06.01.2009
Un film culte
L’attaque
de la Moussaka
Géante Sortie : 1999, Grèce - Durée : 1 h 39 - Réalisateur : Panos Koutras -Acteurs : Yiannis Aggelakis, Myriam Vourou, Christos Mantakas, Gregory Patrikareas, Eugene Dimitriou
Je pose la question de son lien avec l'actualité politique, philosophique et esthétique de notre monde et notre temps. J'en parle pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, et pour ceux qui voudront le revoir.
Aspect technique du visionnage du film
Je recommande à tout le monde de le voir. Techniquement, il est disponible sur les sites de téléchargement en ligne. Vu le prix très modique des films, et vu le droit d’auteur, il est recommandé de l’acheter. (Pour ma part, je l’ai vu une première fois en le téléchargeant ainsi, d’un site payant, puis je l’ai revu sur google film, dont quelqu’un m’a indiqué l’adresse. Je me demande comment il se fait que des films soient visibles gratuitement sur google ; google a-t-il signé un accord avec l’auteur ou le distributeur ?... Globalement, je conseille donc de l’acheter et le payer au moins une fois, par respect et remerciement pour l’auteur). On peut bien sûr l’acheter en disque après l’avoir vu, pour le conserver parmi ses trophées de chasse au film culte. Par définition, les films cultes sont rares…
Cela pour l’aspect technique.
Réception du film
Je recommande donc à tout le monde de le voir, et je vais argumenter au fur et à mesure… J’informe aussi du caractère très provocateur du film. Cela en exclut les enfants et les jeunes adolescents (ainsi que les chats). Car il s’agit d’un film pour adultes : un film humoristique, politique et sexuel, qui va toujours plus loin qu’on ne pourrait le croire « Ils sont fous, ces Grecs »… est-on tenté de dire ou de penser en le regardant…
Après l’avoir vu, je m’amusai à lire un certain nombre de critiques du film sur internet, exploration assez intéressante de la manière dont différentes subjectivités se posent sur un même objet et y réagissent : qu’il s’agisse du jugement sur le fond ou des différentes manières de raconter l’intrigue. S’en informer est aussi une manière de rentrer dans l’ambiance.
Celle-ci par exemple nous informe que le film fut d’abord vu au Racine, rue de l’Ecole de médecine :
Index de fiches culture de l'amphi-gouri L'attaque de la moussaka géante.
Panos Koutras
Notes:
1999 - 1h39 Un film remarquable. Un navet voulu et assumé. Une ambiance particulière au cours de la projection et même avant: en juillet 2001, il a été projeté uniquement au "Racine", rue de l'École de médecine, 6è, le samedi à 22h. C'était en version originale grecque, sous-titrée en français. Le troisième samedi, il y avait deux à trois fois plus de spectateurs venus faire la queue que les 174 places assises de la salle... le film a démarré à 22h35 au lieu de 22h15 prévu. Gros rires un peu partout dans la salle à certains gags. Quelques répliques et passages remarquables: "Maman, maman, E.T. moussaka !" Tous les passages où on voit la moussaka dans la ville. Les morts liés à la moussaka. Les interventions télévisées. Le vaisseau spatial et les nanas dedans. ...
Date de création de la fiche:
22/07/2001 00:00:00
La presse, lors de sa sortie, semble avoir relativement apprécié, relativement signifiant ici « modérément », en tous cas pour les critiques qui se sont exprimés (!), et mis à part l’express, qui a entériné sa qualité de film culte. Comme il s’agit d’un film humoristique, d’une sorte de comédie, tout dépend de savoir si on rit ou non. Et pour ma part, j’avoue que les critiques négatives ont tendance à me faire sourire aussi.
(revue trouvée sur internet)
Libération : "Véritable tranche de culture camp acclimatée sous le soleil athénien, l'attaque de la moussaka géante passe sans crier gare de l'exutoire travelo au pastiche Spielbergien, du clip manière Pierre & Gilles à la farce façon sketch des Nuls"
L'Express : "Voici enfin Du cinéma culte"
Charlie Hebdo : "C'est bête à pleurer mais quel régal!"
Le Monde : "L'humour est volontiers peu subtil et repose sur une transgression facilement euphorique qui tente, par ses audaces (très relatives), de faire passer la platitude de la mise en scène." (Jean François Rauger)
Cine-Live : " ...les effets spéciaux, bricolés avec les moyens du bord, participent tout juste au charme de patronage d'un projet bien allumé. (...) une réussite dans la limite du hors-d'œuvre" (Marc Toullec)
Le Figaroscope : Un hommage trash à la série Z des années 50. Avec un goût douteux. (Isabelle Fargette)
Télérama : (...) nanar délibérément kitsch. (François Gorin)
l'attaque de la moussaka géante
Auteur: davlucas
Date: 12/10/07 08:57
Parmi les blogueurs, les réactions sont vives. Certains n’ont pas aimé du tout.
Dvd criques.com
Avec un titre pareil, on est en droit d’attendre un pastiche loufoque de science-fiction. Eh bien, non, on n’a eu droit qu’à une tentative de comédie bien indigeste…
Infogrece.com
Saviez vous que le film Grec post colonels le plus vus est "l'attaque de la moussaka géante" [fr.wikipedia.org] C'est quand même un film bien pourri, dommage que la dictature a tué toue la grandeur du film Grec d'avant dictature.
2 - 0/20 Sy Phy
le 20.04.2006
Je m'en léchais les doigts à l'avance... et ne m'est resté qu'un gargouillement d'évier dans l'estomac.
