriade d'étoiles, les lumières au loin, entendis des aboiements dans le lointain.
Le sol s'humidifiait lentement, une fine rosée se déposa sur mon sac, alors je me levai et rentrai doucement, sifflotant une chanson de Brel.
A la maison, personnne ne s'était aperçu de mon absence, alors je regagnai ma chambre, riant de mes impulsions. Après tout, je pouvais toujours lire un bouquin, ce soir, ou écrire à Y... J'acceptai alors, pour un soir, ma dépendance, me résignant à y trouver quelque chose d'exhaltant....
8 mai 1985
*
nb : L'année d'après, en 1986, je vais en Grèce pour la première fois, à l'âge de 15 ans, et je ressens immédiatement une intense affinité et un immense bonheur dans ce pays où la liberté est manifestement présente (au delà de questions annexes comme la présence de la tradition). D'ailleurs, la première chose que je fis arrivée sur l'île grecque, fut d'aller en discothèque secrètement avec ma copine. Là, je peux dire que, pour s'amuser, nous nous sommes franchement énormément amusées : danse, musique, wisky-coca, moto la nuit, dragues, plage, baignades au clair de lune etc... J'avais été invitée à ce voyage par une amie parisienne de la rue rambuteau, rencontrée en colonie de vacances. Ensuite, je reviens de voyage aussi avec une histoire d'amour avec un Grec, qui va durer 7 ans, à laquelle mes parents vont commencer par s'opposer (menaces, police, interdictions bravées; escalade de maisons la nuit -à noter que ma prof de français, grâce lui soit rendue, Mme Beloud, nous avait accueillis...) puis qu'ils finissent par accepter...
Depuis 2003, j'ai repris les voyages libres en Grèce. En grec, "libre" est aussi un prénom "Léftéris". On voit aussi ici ou là en Grèce des "rues des hommes libres"... Maintenant, comme toujours, je travaille l'équilibre entre la fougueuse Grèce et l'Hexagone, les deux sources principales de ma culture, même si, par la suite, j'en découvris bien d'autres. Pour les lecteurs, pour partager ma connaissance de ce pays et transmettre ce frisson de liberté et d'épanouissement, j'ai deux carnets de voyage en Grèce, "Jubilation géométrique" et "Le bruit de l'eau". J'ai aussi mes photos et des travaux mêlant dessins et photographies pour lesquels je vais probablement chercher des galeries. Et puis j'y retourne à l'été 2009. Espérons que la France sera passionnante d'ici là.

14:09 Publié dans Personnelle Hirondelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.08.2008
Je chéris la joie

Je chéris la joie et j'essaye d'être une philosophe digne de ce nom.
Voici la source à laquelle s'abreuver. Ce texte était gravé dans les temps anciens sur l'ile cycladique de Délos, une petite ile voisine de Mykonos.
" Ce qui est le plus beau, c'est ce qui est le plus juste. Ce qui est le meilleur, c'est d'être en bonne santé. Mais ce qui est par nature le plus agréable, c'est d'obtenir l'objet de son amour".
Claire Delhomme
13:27 Publié dans Personnelle Hirondelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.08.2008
Une histoire pour la route
Une rencontre insolite à Paris (2007)
Un soir, j’étais déprimée, et je me rends aux Tuileries, gardien de mon âme. C'était à l'été 2001. A vrai dire, le mot déprimée, convient-il ; certainement, j’étais comme un oiseau diurne dans la nuit, ou un oiseau nocturne, dans le jour (mais j’avais bien envie de rire et de sourire). Le jardin est beau et grand, regorge de fleurs et de statues. L’esprit français se donne des noms. La perfection, on ne s’y habitue pas, on s’y plait à chaque fois. Et je traîne, adolescente de n’importe quel âge, cherchant la communication, la réponse ou la question, à une heure improbable de la nuit –comme sont de nombreuses heures de la nuit-.
Affalé sur un rebord, un homme qui parait sortir tout droit du 18ème siècle semble cuver je ne sais quelle absence d’ivresse. Maigre, habillé de noir, hirsute, une sorte de coupe au carré de cheveux très bruns, doté d’un certain snobisme, il pourrait être recruté pour jouer le rôle de Sade, dans un film ; s’il ne détestait le travail, en bon aristocrate qu’il est. Je ne me souviens plus qui des deux a interpellé l’autre le premier. Puis nous avons marché. Il m’a raconté qu’il ne travaillait pas, vivait de subsides, et écrivait à la chaîne des romans pornographiques pour gagner en tout honneur quelque argent, essentiellement destiné à payer son appartement, dans lequel se trouvaient ses livres : qu’il vénérait. En réalité, cet homme était une bibliothèque. Une bibliothèque étrange, parcourue d’esprits libidineux mais non physiques, de curiosité pour l’ange et le diable, avec une croyance dans la fusion des deux. – « Les saintes sont les plus grandes perverses qui soient, est une des premières choses qu’il m’ait dites ». Ensuite, il m’a dit aussi « Toute eau incite à la noyade », ce à quoi, amusée, je lui ai répondu : toute eau incite à la baignade. Plus tard, il m’a raconté avoir été l’ami de Cioran. Pauvre comme la poussière, il aimait boire des laits-fraise près de Notre Dame. Pour lui, le Marais, c’était « la province », et rien ne lui importait que les bibliothèques, où il passait son temps à développer une culture aussi phénoménale qu’inutilisée, et les églises, où il aimait à parjurer.