Dvdrama
Décerner à L'attaque de la Moussaka Géante le prix du plus mauvais film au monde ne serait pas une mauvaise idée car il le mérite bien.
Un point qui rassemble plusieurs critiques est la notion de ‘ »navet », toute la question étant finalement de savoir si le film est vraiment un navet, et, dans ce cas, s’il est un faux navet, ou un navet volontaire (vrai ou vrai-faux)… L’étrangeté des images, dont certaines sont belles et certaines violentes ou banales, donne lieu à débat : le caractère pseudo-kitsch du film est diversement interprété. Pour moi, il ne s’agit pas vraiment de kitsch, mais plutôt d’une sorte de jeu, de profondeur esthétique : différents niveaux esthétiques sont abordés et c’est, je pense, ce qui rend le film un peu déconcertant, volontairement. Il s’agirait un peu dans cette perspective d’une sorte d’acrobatie esthétique, qui traverse les vérités, les mondes et les regards, et c’est tout son mérite.
Certains ont vraiment beaucoup aimé (j’ignore le nombre d’entrées).
Site internet
Ce n'est pas un film qui vous fera rire aux éclats mais certaines scènes vous enchanteront et vous feront rigoler.
© Gilles Penso
Sa persévérance a depuis porté ses fruits, puisqu’au bout de trois longues années de tournage et avec la participation de nombreux amis improvisés comédiens ou techniciens, le réalisateur a vu son film se muer en véritable objet de culte.
Il est à souligner aussi que l’image est directe ; parfois elle ne se met pas en scène ; reste proche de son sujet ; parfois triviale ; parfois elle est la maîtrise même, s’illustrant dans des plans magnifiques qui interviennent de manière assez inattendue, rompant, comme par jeu, le fil de la signification habituelle qui veut donner une cohérence et un sens à l’esthétique… Ainsi, tout en cherchant à déstabiliser le spectateur pour mieux l’entraîner peut-être, les images s’affirment de temps à autre en ébahissant, et ravissant, d’autant mieux qu’on ne s’y attend pas, ou que l’ordre des choses n’est pas mis en perspective, ou pas mis en perspective de manière habituelle...
Enfin, pour terminer cette revue des critiques, mentionnons aussi cette remarque assez originale : le film souffrirait de trop de sagesse !!!
netilios/moussaka.html
Le scénario du film est un peu léger mais la variété des personnages et des scènes arrivent à combler le rythme un peu lent de l'ensemble. Le film est bon mais souffre d'un peu trop de sagesse dont le titre ne laisse pas supposer. Cependant, je ne bouderai pas mon plaisir. Les films grecs sont rares et celui là est à voir. A mon avis, il vaut largement certains films américains largement regardés.
Une nouvelle ontologie
Le titre « L'attaque de la moussaka géante » fait sourire, et semble surprendre tout autant les protagonistes du film… En effet, que penser si, un jour, une moussaka géante envahissait Athènes, créant nombre de morts... Car cette moussaka n'est pas une plaisanterie… Constituée de différentes couches bien reconnaissables, elle attaque la ville dans un grand désordre de comportement qui n'a d'égale que son immense taille (environ un immeuble) et sa capacité nocive (effets chimiques semble-t-il).
En effet, la moussaka géante attaque fort, bien présente dans son incroyable réalité, qui ramène toute l’ontologie du réel à un nouveau point de compréhension : l’évènement dépassant l’entendement des lois de la nature telles qu’habituellement observées...
Ainsi, surgie de nulle part, la moussaka circule dans Athènes, intervient dans les apéritifs, surprend les Grecs dans leur quotidien, agite les politiques, provoque des scènes de fuites dans les rues de la cité grecque et suscite l’appétit évènementiel des médias dont le devoir de narration et d’explication est sérieusement mis à l’épreuve.
On sait que dans la mythologie grecque, le monde émergea du chaos… Au-delà de son caractère éminemment fantaisiste, on peut voir dans ce film une nouvelle œuvre grecque digne des anciens, dans la mesure où elle nous invite, par sa démesure, à repenser le monde. C’est une œuvre philosophique à mes yeux, sur la variété et la liberté, et sur l'apparence aussi.
Paysage
Tandis qu’un vaisseau spatial décore le ciel de la Terre de rayons fluorescents, la moussaka avance, des amours se nouent, un comédien chante, des amis se rencontrent, des politiciens corrompus sombrent et se déchirent atrocement, et des gens courent dans les rues d’Athènes, tandis que le Parthénon, au dessus de la ville, reste impassible devant autant de fantaisie… Le monde entier a les yeux braqués sur Athènes, dans l’attente de l’explication de l’extraordinaire phénomène.
Intrigue
Voici maintenant l’intrigue et ses héros : nous avons ici, à Athènes, un groupe de scientifiques, en blouses roses, qui s'adonnent à d'étranges discussions, tout en poursuivant leurs études avec le plus grand sérieux qui soit... La présence de l’homosexualité fait partie de la crudité du film, tout autant que les autres styles de mœurs exposés : groupe de filles hypercoquettes, couple se déchirant, regard de l’enfant sur le monde, scènes de soirées et scènes de sexe…
A l’Observatoire, ces scientifiques sont chargés de l’analyse chimique de la moussaka géante. Alexis Alexiou, parmi eux, est un des héros du film : il est à noter qu’il est un chercheur.
Notons aussi la présence de « Chanel », amie de Dimis, et la valorisation de la « publicité » et « l’amour », en version française dans le texte, dans un style romantique, en bel hommage à la France.
Et finalement, quelle est la cause des attaques de cette moussaka, devant l'humanité toute entière médusée par cette information non paramétrée dans les usages habituels et possibles de la nature ?... La cause en est quelques jeunes femmes… astronautes, vêtues de combinaisons très moulantes, qui, dans leur vaisseau spatial arrivé d’une autre galaxie, sont venues récupérer une copine descendue sur Terre ... Ayant envoyé une sorte de rayon laser sur un morceau de moussaka, elles ont involontairement provoqué la croissance de l’objet, qu’un enfant était en train de donner à manger à un chien. A partir de là, le morceau de moussaka s’est mis à grandir et à circuler de manière désordonnée dans la ville grecque…
Or, les filles, dans le vaisseau spatial, ont besoin de leur copine et de ses connaissances pour circuler dans l’univers intergalactique. Elles se mettent donc à sa recherche, flottant ainsi ingénument au dessus de la ville de Périklès.
En parallèle, la relation d’un couple de richissimes et influentes personnes participe à la trame de l'histoire. C’est la moussaka de leur dîner dont il s’agit au départ… Elle : neurasthénique et cocaïnomane… Lui : politicien cynique... Un enfant, une piscine, une villa… Leur chaotique relation donne alors lieu à un portrait de la richesse pour la richesse, et du pouvoir pour le pouvoir, considérées comme la dernière des misères… Tandis que les artistes dans la ville sont, dans leur liberté et gaieté, et parfois leur beauté, des souverains dans leurs royaumes...
Ainsi circule la nouvelle de l’attaque de la moussaka géante, un film qu’on pourrait dire « de l’anarchie en art ». Car on peut le voir en effet comme une excellente satire de la société de consommation. Satire ni globale ni argumentée, s’étirant sur les bords vers l’infini, elle nous questionne, présente une histoire qui nous interroge, non pas sur ce qui est, mais sur ce qui devrait être… Sans doute, elle peut abaisser nos limites pour nous faire respirer à plein, et nous faire sourire et rire, beaucoup.
Dans cette satire, absolument étrange et douce, on trouve l'écho d'un univers qui vaut d'être pris au sérieux, et de vraies questions sur la vraie nature du pouvoir. L'ironie et l'extravagance sont utilisées comme formules de liberté. Formule de fraîcheur, et d'indépendance d'esprit.
La sportivité grecque y est présente aussi.
Pour moi, qui ai grandi en partie avec la culture grecque la plus traditionnelle (sur une île), et qui voyage régulièrement là-bas, ce film représente très fidèlement cette fantaisie et liberté parfois extrême de la Grèce. Un pays où le mot «trop » existe à peine. En général on utilise le mot « beaucoup » (« poli »), pour dire « trop », mais « trop » n’est donc jamais que « beaucoup », et ce n’est donc jamais trop…
Très très
En bref, un vrai instant de cinéma qui change des rengaines habituelles ; étonnant, parfois choquant, violent, extrêmement inventif et rieur, subtil et délirant, c’est une œuvre très très personnelle, portée par des acteurs qui semblent sans limite. Hommage à Athènes, c’est simplement un hommage à la vie et à la liberté. Au delà de sa fantaisie très sympathique, ce film nous dit que la vie est toujours à réinventer…
- Alors : E.T, moussaka ?...
**********
nb1 : j'ajoute le lien google pour inciter à le voir, avec obligation morale de le louer ou l'acheter par ailleurs.
http://video.google.com/videoplay?docid=36810679545748502...
nb 2: L'image "Animal spirit" est la photo (2005) de l'enseigne d'un magasin sur l'île de Paros (Grèce, cyclades). L'île de Paros est une île de marbre, qui servit à fabriquer des statues.
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27.12.2008
Voguaison

Songeant à l’amour et à la force
Et à la manière dont ils se répartissent
Dans l’univers de l’action…
Joli petit mammifère en pleine méditation…
*
Tous les rêves sont parvenus
A ce niveau de hauteur
Où on voit à la fois
Et le rayon
Et la couleur.
*.
Au soir sur l’île,
Tu es invité
A participer à la chanson :
« Il arriva d’un bateau qui transportait un lion…
Ou était-ce le contraire ?... Un certain vertige
Peut-être participait
De leurs ambitions.
*
Les chants de la lumière
N’ont de limite
Que le monde lui-même ;
Et le monde lui-même
N’a de limite
Que les chemins choisis
Que l’amour a rendus
A son tour
Infinis.
*
Le corps souple
Des enfants
Se mesure à la roche ;
Se confronte à la vague…
L’aventure est un nom de l’instinct.
L’instinct est un nom de la joie.
La joie est un nom de la sagesse.
Crois-tu qu’on va la calculer ?
*
L’homme heureux
Se promène
Sur une plage,
Que cette plage soit sable
Ou un corps qu’il aime
Plus qu’avec raison.
*
La nuit,
Les secrets
Ont levé l’ancre
Sur l’horizon ;
S’il existait plusieurs mondes,
Existerait-il plusieurs passions ?
*
La nuit,
Dansent encore
Les trombes de lumière
A l’intérieur du corps,
A l’instant précis
Où tu cherches le trésor ;
A l’instant où tu le trouves.
*
Et l’eau, dit-on avec raison,
Contient plus de mots qui ne pourraient la contenir.
Le soleil, qui dispense les chaleurs
Est le premier à enrouler son corps à ton corps…
« Bleu est la couleur de la guérison »
a dit Bouddha, de son sourire rieur.
Etait Bouddha un enfant sage ?...