En fait, il me faisait rire assez souvent. Je ne l’ai pas fréquenté très longtemps, mais il fut de mes personnages de bohème, valeureux dans son genre, quoique peu facile à fréquenter. Le premier soir, tandis que nous marchions près du Louvre, il me parlait de son père, financier suicidé, et de sa mère, qui, me dit-il, restait inactive toute la journée. Comme je lui demandais ce qu’elle faisait et qu’il ne le savait pas, je lui suggérai : - Peut-être, lit-elle des romans pornographiques.
Et, dans ce désarroi léger et joyeux de ce soir-là, dans la douceur du beau Paris, je partis d’un grand fou rire qui dura longtemps.
Il me gronda : Voyons, me dit-il, Claire, une jolie fille comme toi…
Notre amitié était aussi étrange que sa personne et que mon questionnement sur la vie. Souvent, il voulait me faire croire au diable, et je m’y refusais. Dans des cafés, nous buvions des verres parfois, en devisant d’une manière évidemment extravagante (il m’avait dit qu’il voulait écrire un « guide annuel de la fellation »- comme d’habitude, j’étais pliée de rire). Plusieurs fois lorsque nous étions ainsi attablés, j’ai vu les sols des cafés s’ouvrir, lorsqu’ils vont chercher quelque chose à la cave. Dans mes questions de ces jours-là, voir de ces sols émerger ces forces souterraines me donnait toujours une drôle de sensation, comme s’il y eut là une magie, un dévoilement, une révélation.
Un jour, il m’a raconté être rentré chez lui, et avoir trouvé sa mère pendue. Ses relations avec son frère, psychologue, étaient pour le moins guerrières. D’après-lui, sa grand-mère chantait à l’opéra de Milan.
De mépris du travail en mépris des travailleurs sociaux, il a fini sur le pavé, à la Cour Royale, ce qui lui plaisait assez. Les quelques visites qu’il m’a rendues à la direction des affaires culturelles furent épiques, quoiqu’il fut très bien élevé. Ces jours-là, je sortais avec un analyste financier de chez Havas publicité, ce qui n’est pas du tout le même profil. Mais en réalité, je menais le combat de l’art contre le tout commerce.
Finalement, je pris mes distances avec lui, lassée d’une certaine forme de brutalité de son verbe, quoique souvent, ce que j’aimais avec lui, c’était notre art des belles phrases. Nous parlions français classique en plein délié. Lorsque le jeu est beau, il nous stimule et nous donnons notre meilleur.
Un jour, je le croisais rue des Francs-bourgeois et le snobai comme il m’appelait. Alors, plus tard, il vint me déposer une carte au bureau, sur laquelle figurait un X majuscule. J'ai retrouvé son mot.
" Tu es tellement resplendissante et attirante dans ton costume de duchesse", écrivait-il, comment pourrais-je retenir une telle comète ? Nous attendons tous ton prochain cycle."
Pour une fois qu'il était positif... Si un jour, je le revois, je prendrai de ses nouvelles, à l’aristochat.
*
12 août 2008
Ca me fait penser que je dois retrouver ma lettre de Gallimard, dans une de mes pochettes. Dans cette lettre, cette maison d’édition m’écrivait, en 1993, sentir en moi une écrivain en formation et me formulait quelques compliments agréables. Univers romanesque en formation... Si je la retrouve, je vais la joindre à l’envoi imminent de mon manuscrit « Le chat qui parlait humain… ».
Voyage initiatique.
J’ai des choses à vous dire.
*
En ce moment, peut-être pour la première fois de ma vie, je m’occupe de moi, de moi et de moi, disons pendant deux ou trois mois. Je ne mène aucun combat, ni pour l’art, ni pour la justice, ni pour la vérité, mais je souhaite bonne inspiration à tous ceux qui le font. J'apprécie, je m'occupe de moi, je m'exprime. Lorsque je me sentirai prête, je reprendrai.
21:35 Publié dans Personnelle Hirondelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.08.2008
l'art du dauphin, évocation
Si je me considère moi-même comme un objet plastique,
C’est pour mieux contenter mon âme voyageuse.