*
Au bord de l’herbe,
La mer est une église
Où se déclenchent des forces souterraines ;
Et sur le port,
Les bateaux de couleur
Aiment les formes fuselées.
L’aérodynamique est très bien partagée.
*
Combien de secrets m’apprendra-t-on ?
Ici et ailleurs ?
Connu et inconnu ?
Sur les vérités
Lorsqu’elles sont habillées ou nues ?
*
S’il existe des aigles aux regards droits,
De grands condors surplombant l’espace
Comme rois du monde,
Tout près de l’or solaire,
Des tigres colorés, qui aiment prestement
S’amuser, se baigner, ou jouer à se battre;
Et des panthères radieuses,
Toutes noires, élancées,
Qui savent et s’accrocher, et bondir,
Et s’accorder, et rebondir,
D’un trait,
Ainsi que d’autres animaux
Qui vont dans la douceur du jour
Avec cette idée de régner,
Il existe aussi des agneaux mignons
Qui tremblent de fragilité,
Et qui respirent avec douceur…
Et s’il existe des langues débridées,
Il existe aussi un jour un baiser supérieur.
*
Petit chat, tu me plais
En partie pour la confiance
Que tu me portes. ;
Moi, c’est du fromage blanc
Que je t’apporte
Pour que ton corps
Aime toujours se continuer.
Parce que j’ai bien aimé l’idée.
*
Le peintre
M’a dit que c’était son chat.
Le chat m’a regardé, l’œil entr’ouvert.
Il a vu que j’aimais bien
Le voir…
J’ai dit au peintre
Que son chat était extra, en vérité.
Je n’ai rien dit au chat.
*
Devant l’icône, des bougies brûlent.
La mère protège l’enfant.
Le monde partout autour est bienveillant.
*
Et la mère protège l’enfant.
Et l’enfant ouvre ses pinces.
Et l’enfant attrape le temps.
Il est temps de parler, maintenant.
Tu apprends les mots un par un
Jusqu’au jour où tu ne les comptes plus.
Tu les connais très bien.
L’éternité, parfois aussi, est jeu d’enfants.
*
Qu’en penses-tu, poète ? philosophe ? ami rieur
Ou pensif.
Avons-nous raison de voir les choses en grand ?
La mer, en soi, est déjà tout un sentiment…
Au matin, sur le port,
A l’heure de partir sur un bateau,
Pour découvrir des parties mystérieuses de la vague,
Nulle énigme: L’élégance du voyage, le désir.
*
La passion dans le voyage.
Boire un café dans le voyage.
Voler comme un oiseau sauvage.
Porter la couronne aux oiseaux.
Avoir l’ardeur et le cœur sages.
Est-ce possible ?...
Il faut essayer pour savoir.
*
Tout le monde ici est-il aussi aimable
Que la douceur de cet instant
Où la navigation tient sa place
De prince charmant ?
*
Ici passent quatre bateaux.
Voici venir le jour des Catégories.
Vois-tu, comme moi,
Comme elles sont infinies ?...
(Paris, fev 2008)
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25.12.2008
Le retour de la lumière
Noël, Fête du Jour qui revient, solstice Rouge et Or, fête des cadeaux, des petits enfants et des bébés, des cœurs adoucis, du foyer, dans la joie de la lumière qui revient, sur nos forêts et nos villes, sur notre eau claire qui roule, chantonnant son arc-en ciel dans les sillons de nos terres, dans les reflets de nos rivières… Noël, fête de la lumière, qui revient, décorée d’étoiles ; Noël des druides, Noël des chrétiens, Noël de la Terre : solstice d’hiver…
Pour la messe, voir ci-dessous, -restant dans l’approfondissement de la thématique grecque qui toujours influença la France (rappelons-nous le fabuleux vase de Vix, un immense vase grec du - 6 ème siècle, découvert en Bourgogne http://www.tresordevix.org/vase.html), pour la messe donc, une chanson chantée par Papakonstantinou (=le père de Konstantin), dont suit une traduction en mot à mot et partielle, mais déjà une belle messe, à la belle mélodie, ouverte sur les mystères humains, la poésie du monde, simplement, puisque c’est vrai et puisque c’est important, pour cette nouvelle civilisation dont on parle : cette compréhension globale, cette action ajustée, cette pérennité... Un texte du poète grec Nicos Kavvadias (de même que la précédente chanson), fréquemment repris par les chanteurs grecs. Joyeux Noël !
http://www.youtube.com/watch?v=R8cznEr6D7U&feature=re...
Federico Garcia Lorca
Στίχοι: Νίκος Καββαδίας
Μουσική: Θάνος Μικρούτσικος
Πρώτη εκτέλεση: Γιάννης Κούτρας
Άλλες ερμηνείες: Βασίλης Παπακωνσταντίνου
Tu as bougé un instant comme un boléro
Avec ton profond jupon couleur orange
C’était le mois d’août ce n’était pas je crois
Alors que s’en allaient les troupes des croisés.
Des bannières accompagnaient le vent
Et les galères de la mort s’en allaient
Les jeunes gens frémissaient
Et le vieux …. chétif
Le taureau de Picasso reniflait lourdement
Et… le miel pourrissait
Une poutre renversée, un chemin vers le nord
Il passe devant ou derrière nous, peu t’importe.
Sous le soleil les olives exultaient
Et de petites croix grandissaient aux potagers
Des nuits infécondes étaient restées les étreintes
Celles que t’avaient apporté …
…Et seigneur, avec quoi vais-je te décorer
Apportez la …de Mauritanie, couleur de pourpre
Au mur de Kaisarianis ils nous ont conduit en secret
Et directement ils ont fait grandir un gabarit masculin
Filles de Distomos, apportez l’eau et l’onguent
Et sur ta jument… en croix
Sur la poitrine, le voyage en lacets,
Dans les champs ouverts et assoiffés
Barque au marécage renversée, sans quille,
Matériels rouillant dans de misérables grottes
Nuées de corbeaux volant en un lieu désert
Et au village, sept chiens la nuit qui aboient.
*
Vidéo cette chanson chantée par un autre chanteur :
http://www.youtube.com/watch?v=qCOs_9FjkXw&feature=re...
Et dans une autre version illustrée de Vassilis Papakonstantinou :
http://www.youtube.com/watch?v=twj3vBKEMhE
.Ανέμισες για μια στιγμή το μπολερό
και το βαθύ πορτοκαλί σου μεσοφόρι
Αύγουστος ήτανε δεν ήτανε θαρρώ
τότε που φεύγανε μπουλούκια οι σταυροφόροι
Παντιέρες πάγαιναν του ανέμου συνοδειά
και ξεκινούσαν οι γαλέρες του θανάτου
στο ρογοβύζι ανατριχιάζαν τα παιδιά
κι ο γέρος έλιαζε, ακαμάτης, τ'αχαμνά του
Του ταύρου ο Πικάσο ρουθούνιζε βαριά
και στα κουβέλια τότε σάπιζε το μέλι
τραβέρσο ανάποδο, πορεία προς το βοριά
τράβα μπροστά, ξοπίσω εμείς και μη σε μέλει
Κάτω απ' τον ήλιο αναγαλιάζαν οι ελιές
και φύτρωναν μικροί σταυροί στα περιβόλια
τις νύχτες στέρφες απομέναν οι αγκαλιές
τότες που σ' έφεραν, κατσίβελε, στη μπόλια
Ατσίγγανε κι αφέντη μου με τι να σε στολίσω;
φέρτε το μαυριτάνικο σκουτί το πορφυρό
στον τοίχο της Καισαριανής μας φέραν από πίσω
κι ίσα ένα αντρίκειο ανάστημα ψηλώσαν το σωρό.
Κοπέλες απ' το Δίστομο, φέρτε νερό και ξύδι
κι απάνω στη φοράδα σου δεμένος σταυρωτά
Σύρε για κείνο το στερνό στην Κόρντοβα ταξίδι
μέσα απ' τα διψασμένα της χωράφια τα ανοιχτά
Βάρκα του βάλτου ανάστροφη, φτενή δίχως καρένα
σύνεργα που σκουριάζουνε σε γύφτικη σπηλιά
σμάρι κοράκια να πετάν στην έρημην αρένα
και στο χωριό να ουρλιάζουνε τη νύχτα εφτά σκυλιά.
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21.12.2008
Une chanson pour voyageurs
UN COUTEAU,
Chanson de Vassilis Papakonstantinou
J’ai toujours avec moi dans ma vie
Un petit couteau d’acier africain
Comme ceux dont ont l’habitude, et avec lesquels jouent les Arabes,
Que j’ai acheté dans un vieux magasin en Algérie ;
Je me souviens, comme si c’était maintenant
le vieux marchand
qui ressemblait à une vieille peinture de Goya
Comme il se tenait assis près de (...)... uniformes,
Disant d’une voix… les mots suivants :
- Ce couteau que tu veux acheter
Avec des histoires étranges et des mythes
Il est lié.
Et tout le monde sait
Que chacun de ceux qui l’ont eu
A tué l’un de siens.
Don Basilio a tué avec Dona Julia
Sa jolie femme, parce qu’elle le trompait,
Le conte Antonio, un soir,
De même, avec son malheureux frère,
Avec ce couteau l’assassina.
Un Arabe tua sa jeune femme, par jalousie,
Et un navigateur italien son contremaître grec ;
De main en main il passa jusqu’à ma propre main
Mes yeux ont vu beaucoup de choses
Devant celle-là, je tremble
Viens plus près et regarde
(Il a un et une....)
Il est léger ; tiens prends-le
Il ne dépasse pas un quart de pound,
Mais moi, je te conseille parmi mes produits
d’acheter autre chose
- Combien coûte-t-il ?
- Seulement 7 Francs, si tu le veux prends-le.
J’ai un petit couteau avec moi
Qui est maintenant à moi
Et comme je ne déteste personne dans le monde
Pour vouloir le tuer
J’ai parfois peur qu’un jour
Je ne le retourne contre moi.
Viens et regarde
(Il a... et....)
Il est léger il ne dépasse un quart de pound
Mais je vous conseille d’acheter autre chose
-Combien coûte-t-il ?
-Seulement 7 Francs, si tu le veux, prends-le.
***
Une vidéo avec la chanson :
http://www.youtube.com/watch?v=A0ogdkWw9GM
Illustration : pêcheurs sur une île grecque, préparant les filets, cd 2005
14:45 Publié dans Sur la Grèce Sto thema tis Elladas | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
13.12.2008
Anarchisme et nature comme sources de la démocratie en Grèce
Romantisme de la manifestation
Il existe en Grèce un vrai romantisme de la manifestation, dont témoigne la chanson « Proti Maiou » de Vassilis Papakonstantinou : « De la Bastille se mettent à bouger les cœurs des étudiants. Mille drapeaux, rouges et noirs… Dans les rues, dans la foule… Je cours dans les rues, je cherche dans la foule Où est la fille, la fille que j’aime » dit le célèbre chanteur grec.