Dans les flots bleus, voguant, où sonne la musique,
Je salue de ma joie les ports, âmes joueuses…
Alors arrive à moi un homme magnifique
Qui ouvre ses naseaux dans les algues légères ;
- Moi aussi, me dit-il, j’aime nager dans les criques
Où le dauphin transporte un enfant de lumière.
cd 2005- illustration jw waterhouse
23:54 Publié dans Personnelle Hirondelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.04.2008
Express Yourself
16:42 Publié dans Personnelle Hirondelle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03.04.2008
Ecrire sur Priah

Lorsque Priah, mon ami indien, est venu me voir pour la première fois, devant son sourire radieux, j'alternai un mélange de sourire et de réserve... Priah était très charmant. Son sourire débordait ; il était vaste, posé, joueur... Il souriait sans cesse...
-I like when you smile, m'a-t-il dit, quelque chose dans ce style.
- I don't want to always smile, lui ai-je répondu.
- Why ?..
- Because... I don't know... I...
- You can always smile.
- I don't know. Forget it.
Je l'avais rencontré sur Internet : un ingénieur indien, plus jeune que moi d'une presque dizaine d'années... Son nom touchait à la perfecion : il signifiait Charmant Saint, en Indien. Plus exactement, il m'avait dit, à propos de son prénom :
-Priah, it means something that everybody likes. Like flowers...
J'en ai déduit qu'il s'appelait Charmant. Sur Internet, nous avions parlé un peu. Il avait tenté de me faire rougir en évoquant le Kamasutra, m'a-t-il dit, que les Indiens connaissent bien... J'étais là, à l'ordinateur... Parfois un peu mélancolique... Comme je lui disais des critiques concernant le monde (le monde !...), il m'a répondu :
- So, you don't like me.
- Yes I like you...
Nous avions aussi évoqué quelques sujets philosophiques à ma manière, comme l'idée que la masse s'oppose à la vitesse. Il avait contré cette hypothèse, mais... Cela sera à revoir une autre fois.
Voià Priah qui arrive chez moi la première fois. Il m'avait demandé de m'habiller agréablement. J'étais donc vêtue de légers et courts vêtements. Dehors la lune brillait... Des posters de la Joconde ornaient la rue, en raison de pubs pour le livre du pauvre Dan Brown... J'aimais cette atmosphère mythique et innovante. Je savais bien qu'il venait pour me connaître de près. Mais tout était possible. Je n'avais encore jamais parlé avec un Indien.
*
22:59 - msa0206 - you are cute22:59 - Yes, my prince.
22:59 - msa0206 - and sweet
22:59 - I don't know.
23:00 - msa0206 - i will teste you and tell
23:00 - msa0206 - if you are sweet or bitter
23:00 - To who ?
23:00 - msa0206 - you
23:00 - Yes.
23:00 - But...
23:01 - I listened an emission really interesting about internet and research.
23:01 - msa0206 - but what d ear
23:01 - They told research is very faster now because of immediate publications.
23:01 - What what ?
23:01 - Sweet heart.
23:01 - msa0206 - might be true
23:01 - msa0206 - yes darling
23:02 - Yes, I think.
23:02 - msa0206 - but it is true
23:02 - ok, slowly.
23:02 - msa0206 - i have read a book
23:02 - I'll understand new things.
23:02 - Yes ?
23:02 - msa0206 - alvin tofler
23:02 - msa0206 - i guess
23:02 - What it is about ?
23:02 - msa0206 - the name of book is
23:03 - Yes ?
23:03 - msa0206 - future shock
23:03 - Yes ?
23:03 - What is it about ?
23:04 - msa0206 - he talk about how the future will shape up
23:04 - I'll understand new ways of being.
23:04 - On what them ?
23:04 - msa0206 - he talks
23:05 - Yes.
23:05 - msa0206 - how the future compnies will be
23:05 - economics ?
23:05 - msa0206 - how the life of people will be in 2080
23:05 - msa0206 - yes he talk about everything
23:05 - ok; I'll see on the net.
23:05 - msa0206 - economics , research , people ,life
23:06 - msa0206 - ok
23:06 - ok.
23:06 - msa0206 - it is very interesting
23:06 - ok, I'll see.
23:06 - msa0206 - fine dear
23:07 - And I want to look to the book about Tao.
23:07 - msa0206 - yes
23:07 - We'll talk again about it, may be.
23:07 - msa0206 - two books are there
23:07 - msa0206 - ok fine
23:07 - If the shock of the future is good for us.
23:07 - ok. But I don't read english.
23:08 - msa0206 - no it is not good
23:08 - What ?
23:08 - msa0206 - we have to prepare for future
23:08 - Yes.
23:08 - msa0206 - if we will not prepare we will have shocks
23:08 - I prepare for friday.
23:08 - Yes.
23:08 - msa0206 - what
23:09 - Joking
23:09 - msa0206 - what you wil prepare dear
23:09 - About the future.
23:09 - Of friday.
23:09 - msa0206 - ok
23:09 - msa0206 - be prepare for all the shocks
23:09 - I do.
*
La visite de Priah était la deuxième... Le premier jour, il n'avait pas réussi à me localiser, s'était trompé de paté d'immeubles et avait jeté son bouquet de fleurs dans la rue de dépit. Il m'avait téléphoné. En courant, avec cette petite jupe que je porte peu à l'extérieur, j'avais bondi telle une jeune panthère jusqu'au café où il me disait m'attendre. J'avais cavalcadé intensément dans la rue. Je ne l'avais pas vu, pas trouvé. Ciel était-il possible qu'une Claire Delhomme rencontre un jour un Charmant Saint... L'enjeu me paraissait si fébrile, si fragile, si bon, que je tremblais qu'on ne se rencontre pas.
Plus tard, il m'a demandé d'écrire cette rencontre.
Le deuxième jour, il a réussi à trouver ma porte, cette porte derrière laquelle se tient ma réalité personnelle. Priah était orné. Il a sonné. Il est arrivé. Il est entré, il s'est assis sur mon canapé, il m'a regardée. Priah avait une belle tête, une belle tête d'Indien. Il souriait tout le temps.
- Why don't you want to always smile ?...
*
Autour du cou, il portait un collier, une sorte de ficelle avec un pendentif, lequel contenait une photo, celle d'un homme de sa famille, officiellement qualifié de saint. Il ne l'ôtait pas, même pas pour faire l'amour. Lorsque je lui ai demandé : what is a saint ? Il m'a parlé des télévisions qui filmaient cet homme, de sa docte science sur le fait religieux, sa capacité de parler de "dieu"... Puis, pour me mettre à l'aise, il a lu les lignes de ma main. Il m'a dit : - Tu vois, ici, on voit que des gens t'aident. Moi, m'a-t-il dit en me montrant sa propre main, je n'ai pas ce soutien.
Puis il m'a dit qu'il ne savait pas lire les lignes de la main.
Nous avons joué à de multiples petits jeux de ce style qu'il inventait au fur et à mesure avec une joie parfaite. Il m'a expliqué comment, en Inde, la religion est partout, la nature est dieu, et tout aspect de la nature est divin. Ainsi, m'a-t-il dit, des hommes qui considèrent qu'un arbre est un dieu vont le planter souvent.
De mon côté, je lui fis remarquer que "prier" vient souvent avec le manque, et que j'avais précisément remarqué que, en Inde, le climat est très incertain. Un bon contexte pour prier beaucoup... Il n'a pas dit non. Il a dit que, prier c'est espérer, très certainement... Puis, comme il s'étonnait lorsque je lui dis deux mots de mes mauvaises relations avec ma famille, je lui dis encore : souvent, ce sont ceux qui n'ont pas vraiment de famille qui créent de nouveaux univers, de nouvelles pensées, idées, philosophies... Il a trouvé l'idée intéressante.
Un peu plus tard dans la nuit, après les échanges amoureux, nous nous sommes assis pour discuter, dans la demi-pénombre, nus, sur la moquette. Nous avons encore parlé d'Inde, du très joli film "Indian family", de science, écouté Dire Straits, souri.
Priah venait d'une famille pauvre de la campagne indienne. A l'âge de 13 ans, ses parents l'avaient envoyé étudier dans une ville lointaine. Il était fils unique. Son père était instituteur. Ensuite, il poursuivit ses études en Angleterre, puis commença à travailler. Il travaillait sur les logiciels bancaires. D'abord en Angleterre et en France, puis, par la suite, en Afrique du Sud et en Inde. Aux dernières nouvelles, il est aux Etats-Unis. Ses parents devaient lui choisir une femme, selon la tradition, une indienne...
Lui et moi nous avions parlé de cette passion de la lecture, l'entrain qui fait traverser les nuits, pages à la main, la passion de savoir, l'amour des livres... Ces petits récits que nous nous étions fait de nos lectures secrètes d'enfants avaient plus fait pour nous rapprocher que l'évocation du Kamasutra... Autant que le Kamasutra...
*
20:37 - Hi, I'm here.20:38 - msa0206 - hi
20:38 - msa0206 - i am just happy to see you
20:38 - Yes.
20:38 - Me too.
20:38 - msa0206 - i smile when i saw uour message
20:38 - Which one ?
20:38 - msa0206 - hi i m here
20:38 - I like you to smile.
20:38 - Yes.
20:39 - msa0206 - ok
20:40 - OK.
20:40 - msa0206 - how was your day
20:40 - msa0206 - if you are with me i will smile dear
20:40 - Good enough. Were you schoked by what I wrote ?
20:40 - msa0206 - no
20:41 - Ok.
20:41 - msa0206 - how was your day
20:41 - But you said something like that on gmail. My days was a cool day. And your ?
20:41 - msa0206 - my hot days
20:42 - Hot ?
20:42 - msa0206 - yes
20:42 - msa0206 - because i was thinking about you
*
.... à suivre...