Les explications peuvent en être multiples : expressivité méditerranéenne ; autonomie d’un peuple que la colonisation –turque notamment- a longtemps privé d’un Etat solide et historique ; tradition démocratique populaire ; romantisme rebelle lié au retour désordonné en terre grecque des populations vivant sur les terres d’Asie mineure annexées par la Turquie (vers 1920), population ayant connu une certaine autonomie de fait liée au désordre politique de l’époque ; confiance en la médiation directe après la dictature des colonels, dont le pays s’est débarrassé par des manifestations qui débutèrent à l’école polytechnique etc… On peut y voir aussi l’expression d’un peuple fondamentalement démocratique et analyser d’un point de vue philosophique les fondements de ce règne du pouvoir par le peuple.
Il se trouve que, lors de mon dernier voyage en date en terre hellénique, en 2007, je remarquai, sur un mur, un signe de l’anarchie dessiné, dans la gare attenant au Mont Olympe. Cet indice à priori anti-démocratique, chez le peuple de Périklès ayant inventé le mot « démocratie », me fit relever quelques instants la tête de l’Odyssée d’Homère que je relisais avidement, dans l’attente de mon train.
Mélancolie et joie
A vrai dire, j’avais connu des Grecs anarchistes ou tendant à l’être. Sans aller nécessairement jusqu’aux extrêmes, je remarquai, dans les années 80-90, la forte présence en Grèce des chansons mélancoliques et rebelles de The Cure, The Smith, Joy Division, qu’on entendait fréquemment dans les pubs. De même, toute la culture des rebetica est fortement empreinte d’une sorte d’« autonomisme ».
Il existe aussi en Grèce cette notion de « mélancolie gaie », qui est une des deux faces de la médaille de l’expression, l’autre étant la joie. – Comment vas-tu ? demande t-on en grec et on répond : Poli kala, imai mia hara : très bien, je suis une joie. La présence de cette mélancolie gaie, garantit, en face de la joie, la profondeur de l’expression humaine.
Motivations matérielles et motivations intellectuelles
Manifestations, présence de l’anarchie sur les murs, goût d’une certaine mélancolie aux arrière-plans parfois rebelles : ces éléments sont susceptibles d’être analysés dans un ensemble théorique et vaste.
Les analyses éditoriales et autres des manifestations de protestation contre l’assassinat du jeune Alexandre Grigoropoulos (son nom de famille signifie « le rapide ») ont beaucoup misé sur le paramètre éco-sociologique, en détaillant les problèmes économiques de la jeunesse grecque. Si cette analyse contient sa part de vérité, il ne faudrait pas qu’elle constitue le rideau théorique derrière lequel se cachent ceux qui ont peur de l’éthique : car, au niveau matériel de l’analyse se combine le niveau intellectuel. La colère des jeunes grecs a clairement désigné le coupable : l’Etat terroriste, la violence de l’Etat. Que certains fassent l’impasse sur l’aspect intellectuel de ces manifestations en dit long sur leur gêne à considérer qu’on puisse se mobiliser au nom des idées, et en particulier au nom de la liberté, la négligence et le caractère partiel de leurs analyses étant allés jusqu’à appeler Alexandre (ou Alexis) du nom d’ »Andréas », ce qui n’est pas le cas.
Quand à la corruption comme facteur d’explication de l’exaspération des jeunes, il est certainement en partie valide, mais attention à la stigmatisation : la corruption est parfois moins visible là où elle est mieux organisée, et les spécialistes des rapports économiques pourraient sans doute en dire long sur tel ou tel pays. Qu’on essaye simplement de se souvenir si l’Etat français n’a jamais offert quelques gras cadeaux à tel ou tel, sans que l’intérêt public n’apparaisse dans son évidence. Quand à l’organisation du capitalisme excessif contemporain, il peut aussi faire l’objet d’une mise en cause pour corruption : nombreux sont ceux qui nous alertent sur l’asymétrie des rapports Nord-Sud, l’exploitation et la stimulation des désordres politiques dans tel ou tel pays servant aux pays riches à contrôler la circulation des matières premières, selon de nombreux analystes.
Anarchisme et liberté en Grèce
En grec, « Libre » est un prénom, au masculin et au féminin : « Leftéris » et « Elefthéria ». On note aussi en Grèce la présence de rues portant le nom de « rue des hommes libres ». La devise de la Grèce est "La liberté ou la mort". On en déduira aisément que la liberté, au niveau individuel, est un concept avec lequel, en Grèce, on ne plaisante pas.
D’où la présence de l’anarchisme en Grèce, dans un ton bien différent de l’idée qu’on s’en fait en France. Si, en France, l’anarchiste est soupsonné d’être un terroriste ennemi du bien commun, l’anarchisme en Grèce révèle davantage la présence de la liberté : loin d’être, trop simplement, une opposition à la démocratie, il semble qu’il en soit au contraire une sorte de forme parallèle, de réservoir primitif à partir duquel des hommes libres, conscients, capables de critique et d’autonomie d’esprit, choisissent d’adhérer de leur pleine volonté au pacte démocratique. En d’autres termes, c’est la possibilité de critiquer radicalement la démocratie qui fonde celle-ci sur la liberté humaine. L’anarchiste, qui dessine au mur son sigle ou manifeste dans les rues de ce pays, rappelle que le pacte démocratique doit être librement consenti pour exister. Dominant le chaos de la société humaine, l’homme démocrate fonde sa confiance sur l’action collective et ses représentants. Mais si le système n’est pas parfait – corruption, blocage des postes politiques par des familles installées, inefficacité, cynisme etc. – le citoyen est en droit et en devoir de pouvoir refuser le faux contrat que l’Etat lui propose. L’anarchisme, considéré comme possibilité de choisir et de critiquer, est donc la condition de la liberté démocratique dans laquelle nul ne saurait être enrôlé de force. Le vote, en Grèce, est certes obligatoire, mais la possibilité de contradiction existe culturellement.