Lorsque j’ai parlé avec Priah de la signification d’être « saint », moi qui ne suis pas croyante, il m’a dit qu’il n’aime pas faire le mal, mais que, si on l’attaque, il se doit de répondre. Il m’a dit aussi qu’il souhaite faire quelque chose de bon, pour que les gens se rappellent de lui en bien. Ainsi, son projet était de créer en Inde une école pour les enfants pauvres. Il souhaitait qu’un jour, en tant qu’écrivain, je vienne y faire quelque déclamation… Charmant Priah…
De la même façon, il avait de la tendresse pour Bill Gates, « William Ponts », pour sa fondation et ses bonnes actions. Admettons… Moi aussi, lui disais-je, j’aime Bill Gates et son intelligence. L’ordinateur, internet, sont des siècles des lumières à leur façon : des invitations à l’universel possible. D’un point de vue pratique, ma période de relations intenses avec Priah correspondit à la période durant laquelle l’industriel indien Lachmi Mittal acheta une des grandes entreprises françaises de métallurgie, Arcelor, durant le premier semestre 2006.
Moi, en tant que française, et voyant le développement de la concurrence indienne, en particulier en termes informatiques, je lui dis que j’avais ma préférence pour la France, lui excepté... Priah était travailleur, brillant, obstiné. J’étais heureuse pour lui d’un si joli destin : cet enfant indien, né pauvre, qui, petit, avait tout juste de quoi manger, et qui se retrouvait, par la vertu de l’éducation, à réparer des logiciels les plus complexes, dans tous les pays du monde, radieux, bien pourvu, bien considéré... J’étais heureuse de son bonheur… Toutefois, excepté lui, mon vœu de réussite s’appliquait préférentiellement aux ingénieurs français… héritiers d’une longue tradition d’études et d’innovations…Car, je devais penser à la sainteté, à la perfection morale ; et je devais penser à mon pays aussi…
Nous avons le droit d’être des anges, et la nécessité d’être efficaces aussi... Trouver un équilibre entre la force et la douceur, tu ne trouveras jamais de meilleure dialectique…
20:47 - Did you listen music ?
20:47 - msa0206 - yes
20:47 - What music ?
20:47 - msa0206 - rock
20:47 - What rock ?
20:47 - msa0206 - pink floyd
20:47 - Yes ? What disk ?
20:47 - msa0206 - floyd
20:48 - msa0206 - animals
20:48 - msa0206 - thr division bells
20:48 - msa0206 - the
20:48 - Yes, I may know.
20:48 - msa0206 - earth mother
20:48 - It's very beautiful music.
20:48 - msa0206 - yes
20:49 - But a little bit sad sometimes, isnt'it ?
20:49 - msa0206 - sometimes i take wine and play pink floyd
20:49 - Yes ? You play ?
20:49 - msa0206 - and just sit in bathtub
20:49 - msa0206 - listen
20:50 - msa0206 - no
20:50 - Very beautiful image.
20:50 - msa0206 - oh
20:50 - msa0206 - me in bathtub
20:50 - With wine and pink floyd.
20:50 - Only.
20:50 - msa0206 - ok
20:51 - msa0206 - we both can be
20:51 - msa0206 - someday
20:51 - Maybe.
Lorsqu’il partit travailler en Inde, il m’envoya des photos de la fête des couleurs. En Inde, il s’agit d’une fête de célébration des couleurs. Chacun dispose de couleurs dont il se peinturlure, ainsi que ses voisins. Sur les photos envoyées par Priah, l’Inde semblait ainsi une terre de gaieté, d’égalité des sexes, et de célébration vivante.
21:36 - Indian religion is so strange.
21:37 - msa0206 - why
21:37 - There are a lot of gods, very complicated names.
21:37 - msa0206 - yes
21:37 - Good gods, bad gods, a lot of imagination.
21:37 - msa0206 – 1 400 0000 gods
21:37 - yes ?
21:37 - msa0206 - are there in india
21:37 - Nobody can't count so much.
21:37 - msa0206 - yes its true
Après quelques jours de fréquentation, durant lesquels nous fîmes vibrer la lumière orangée de mon appartement et les parfums montés entre nous, il avait du repartir en Angleterre, puis en Afrique du Sud. De là, il regagna l’Inde... Durant plusieurs mois, je lui écrivis, le soutins et le suivis dans ses pérégrinations mondiales. Ainsi, sans même bouger de mon appartement où j’expertisai l’intérieur de mon âme et l’extérieur de mon corps, ou en me baladant simplement à Paris, je traversais la terre entière avec lui... Il semblait qu’il décrivait un cercle autour de moi… Et chacun de ses messages était l’occasion de ressentir en moi la présence d’une âme douce : Priah !... Le sursaut de la bonté humaine…
En Afrique du Sud, je lui envoyai des photos mêlant le noir et le blanc… Plus tard, lorsque je me trouvai pour un voyage à Haiti, je reçus de ses nouvelles sur ma boite mail, que je lus, d’une école où je me trouvais pour une visite, à Port au Prince. A ce moment, j’étais alors dans une situation si particulière ; cette école, ces petits enfants tout mignons, cette professeur qui m’expliquait leur système d’apprentissage, la visite des classes,… puis lentement, la tension était montée… Tous ces gens me regardant comme une extraterrestre, parce que j'étais blanche… Mais ces petits étaient mignons et gentils… Et cette culture était en lutte avec la mienne… Non, oui, oublie, recommence, pardonne, je suis française, c’est notre faute, votre faute, leur faute, notre savoir, votre ignorance, notre ignorance… Non… Pas moi… Je suis venue, je l’ai aimé, je suis française, oui… Napoléon a rétabli l’esclavage là-bas, créé le conseil d’état en France… Non… Plus de lutte ! Cessez ! Leur folie… Celle de la France... Haïti : un des pays les plus pauvres du monde, habité par des Africains déportés par les Européens… Comment dire… Personne ne sait le décoder...
Par bonheur, j'avais vu Alpha Blondy à Haiti, place du Champ de Mars... Des amis avant mon départ m'avaient conseillée, comme Joseph du Cameroun, et d'autres... Oui… Et Priah, dont je lus le message sur ma boite mail dans cette école, dans cette situation insensée, Priah me rendit le sourire. Ils n’étaient pas méchants, je le savais ! ... Mais quelle injustice leur avait été faite ?... Quelle justice ?.... Qui pouvait regarder, avec les yeux grand ouverts, la réalité de la planète, dans toute son histoire, et dans tout son espace ?...
22:41 - msa0206 - what you buy today from market
22:41 - I feel songs influences the mood.
22:42 - msa0206 - might be
22:42 - No, I didn't went to market, I went for cigarette and macdo.
22:42 - msa0206 - ok22:42 - Now, I'm listening, Dire Straits.
22:42 - Very cool.
22:42 - msa0206 - fine
22:42 - Private investigations.
22:42 - msa0206 - yes
22:42 - Sweet and mysterious song.
22:43 - Flying song,
22:43 - msa0206 - you are poetic
22:43 - Intimate.
22:43 - What do you think about that notion "poétic" ?
22:43 - msa0206 - i feel sometime i am talking with writer
22:43 - msa0206 - like poems
22:44 - I write really different ways, depens on my mood.
22:44 - What do you think about that notion ?
22:44 - Poetic ?
22:44 - msa0206 - i dont know baby
22:44 - ok.
22:44 - msa0206 - like poems
22:44 - I mean, do you like it, do you use it ?
22:45 - msa0206 - no
22:45 - msa0206 - i am
22:45 - You are ?
22:45 - msa0206 - flat
22:45 - I don't know this word.
22:45 - msa0206 - i am not poitic
22:46 - I don't know.
22:46 - msa0206 - ok
22:46 - I feel you are although.
22:46 - But I don't know you very very well.
22:46 - msa0206 - i am more materialistic
22:46 - ok.
22:46 - msa0206 - i am more practicle
22:47 - But by example listening Pink Floyd, with wine in shower should be considered by great specialists like poetic.
22:47 - But I understand what you say.
22:47 - msa0206 - ok
Plus tard, lorsque Priah était en Angleterre, il me téléphona, et, au cours de la discussion, il me demanda si, à mon avis, il était correctement payé pour le travail qu’il effectuait. Quoiqu’il existe des ingénieurs dans ma famille, je l’ignorai et lui conseillai de se renseigner sur internet. Plus tard, lorsqu’il critiqua les manifestations contre le CPE, comme si les français étaient désordonnés et sauvages de s’adonner à des manifestations dans la rue et contestations de la loi, je lui dis :
*
Tu vois Priah, tu m’as demandé si ton salaire est bon. Et tu vois, les gens qui ont manifesté dans la rue, ont manifesté pour le respect des gens qui travaillent. Qui ne veulent pas de mauvais contrats. Toi, tu ne veux pas de mauvais salaire. Eux, ils ne veulent pas de mauvais contrats. C’est la même chose. Ils se sont battus pour le respect des gens qui travaillent…
Priah a bien compris. Priah, par mail, est resté mon ami. Finalement, il a trouvé du travail aux Etats-Unis, à New-York, où il avait toujours rêvé d’aller. Basée sur quelques jours, quelques semaines de fréquentations charmées, notre relation possédait sa solidité. Il m’avait écrit d’Inde. Je l’avais convaincu de lire Shakespeare, ce qu’il fit, et il apprécia. J’avais écrit des poèmes emphatiques à son propos…
17:06 - Hi.
17:06 - Still flying in a fly song
17:06 - A song, a story of fly.
17:07 - They say birds named "condor"
17:07 - Are three meter large
17:07 - And I'm still in that song
17:07 - When travelling on one.
17:07 - Musical one.