C’est ainsi que les rapports avec la police sont toujours symboles d’une certaine insolence sociale, qui ne parait pas trop simplement opposée aux forces de l’ordre, à la sécurité et au respect d’autrui, mais plutôt méfiance ontologique à l’égard du pouvoir, et en particulier du pouvoir coercitif. En ce sens, provoquer sans gravité la police semble faire partie des libertés, comme rappeler à l’Etat qu’il fonde, par la démocratie, un rassemblement de personnes libres, libres d’accepter ou de refuser.
Loin d’être indifférence ou refus de la société, cet état d’esprit critique manifeste, dans ce cas, un devoir citoyen d’opposition et de jugement du pouvoir, qui n’est jamais sacralisé autrement que par l’adhésion libre qu’il suscite, et dont la possibilité de le refuser est donc une sorte de preuve par le contraire : la liberté par le choix.
Effets pervers de l’individualisme critique
A contrario, il n’est pas impossible que l’individualisme contenu dans cette vision des choses –le citoyen étant appelé à adhérer ou non, en tant que personne libre, au pacte démocratique-, ait des conséquences parfois néfastes sur l’éthique démocratique, dans un de ces mécanismes sociaux appelés « effets pervers » par le sociologue Raymond Boudon : effets sans rapport avec la cause qui les engendre. En effet, une société d’hommes libres, dont la tradition est précisément la liberté, est peut-être plus fragile que d’autres par l’individualisme de ses acteurs : en un sens, son individualisme est liberté, en un sens, elle est liberté aussi pour l’égoïsme de quelques uns, toujours prêts à détourner le bien commun à leur avantage, d’où corruption et blocage des places politiques. On se souvient que le dieu Pan était mi bouc mi homme, à mi chemin de l’homme et de l’animal.
Nature et anarchisme comme sources de la démocratie grecque
En effet, la notion de nature intervient à ce stade de la réflexion. Dans la mythologie, Zeus est élevé en Crète par la nymphe-chèvre Amalthée et la nymphe Mélissa l’abeille. Certainement, la philosophie grecque n’oublie pas la nature dans sa réflexion sur l’humain : la nature au contraire est pensée comme aucune autre civilisation ne semble l’avoir fait, sur le mode réflexif, du miroir, et de l’analyse intellectuelle. C’est ainsi que je fus amenée à analyser la présence, en Grèce, de nombreux chats sauvages, et de nombreux chiens sauvages, tolérés par les populations et ne semblant pas engendrer de problèmes particuliers. Ces animaux, qui vont et viennent selon leur bon gré, dans les îles, les villes et les ports, me firent penser que la société grecque se reflète dans la nature : la nature est l’autre source de la société humaine ; l’humain se reflète dans la nature, et la libertocratie est encore ce qu’on aime le plus.
C’est ainsi que la démocratie grecque me paraît sourcée dans l’anarchisme et la nature, qui, autant que des contrepoints à la démocratie, sont des réservoirs d’où elle émerge dans toute sa plénitude.
Dans ce contexte philosophique général, l’assassinat d’un jeune homme par la police vient ébranler le système : c’est une provocation insupportable pour une société qui se veut libre. Et, dans des conditions socio-économico-politiques insatisfaisantes qui ne laissent pas le génie grec s’exprimer au cœur du pouvoir, c’est un explosif culturel.
On peut penser aussi aux réflexions sur le blocage contemporain de la société grecque critiqué par l’écrivain greco-français Vassilis Alexakis dans son livre « Après JC », dans lequel il cherche la continuité entre la Grèce classique et la Grèce contemporaine, et dénonce des aspects obscurantistes empêchant la Grèce d’être elle-même. « J’ai peur de ce qui arrive me concernant, sans moi », dit aussi le chanteur Vassilis Papakonstantinou dans une de ses chansons : « Fovamai ia avta pou inoun ia mena, horis emena » : une idée qui traduit exactement cette notion de liberté individuelle, fondement du pacte social. Chacun ne peut contrôler tout ce qui se passe le concernant ; la démocratie présente l’avantage du système de la représentation par les élus du peuple, mais chacun peut se rappeler à tout moment de sa liberté fondamentale. C’est la leçon rappelée par les manifestants contre l’assassinat du jeune Alexandre Grigoropoulos, qui manifestaient aussi, -je l’ai vu sur des pancartes le jour de la grève générale – contre la ploutocratie (ploutokratia) : le pouvoir des riches.
Et les jeunes grecs, que disent-ils encore ? J’ai trouvé, sur Internet, une vidéo assortie d’un poème que je n’ai pu traduire entièrement, mais où je vois le lyrisme habituel de la terre hellénique, qui doit se mêler aux causes socio-économiques. Même par bribes, il montre l’ambiance grecque sur ce thème : « Pour les yeux d’un enfant qui cherche la terre », écrit-il, « je détruis les cieux, je libère les mères et les fils ; j’atteins votre citadelle, je crache sur votre astre…. ».
Que disent-ils encore ?... Ils disent tout simplement : « Réform the greek police » :
http://www.youtube.com/watch?v=BnUXmkcwfZ0
Merci aux Grecs, comme toujours, de nous rappeler aux questions fondamentales. Merci à la Grèce. Je forme le vœu que cet évènement permette à la société grecque de faire un grand progrès, au-delà des destructions, vers une liberté plus grande encore : c'est-à-dire, réalisée dans les institutions, plus démocratiques ; avec la prise en compte des questions économiques, mais aussi de la culture et de la justice entendue dans un sens plus général.