17:08 - May be a novel of love
17:08 - May be the love of being some kind of novel.
17:08 - Who is God ? I want to ask him the truth
17:08 - About everything.
17:09 - You know what wrote the german philosoph Nietzsche ?
17:09 - I can only believe to one god who knows to dance.
17:10 - msa0206 - hi
17:10 - Hi.
17:10 - Are you fine ?
17:11 - Are you busy ?
17:12 - It's easier to play games
17:12 - Than to be true.
17:12 - It's easier not to believe
17:12 - Than to believe.
17:12 - In something.
17:12 - In someone.
17:12 - In ouselves.
17:12 - Like real persons.
17:13 - In love with infinite.
17:13 - In love with ourselves.
17:13 - We may suffer.
17:13 - But we're so beautiful.
17:13 - Forever Flying.
17:14 - Around one earth.
17:14 - Well, I think you're busy.
17:14 - I think I'll take my novel again today.
17:14 - msa0206 - please give me some time to read all
17:14 - About what ?
17:14 - Are you busy ?
17:14 - msa0206 - all what you have written
Hi Priah...
I loved to know you. "Happyness comes freely with you", you remember...
You’re a nice man.
*
Un jour, au vu de la faible fréquence de mes mails, Priah m’écrivit pour me souhaiter une belle vie. Moi, je savais qu’il devait se marier avec une Indienne que ses parents auraient choisie. Il était là où il voulait être. L’histoire de la planète suivant son cours…. Je lui répondis, pour lui souhaiter? moi aussi, une belle vie…
Thank you Priah.
Now,
I’m working
To be the Beauty and the Saint
In the same time.
Do you like it ?
Do you love it ?
Do you want me to break glasses on the windows
For you ?
Yeah, boy,
These are true words of love.
That I write, now, only for you.
Do you like it ?
Do you love it ?
Do you want me to break glasses on the windows
For you ?
If I gonna loose you,
You’re going to loose me too.
If you’re free like a wave,
You know that waves
They’re always gonna be blue.
*
Dans la nuit, la lumière restait au dehors suspendue au dessus du stade. Comme une station d’atterrissage spatiale. Comme dans les pensées. A l’intérieur de l’expérience, de la sensation, du sentiment. A l’intérieur. Dans les lumières orangées. Dans les parfums exprimés... Nous avions déjà beaucoup parlé. Nous avions déjà dansé au dessus de l’électricité. Et ce soir-là, le premier jour, nous avons continué à allonger des mots. Prince, tu m’as raconté l’histoire de Krichna, et des deux frères. Si le frère fut mauvais, dit le conte indien, alors l'autre frère a le droit de le condamner. Tu me l’as dit Priah. S’il fut mauvais, quoiqu’il fut frère, qu’on le condamne... Au nom de la justice... (quelle justice leur fut faite, quelle injustice…)
- Où vas-tu ?
- Je vais faire des courses.
- Je peux venir avec toi ?
Il y eut l’histoire du son, l’histoire des yeux, l’histoire des mains, et puis l’histoire de toi et moi devant la fenêtre : toi, regardant dehors, moi regardant toi, et le tableau de tout cela étant si beau. Quelle justice, Priah, quelle injustice…
23:28 - anyway, I decided to take risks.
23:28 - msa0206 - when we can meet
23:28 - Life is like that.
23:28 - msa0206 - yes
23:29 - msa0206 - i just want to see you
23:29 - The next week-end. Is that OK;
23:29 - Yes, it's your right.
23:29 - msa0206 - on friday
23:29 - Because I'm drinking your soul.
23:29 - Well, friday if you want.
23:29 - msa0206 - i want to see you
23:29 - msa0206 - and talk to you
23:30 - msa0206 - whole day and night
23:30 - msa0206 very good.
23:30 - msa0206 - about who is better man or women
23:30 - Yes, I discovered new argues.
23:31 - In some books.
23:31 - msa0206 - i know i win in arguments
23:31 - I'm sure I 'll.- and fight
A l’été 2006, je fis un fabuleux voyage en Grèce, en allant d’île en île... Sur l’île de Paros, sur un sommet rocheux, je discutai avec un homme qui vivait la moitié de l’année en Grèce, l’autre moitié en Inde. Sa maison, sur le sommet de la colline, était discrète, mais quelle vue ! Lorsque le temps était dégagé, me dit-il, il voyait 6 ou 7 îles. La douceur de l’air était énorme. La mer se répandait partout, rafraîchissant les esprits... Dans ce coin, les antiques avaient dressé quelque camp, repère, civilisation.
- Ces nouvelles maison sur l'île, qui sont en construction, dis-je à cet homme, qui m’avait appelée tandis que je me promenais : c'est bien... L’île se développe.
- Non, m’a-t-il répondu. Ces maisons nouvelles abiment le paysage naturel. Il y en a trop. Et puis, ajouta t-il, lorsque les gens gagnent de l’argent avec trop de facilité, comme en vendant des maisons, ils deviennent bêtes.
J'ai aimé son opinion. Il m'a dit :
- Entre, viens faire des photos ici, de chez moi, si tu veux...
Six ou sept îles, lorsque le temps est dégagé.
- Apo do, vlepo pola nisia, otan o kairos inai katharos.
- Evkaristo Kirios.
- Thes na pame masi sto horio me to avtokinito mou ?
- Nai, evkaristo.
*
Hi Priah...
21:58 - I sleep a lot.
21:58 -msa0206 - thats fine
21:58 - But in morning.
21:58 - Yes.
21:58 - msa0206 - ok
21:58 - Because, when I discovered reading and books, I started not to sleep early.
21:58 - msa0206 - yes
21:58 - Did you like books when you're a child ?
21:58 - msa0206 - if the book is interesting you dont feel like sleeping
21:59 - Yes.
21:59 - msa0206 - yes verymuch
21:59 - That's fine.
21:59 - msa0206 - i use to read whole night
21:59 - I love it.
21:59 - Yes. Me too.
21:59 - msa0206 - start at 10 pm to 7 am in morning
21:59 - I feel fine of that good news.
21:59 - Yes.
21:59 - I didn't do that much.
22:00 - msa0206 - but i use to read
22:00 - msa0206 - then doctor give me glasses
22:00 - msa0206 - while reading
22:00 - I tried my parents not to see me. And keeped the cat hidden with me. Yes, ok.
22:01 - msa0206 - you are writing now a days
22:01 - You're very fine with glasses.
22:01 - msa0206 - or taking break
22:01 - msa0206 - why
22:01 - A break, until monday next.
22:01 - msa0206 - ok
22:02 - Because, it's something which takes me a lot of energy.
22:02 - msa0206 - friday we will have fun
22:02 - Yes.
03:51 Publié dans Personnelle Hirondelle | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
10.03.2008
Auto-Biographie Ravie
Née de l'écume et de la chaleur du jour - et la tendresse de la nuit aussi-, je passais ma prime enfance sous la forme d'un coquillage nacré, alternant avec une fleur d'été.... Autant sont inscrits en moi, les hautes montagnes, les petites baies sauvages (mûres, myrtilles, fraises ...) et les grands paysages très remplis de patience, où poussent les fleurs précieuses, autant le paysage maritime recommence en moi-même sans cesse son passage : courants, vagues, mer, voyages, dont les contes sont la destination ; douceurs sucrées, roulis, phares, et autres murmures d'amour inspirés par le flot.
D'une famille en partie de la bourgeoisie de la Marine -mon prénom formant un écho à celui d'une arrière-arrière grand-mère, femme de Capitaine de Vaisseau, à la Rochelle-Rochefort, Charente-Maritime -, j'ai toujours aimé l'univers marin et les voyages en mer. D'abord par les vacances, dans un fort médiéval occupé par mon grand-père, médecin-écrivain de la Marine, parmi les lauriers roses et blancs jaillissant, face à l'horizon. Ensuite, par les livres : marins aux histoires étonnantes, mousses -frimousses malines et astucieux grimpeurs-, capitaines héroïques, traçant l'aventure bleue dans l'espace incroyable des ports, chasses aux trésor, continents, marchés myrifiques et bruyants et palmes exotiques... Villes inconnues se révelant... Promenades tendres et douces sur les vagues du monde, le monde étant lui-même une sorte de vague.
Je m'imprégnais aussi de l'atmosphère écumeuse, et son lot de légendes, en apprenant la Grèce, où un lien amoureux m'ancra dans le lyrisme méditerranéen pour toujours : vie sur l'île, qu'on devine, dont je fus familière. La pêche au filet me prit dans son filet. Pêche, pubs, plage, poterie, sont les quatre P de mon adolescence turbulente et joyeuse.
Diplômée de sciences politiques (Grenoble), section politique, option communication, j'ai résolu, après l'obtention de mon diplôme, de poursuivre par moi-même l'étude du monde, c'est à dire, pour ce qui me concerne, de l'humanité...
*
Mes auteurs grigris, mes technifolies, mes arnacheurs de mots, mes divins, mes héros, mes divers, mes étés, mes lumières, oui : mes adorés :
Rimbaud come"s first... With Aristote... Thucydide, et toute la joyeuse équipe de mes parleurs de grec... Et Rimbaud a dit : "Ce sera encore la poésie grecque"... Tel est cet infini où je ne peux m'égarer. .. Shakespeare, poli kala ; Hugo, journaliste, justicier... George Sand, mignonne, grafonneuse, femme libre et amoureuse (oraia)... Homère, mon grand-père...
Et mes savants, fort nombreux, que je garde pour une autre fois.
*
Car il y a toujours une autre fois.
*
03:33 Publié dans Personnelle Hirondelle | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note