Si ces évènements pouvaient contribuer à rappeler aux polices du monde entier leur devoir prioritaire de prudence et de douceur, et aux Etats du monde entier leur devoir de bienveillance, cela n'aurait pas été inutile.
*
Claire Delhomme 2008- Texte et idées reproductibles uniquement avec l’accord express de l’auteure.
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11.12.2008
Rouge et pourtant pur
SUR LA GRECE N°2
(j'écrirai des développements sur tous ces thèmes ultérieurement)
Cette chanson est très connue en Grèce. Encore le très expressif Vassilis Papakonstantinou, célèbre en Grèce, représentatif du lyrisme grec. La chanson s'appelle "S"akoloutho" : je te suis.
S’akoloutho Je te suis
Sti tsepi sou glistrao Dans ta poche je glisse
San difragaki Comme une petite pièce
Toso da mikro Si petite
Je te suis S’akoloutho
Et je sais que je rentre bien Kai ksero pos horao
Dans le petit trou que tu as au cou Mes’to lakaki pou ‘heis sto laimo
Viens, attrape-moi Ela kratise me
Et promène-moi Kai perpatise me
Dans ton fond magique Mes’to mayico sou to viso
Pare me masi sou Prends-moi avec toi
Sto vathi fili sou Dans ton baiser profond
Mi m’afinis mono Ne me laisse pas seul
Tha hatho Je me perdrais.
Je te suis S’akoloutho
Et je sais que je rentre bien Kai ksero pos horao
Dans le petit trou que tu as au cou Mes’to lakaki pou ‘heis sto laimo
S’akoloutho Je te suis
Kai pano sou kolao Et sur toi je me colle
San fanelaki kalokairino Comme un petit maillot d’été
S’akoloutho Je te suis
S’agiso kai horao {Je t’attrape} et je rentre bien
Klino ta matia Je ferme les yeux
Kai s’akoloutho Et je te suis
Viens, attrape-moi Ela kratise me
Et promène-moi Kai perpatise me
Dans ton fond magique Mes’to mayico sou to viso
Pare me masi sou Prends moi avec toi
Sto vathi fili sou Dans ton baiser profond
Mi m’afinis mono Ne me laisse pas seul
Tha hatho Je me perdrais.
Une vidéo avec la chanson :
http://www.youtube.com/watch?v=79tNghwOhls&feature=re...
23:49 Publié dans Sur la Grèce Sto thema tis Elladas | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.12.2008
Ellada kai eleftheria (Grèce et liberté)
PROTI MAIOU
Chanson De Vassilis Papakonstantinou
(sortie vers 1984-1988)
Proti maiou
Premier mai
Kai ap’ti Bastilli
Et de la Bastille
Ksekinan i kardies ton fititon
Se mettent à bouger les cœurs des étudiants.
Hilies simaies
Mille drapeaux
Kokines mavres
Rouges noirs
O fédérico i catherin kai i simone
Fedérico, Catherine et Simone
Treho stous dromous, psahno sto plithos
Je cours dans les rues, je cherche dans la foule
Pou inai to koritsi to koritisi pou agapo
Où est la fille, la fille que j’aime ?
Pes mou Maria
Dis-moi Maria
Mipos thimasai
Peut-être te souviens-tu
Ekino to vradi pou se pira aggalia
Ce soir-là où je t’ai prise dans mes bras
Proti Maiou
Premier Mai
Opos kai tora
Comme maintenant
Kai ego filousa ta makria sou ta malia
Et j’ai embrassé tes cheveux longs
Mesa stous dromous, mesa sto plithos
Dans les rues, dans la foule;
Treho stous dromous, psahno sto plithos
Je cours dans les rues, je cherche dans la foule
Pou inai to koritsi to koritsi pou agapo
Où est la fille, la fille que j’aime…
Ah…..
Proti maiou
Premier Mai
Mavra ta ksera
(….)
Klisé to tsami
Ferme la [fenêtre}
Mi kriosi to paidi.
Pour que l’enfant ne prenne pas froid.
(Photo cd Athènes 2008)
Concert de Vassilis Papakonstantinou :
http://www.youtube.com/watch?v=8m-TrejWWW8
Une autre vidéo de Vassilis Papakonstantinou :
http://www.youtube.com/watch?v=nbOuHw9lZrU
Πρώτη Μαϊου
Πρώτη Μαΐου κι απ' τη Βαστίλη
ξεκινάνε οι καρδιές των φοιτητών
χίλιες σημαίες κόκκινες μαύρες
Ο Φρεδερίκο η Κατρίν και η Σιμόν
Μέσα στους δρόμους μέσα στο πλήθος
τρέχω στους δρόμους ψάχνω στο πλήθος
πού ειν' το κορίτσι το κορίτσι που αγαπώ
Πες μου Μαρία μήπως θυμάσαι
κείνο το βράδυ που σε πήρα αγκαλιά
Πρώτη Μαΐου, όπως και τώρα
κι εγώ φιλούσα τα μακριά σου τα μαλλιά
Μέσα στους δρόμους μέσα στο πλήθος
τρέχω στους δρόμους ψάχνω στο πλήθος
πού ειν' το κορίτσι το κορίτσι που αγαπώ
Πρώτη Μαΐου μαύρα τα ξένα
κλείσε το τζάμι μην κρυώσει το παιδί
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